Pop / Rock

Souvenez vous du Glam Rock…

Souvenez vous du Glam Rock…

07 mars 2014 | PAR Eugenie Belier

Si la question du genre accable aujourd’hui notre société , il semble bon de rappeler que pendant plus d’une décennie, le jeu de l’identité sexuelle et la confusion des genres, furent à l’origine d’un mouvement musical et esthétique fondateur.

Le « genre », rien que la lecture du mot nous oppresse. On nous le rabâche sans arrêt, on le voit partout en société, en cours, dans les médias, dans l’art… « La question du genre ». Question tellement omniprésente qu’elle en donne la nausée : favorite des sujets de thèse de science sociale, cœur des débats politiques déchirants, preuve de progrès pour certains, de déliquescence pour d’autres.
Reflet d’une crise sociale et identitaire certaine.
Après l’identité nationale, l’identité sexuelle ! Mon Dieu que la société souffre…

Aujourd’hui c’est la journée de la femme, ce que cela veut dire on ne sait plus trop. Finalement le fait qu’il n’y ait pas de journée de l’homme en parallèle n’est-il pas encore plus sexiste?

Enfin pour sortir de cette ambiance étouffante et angoissante de cette nouvelle génération perdue, qui tend tant bien que mal à se raccrocher à des méta-repères, des principes, n’importe quoi qu’elle puisse revendiquer, ou sur lequel elle puisse se reposer, enfin. Sortons de cette cage de média où se battent à mains nues des néo-réac extrémistes et des jeunes progressistes butés.

Pour ce faire nous vous proposons de retourner au siècle dernier, quand la question de genre était une question de mode et de goût, une revendication purement esthétique et créative : le mouvement glam rock !

Le glam rock est un mouvement musical né en Angleterre au début des 70’s qui s’étendit outre Atantique jusqu’aux années 80.
Si le nom du mouvement ne vous dit rien, ses leaders en revanche, Marc Bolan, David Bowie ou encore Lou Reed, ont nécessairement bercé vos oreilles et trémoussé vos esprits, ne serait-ce qu’au lycée quand vous jouiez les dandys graves et écorchés.

Le glam rock tient son nom du style qui l’accompagne. Tous les groupes et artistes de ce mouvement ont cette chose en commun : le trouble du genre et de la sexualité. Des hommes plus que virils, puisque ce sont des rock stars (car quoi qu’on en dise cela reste le premier fantasme féminin; messieurs si vous êtes complexés : achetez vous une guitare et cesser de laver vos cheveux, le reste se fera tout seul), qui pourtant se maquillent, se haussent sur des bottes à talons, n’hésitent pas à mouler obscènement leurs parties masculines. Ces hommes sont habillés comme des filles et clament ouvertement, pour certains, leur bisexualité.
A la limite du travestissement ils n’en ressortent pourtant que plus sexy. Et cela quel que soit votre genre, votre sexualité, c’est un fait Marc Bolan, le mythique leader de T Rex est sexy, et sa musique terriblement aphrodisiaque.

Des hommes donc, des rocks stars qui plus est, qui jouent avec les codes et les genres, pour refléter une image trouble et hyper sexuée.

Les filles en sont folles, les mecs, quelle que soit leur sexualité, veulent leur ressembler.

Musicalement le glam rock marque un tournant définitif dans l’histoire du rock car il est à l’origine de nombreux mouvements. Il s’inscrit en rupture avec le psychedelisme et le rock progressif des années soixante, et veut revenir aux sources de la musique rock : des chansons courtes, simples, efficaces et électrisantes, symbolisé par le génialissime Mick Ronson, guitariste de Bowie à l’époque.
Ils iront ainsi de pair avec le hard rock qui se développe en parallèle; plus frénétique et plus violent (alors que le glam se veut groovy et dansant) mais tout aussi troublant, avec notamment comme figure de proue, le déjanté Alice Cooper.

Tant sur le style vestimentaire que musical le glam rock ouvrira les portes de la scène punk, qui voulut détruire d’un seul riff tout l’héritage 60’s du rock mais conservera un héritage direct avec le glam.
Le Glam rock est à l’origine aussi des mouvements New Romantics et Gothique des années 80.
Enfin, son style n’est pas absolument obsolète car le début des années 2000 a placé sur le devant de la scène le groupe The Darkness, se revendiquant clairement du mouvement des 70’s.

Ca y est vous vous souvenez ? Alors soyez heureux car vous venez de redécouvrir de quoi vous aérer gaiement (sans mauvais jeux de mot) l’esprit ! Le glam rock semble bel et bien être la preuve que la confusion des genres peut être une chose légère, prolifique et inspirante.
Alors après le drama sur le film Tomboy, on espère que l’on aura toujours le droit de revendiquer Roxy Music ou d’arborer un T-shirt des Stooges dans les cours de récréation, sans que l’on nous prenne pour de terribles victimes d’un système pervers, manipulateur et auto-destructeur ! …

Concluons simplement en musique (le meilleur étant pour la fin) :

Mapuche de Caryl Ferey, sur les traces des bourreaux de Buenos Aires.
Belinda, un homme comme les autres
Eugenie Belier

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