Musique

Reggae : et les chanteuses ?

08 mars 2011 | PAR Jerome Gros

A l’occasion de la Journée de la femme, évoquons quelques noms du reggae féminin. Si ces chanteuses sont grandement appréciées et respectées dans le monde du reggae, peu d’entre elles sont connues du grand public. Et c’est bien dommage, car les talents féminins sont nombreux dans le monde du reggae. Voici une liste non exhaustive des plus grandes chanteuses reggae, de la fin des années 60 à nos jours.

Dawn Penn est une chanteuse jamaïcaine qui a une particularité : elle connut un immense succès avec sa première chanson, produite par Coxsone Dodd en 1967 : « No, No, No (You Don’t Love Me) ». Le succès est tel qu’elle arrête sa carrière et quitte la Jamaïque. Elle y revient au début des années 90 pour l’anniversaire de Studio One et y enregistre un album. Elle participe aussi au film et concert événement Rocksteady : the Roots of Reggae.

Judy Mowatt a fait partie du trio I-Threes, les choristes de Bob Marley. Elle débute sa carrière en 1968 avec le titre « Silent Rivers Run Deep », enregistré avec le trio The Gaylets. C’est un énorme succès en Jamaïque. Elle a déjà un nom quand le groupe I-Threes se forme, après avoir rencontré Marcia Griffiths par l’intermédiaire de Coxsone Dodd. Mais ses plus grands succès sont les deux albums enregistrés en 1980 (Black Woman) et en 1982 (Only a Woman).

Marcia Griffiths, surnommée « la Reine du Reggae », est l’artiste reggae la plus reconnue. Elle commence sa carrière en 1964, puis forme avec Bob Andy, premier chanteur du groupe The Paragons, le duo Bob & Marcia en 1970. 4 ans suffisent pour faire la renommée mondiale du duo, avec notamment l’immense succès de leur reprise de « Young, Black and Gifted », de Nina Simone, vendu à 500 000 exemplaires en Europe. Marcia rencontre Rita Marley et Judy Mowatt en studio et leur propose alors de former les I-Threes en 1974.

Sister Nancy, née en 1962, commence sa carrière en 1980. Dès l’adolescence, elle participe de temps en temps au JahLove Music SoundSystem, dont le leader n’est autre que son frère, connu sous le nom de Brigadier Jerry. Sister Nancy connaît son plus grand succès avec le titre « Bam Bam », qui a traversé les décennies et est toujours fréquemment joué en soundsystem.

Sister Carol aka « Black Cinderella » ou encore « Mother Culture » commence sa carrière au début des années 1980. Ses deux premiers albums, Liberation for Africa en 1983 et Black Cinderalla en 1984, connaissent un grand succès. Elle est l’une des pionnières du deejaying au féminin, ayant travaillé entre autres avec Brigadier Jerry, et s’est battue pour défendre les droits des femmes à travers le monde. Elle a ainsi permis à d’autres artistes, comme Queen Omega ou encore Queen Ifrica, de percer. Toujours en activité, Sister Carol se fait néanmoins discrète ces temps-ci, son dernier album datant de 2003.

Queen Ifrica commence sa carrière en 1995. La musique dans le sang (elle est la fille du chanteur de ska Derrick Morgan), elle rejoint le label de Tony Rebel, Flames, en 1998 et connaît un grand succès dans le monde reggae contemporain. Ses textes sont profonds et abordent des problèmes d’ordre social, comme sa célèbre chanson « Daddy », qui évoque les abus d’un père sur sa fille. Fervente de la cause rastafarienne, elle s’implique énormément dans la vie de la communauté, au travers d’associations diverses comme le « Committee for Community ».

On pourrait étendre la liste sur des dizaines de pages. La scène reggae contemporaine accueille de nombreuses artistes de talent, comme Etana (« Bad Mind », « I Am Not Afraid »), Queen Omega (« Revolution »), Mo’Kalamity (« Reggae Vibration »), Irie Love (« Change »), Tanya Stephens (« These Streets », « It’s a Pity »)… et plein d’autres. En ce moment, c’est la chanteuse belge Selah Sue qui fait le buzz. Elle sera d’ailleurs en concert le 7 avril à la Cigale.

En ce qui concerne le dancehall, on peut tout d’abord citer la regrettée Natasja. Artiste danoise décédée en 2007 dans un accident de voiture à 33 ans, Natasja Saad était pourtant sur une pente ascendante. Ayant commencé très tôt à chanter dans le groupe No Name Requested, à Copenhague, elle avait réussi à se faire un nom sur la scène musicale. Ses deux albums, sortis en 2005 et 2007, ont connu un grand succès, notamment les chansons « Op Med Ho’Det », ou encore « Gi’Mig Danmark Tilbage ». Oscillant entre reggae et dancehall, on peut citer « 45 questions », qui se rapproche plus du style reggae que dancehall. La chanteuse est également la voix de « Calabria 2007 », d’Enur. On peut aussi citer d’autres chanteuses dancehall comme Chevelle Franklin (« Dancehall Queen ») ou encore Lady Saw (dont les textes, très crus, peuvent choquer. Mais elle a aussi écrit sur des thèmes important comme la stérilité notamment, avec la chanson « No Less Than a Woman ») …

 

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Jerome Gros

One thought on “Reggae : et les chanteuses ?”

Commentaire(s)

  • Jerome Gros

    Deux nouvelles vidéos de Judy Mowatt et Marcia Griffiths

    Les deux vidéos précédemment postées étaient « Silent River Runs Deep » de Judy Mowatt et « Young Gifted and Black » de Marcia & Bob

    mars 8, 2011 at 19 h 44 min

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