Séries

Belinda, un homme comme les autres

Belinda, un homme comme les autres

07 mars 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le festival de Luchon vient de célébrer un téléfilm au thème riche et intime. L’héroine en est Alexandre Styker qui  campe une transsexuelle superbe. Pour son rôle dans Bélinda et moi, réalisé par Thierry Binisti, il a reçu le prix du meilleur espoir masculin au Festival des créations télévisuelles de Luchon 2014.  Ici, pas de caricature ni critique. L’homme est bien une femme comme les autres.

Jacqueline vient de vivre un décès, celui de Marie Louise, une amie très proche, tante de Jean qui va venir  la rejoindre pour hériter d’un piano. Jacqueline tient un magasin qui va devenir une pizzeria, le bail comprenant l’appartement dans lequel elle vit, elle se retrouve dans une situation confuse. Quand Jacqueline va chercher Jean à la gare, elle ne le reconnait pas. Il est devenu une femme sublime portant le nom de Belinda.

« il n’y a rien de tel que les emmerdements pour guérir des chagrins »

La relation entre les deux femmes est limpide, la seule différence est celle de l’age. Jacqueline lui dit « le monde change »  et l’amitié est évidente quoi qu’en dise l’aînée, entre le garçon qui enfin assume sa féminité et la jeune vieille dame généreuse. Une grève bien tombée de la SNCF prolonge ce séjour inattendu.

On retrouve le Styker des plateaux, ceux de Chereau ou Genod,  à la sensibilité exacerbée. Il campe un personnage superbe, bouffé par les angoisses, Renaud est elle, parfaite en gardienne des âmes troublées, elle joue les aigries, refuse cette hôte qui vient troubler son deuil tout en lui permettant de le dépasser .

En ne perdant jamais de vue que le film est produit pour la télé et sera diffusé le 15 mars sur France 3, on peut parler de petite révolution,  Parler prostitution, transgenre, identité, mal-être à vivre dans un corps qui n’a pas le bon sexe, opération…Belinda et moi vient, et il est urgent de le faire en ce moment, rappeler que le féminin et le masculin sont  des constructions mentales. Le comédien en est lui même surpris : » faire d’une transsexuelle l’héroïne d’un téléfilm en prime-time sur une chaîne nationale, je n’avais jamais vu ça et je trouve ça audacieux

Thierry Binisti a conservé l’esthétique propre aux téléfilms familiaux de la chaîne, happy end compris, c’est pourquoi Belinda et moi est un acte populaire, accessible par un très grand public. Il ne s’adresse pas aux convaincus. 

Diffusion le 15 mars 2014 à 20H45 sur France 3

Visuel : (c) Claude Médale

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

Une réflexion sur « Belinda, un homme comme les autres »

Commentaire(s)

  • LARROUY Dominique (mme)

    Jai adoré votre interprétation dans ce téléfilm.Vous étiez d’un naturel absolu, désarmant et touchant.Vous avez parfaitement retranscrit toute la féminité de votre personnage sans jamais tomber dans la caricature.Bravo!

    janvier 17, 2016 at 1 h 05 min

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