Musique

Sziget, point d’étape #4 : en route pour la joie

11 août 2011 | PAR Mikaël Faujour

Voici donc le journaleux empoussiéré et suintant assis à quelque table sans passé, afin de tenter de raconter quelque chose. Il pourrait vous dire combien La Roux est en fait un duo bien ennuyeux et peu inspiré, qui n’a atteint son meilleur qu’avec « In for the Kill » et « Bulletproof », ce que déjà prouvait l’album paru en 2009. Et ajouter que La Roux en a suffisamment conscience pour garder le meilleur pour la fin du set, histoire de se garantir que la foule restera jusqu’au bout. Après tout, le meilleur pour la fin, c’est le passeport pour l’oubli : on passe l’éponge pour le reste.

Tiens, ben tant que je vous cause d’oubli, poursuivons – ou dérivons, à vous de voir. Voyez-vous, je suis passé deux, trois fois ces jours-ci dans un espace dit « Village hongrois ». Alors voilà, y’a là un de ces panneaux où vous placez votre visage dans un trou, complétant un personnage dont le corps est dessiné – vous me suivez ? En l’espèce, vous avez ici trois trous où introduire votre face goguenarde pour une photo qui occasionnera de chouettes commentaires fasbouque, auxquels vous répondrez tandis que le patron vous flique pas. Trois trous, donc, pour entrer dans l’Histoire par la porte du rire, en participant à une queue-leu-leu où se suivent – achronologiquement – un soldat, Trotski, Engels, Marx, Lénine, Staline, un ouvrier, etc. Ou comment le pire finit par basculer dans le ridicule et un grand rire disant la vanité et le dérisoire de l’humain… et toute l’horreur se ravale à un motif de plaisanterie. C’est assez kundérien tout ça.

Bref, je brode, je divague. Je suis journaleux : c’est mon job, non?

Alors, qu’ajouter encore ? Une incursion dans le sud de l’île aujourd’hui a laissé deviner de nouvelles perspectives d’amusement, de relaxation ou de rire. De rire notamment dans le spectacle comique de novices s’essayant au body contact. Il faut bien dire qu’un festival – et à plus forte raison celui-ci –, ça fonctionne comme une cour de récréations pour adultes. On remise sa dignité et sa contenance. C’est pas le Club Med non plus, hein. Faut pas déconner. Disons que c’est entre le carnaval (on s’y déguise pas mal, ma foy), la foire populaire (avec force stands) et bien sûr le festival musical. Donc tantôt on s’essaye à des jeux traditionnels du terroir (dont un délicieux truc avec une fronde avec laquelle on tente de viser des cannettes empilées, ou encore une sorte de bouligne local) et tantôt, sous l’effet de deux absinthes et d’un surcroît de bière, on s’adonne à de sauvages danses devant un concert de rockabilly. Oh yeah, donc.

Et l’on s’use pas mal les savates à marcher d’un bout à l’autre de l’île, somme toute assez immense. Alors, il faut bien mentionner Kasabian, tout de même, qui a livré un concert de très bonne tenue, avec une foule qui comme de bien entendu hurle à tue-tête les paroles de bon coeur.

Demain, est à prévoir une visite au stand de grimpette et de tyrolien, le plus difficile restant de journalistiquement escalader une échelle de corde suspendue très au-delà du niveau du sol afin d’atteindre ledit tyrolien. Vertige, donc, etc. Mais ce sont les risques du métier. Voilà tout.

« Asi pasan los días », comme chantait Nat King Cole. « Et en route pour la joie », concluera-t-on, en souvenir de Noir Désir.

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Mikaël Faujour

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