Musique
Tamino en concert à Paris, au Trianon : une touche d’Orient en Occident

Tamino en concert à Paris, au Trianon : une touche d’Orient en Occident

23 novembre 2022 | PAR Melissa Chemam

Il a déjà été comparé à Jeff Buckley, et a séduit le guitariste de Radiohead, Colin Greenwood, qui a collaboré sur son premier album, sorti en 2018, et sur certaines dates de sa première tournée. Tamino vient de sortir son deuxième album, Sahar, et est en tournée en Europe.

Né en 1996, Tamino-Amir Moharam Fouad – dit Tamino – a vécu avec son père égyptien et sa mère belge jusqu’à leur séparation, lorsqu’il avait trois ans. Il a ensuite grandi en Belgique flamande, avec sa mère. Du côté paternel, il est issu d’une famille de musiciens. Il est le petit-fils du célèbre chanteur égyptien et star de cinéma Muharram Fouad, surnommé ‘Le Son du Nil’.

Son prénom, Tamino, lui vient de La Flûte enchantée de Mozart. Il a donné son titre à son premier EP. Et son deuxième prénom, Amir, ‘prince’ en arabe, est quant à lui le titre de son premier album. Il y chante en anglais, employant parfois des mots en arabe, comme sur son titre qui l’a fait découvrir, « Habibi ».

Tamino est passé par Paris lundi 21 et mardi 22 novembre soir, et a fait salle comble, avec un public peu avare en applaudissements ! Une soirée magique…

Émotions et lyrisme

Dès son arrivée sur scène, seul, vêtu de noir, dans une quasi obscurité, l’émotion était palpable. Tamino reste seul en scène pour les deux premières chansons. Accompagné de son oud puis d’une de ses guitares acoustiques, il interprète « A Drop of Blood » puis « The Longing », deux titres phares de ce nouvel album, évoquant d’emblée les tonalités orientales déjà cultivées sur son premier album. Sobres, mélancoliques et poétiques.

Le premier titre semble évoquer la situation au Proche-Orient, tout en pouvant s’appliquer à toute terre marquée par la guerre et les tensions politiques. Il chante en effet : « And in a grain of sand, saw peace in holy land / And saw you right in front of me / Shapeless, sacred dust, beaming light and trust / Covering all harm in shade / Then in a drop of blood / Saw wars be fought for good / And saw you make way for man’s truth. »

Le second titre parle d’amour profond, perdu, gâché, comme nombre des morceaux de ce disque, qui semble avoir forcé le jeune artiste à l’introspection.

Quand entrent un guitariste, un claviériste et le batteur, à nouveau presque dans le noir, Tamino entonne un titre plus dansant, plus joyeux aussi, mais tout aussi arabisant, « The Flame », également issu de ce deuxième opus, puis poursuit avec « Fascination », le deuxième single, une des indéniables réussites, extrait de ce second album.

Suit alors un moment plus intime, avec le titre « Sunflower ». La chanson a été écrite en duo avec la chanteuse belge Angèle. Ici, Tamino chante seul : « Oh baby, don’t you notice me ? / Notice me, so ready to lose everything / Everything for your love », suivi par une large partie de l’audience.

Hommages aux amours entre ombre et lumière

Tamino reprend alors sa guitare électrique pour enchaîner sur une des chansons emblématiques de son premier album, Amir : le titre « Persephone ». Il est inspiré du mythe grec du dieu Hadès et de sa femme Perséphone, devenue déesse des enfers, condamnée à passer six mois de l’année sous terre, avant de revenir au jour et de ramener le printemps… Un thème courant des chansons d’amour du jeune homme, marquées par une part d’ombre et une autre de lumière.

Tamino se met ensuite au piano, pour interpréter seul « You Don’t Own Me », dans une obscurité d’abord presque complète, puis rompue à intervalles réguliers par des spots lumineux blancs.

À ce stade, le public est tellement ravi que les applaudissements l’obligent à prendre une pause. « Merci », répond timidement le taiseux Tamino. Ajoutant encore quelques mots en français : « Vous êtes trop… chauds ! », ajoute-t-il. « Excuse me for my French. »

À nouveau seul à la guitare acoustique, il poursuit avec « My Dearest Friend and Enemy », le titre qui clôt son nouvel album, puis « Tummy », l’une des chansons phares de Amir, suivie par « Indigo Night », sur une scène qui est soudain inondée de lumière violette.

L’Orient en Occident

Le groupe revient. Tamino reprend son oud, pour interpréter « The First Disciple », l’un de ses deux nouveaux singles, et en profite pour introduire les membres du groupe : « les mecs », comme il les appelle.

S’ensuivent des tonnerres d’applaudissements pendant cinq minutes, avant que Tamino n’offre à ce public de fans, seul en scène, son titre emblématique, »Habibi », avant de quitter la scène.

La furie du public ne lui laisse que peu de temps avant de revenir pour le rappel. On entend même des youyous !

Seul au piano, Tamino chante ensuite un de ces premiers morceaux, « Cigar », au son d’applaudissements continus.

Il salut son public : « Merci. C’était le plus beau des retours. En mars, on sera au Zénith. C’est incroyable. Maybe see you there. »

Puis, avec ses musiciens, ils jouent une dernière chanson, « Only Our Love », extraite de Sahar, dans un moment qui ferait presque penser à Leonard Cohen. « I got my sin and you got your sorrow », entonne-t-il. « Only our love makes me stray », ajoute-t-il, avant de clore la soirée avec ces paroles : « I got nothing on my mind but love ».

Tamino apparaît comme le fruit d’une rencontre entre différentes influences non contraires mais fécondes, mais surtout l’auteur d’une musique divine. Sa voix, si souvent louée, est restée impeccable du début à la fin de la soirée. Un cadeau des dieux.

Visuel : © Melissa Chemam

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Melissa Chemam

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