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Night Bus présente son nouvel album au Bal Blomet : Second Trip

Night Bus présente son nouvel album au Bal Blomet : Second Trip

29 septembre 2021 | PAR Geraldine Elbaz

Après un premier album intitulé Night Bus, qui donnera son nom au trio, le contrebassiste britannique Gary Brunton, accompagné du pianiste serbe Bojan Z et du français Simon Goubert, à la batterie nous présentent Second Trip, un nouvel opus aux sonorités jazz, rock et pop. Le 28 septembre 2021, le trio était mis à l’honneur au Bal Blomet pour une soirée sous le signe de la créativité et de la spontanéité.

Le Bal Blomet, un loft new-yorkais dans Paris

Dans le XVè arrondissement de Paris, le Bal Blomet est un lieu à part. Ancien cabaret antillais et club de jazz du Paris des années folles, il offre un cadre chaleureux et propose une programmation éclectique. Entièrement rénové en 2017, sa décoration vous fait quitter Paris pour New-York : empruntez l’escalier qui vous mène au sous-sol, découvrez des murs recouverts de briques rouges, une mezzanine aux charpentes métalliques noires, des volumes impressionnants et au milieu de tout cela : une scène majestueuse où trône un piano à queue Steinway. Tout au fond de la salle, un bar convivial et animé sert le public qui ira s’installer en trinquant pour écouter le trio. L’ambiance est festive, les musiciens sont prêts. Le concert peut commencer. 

Second Trip, un répertoire éclectique et audacieux

Le trio démarre avec Blackpool Girl, le premier titre de l’album Second Trip (Juste une trace), composé par Gary Brunton en 2000 pour la naissance de sa fille. L’introduction est fluide, les notes jouées au piano se mêlent à la batterie dont les sonorités nous paraissent évanescentes, douces, presque éthérées. Le mélange est savoureux. Puis la contrebasse s’installe, impose une rythmique, embarque le piano et la batterie. C’est chaloupé, ça swingue. Les couleurs sont chaudes et enveloppantes. 

Polka’s Playtime nous plonge dans une ambiance plus joyeuse, ludique. Ca groove, la musique est entrainante. Le piano est bondissant.

Le titre 83 Bis, qui figurait sur l’album précédent, nous rappelle le lieu de rencontre de Bojan et Gary, à la fin des années 80, au CIM dans le XVIIIè arrondissement de Paris. A cette époque les deux amis passent toutes leurs soirées dans les clubs de jazz où se produit Simon Goubert. La naissance du trio sera une évidence et il faudra attendre 2019 pour écouter leur premier album.

Les titres Mingus’ House et Retrouvailles nous enchantent. Les compositions sont riches et enthousiasmantes. On ressent le plaisir des musiciens de jouer ensemble, leur liberté d’explorer de nouvelles choses, d’expérimenter des styles originaux. Les sonorités se mélangent : swing,  groove, valse, jazz, bossa, on retrouve de tout savamment orchestré et le résultat détonne. 

Deux morceaux de l’album sont signés David Bowie et remaniés avec des sonorités jazz : Ashes to Ashes interprété en solo à la contrebasse et Moonage Daydream, qui sera joué en rappel à la fin du concert.

Un jeu technique flamboyant

Chaque membre du trio a joué avec les plus grands. Gary, Bojan et Simon sont imprégnés d’un univers coloré éclatant et inspirant. Les musiciens s’expriment sur scène avec un style qui leur est propre, mis en exergue par des solos saisissants. 

La contrebasse nous offre des moments intimistes, créant une atmosphère de recueillement, comme sur le titre de Bowie, où l’hommage est prégnant. La batterie s’exprime fort, écrase parfois le trio, c’est tonitruant. Enfin, Bojan Z possède une technique de jeu impressionnante, qui nous épate. Ses doigts balayent les touches avec une dextérité hallucinante. Et à le regarder jouer, cela a l’air si simple. On est bluffé.

Visuel : (c) JP

Night Bus au Bal Blomet, le 28 septembre 2021.

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Geraldine Elbaz
Passionnée de théâtre, de musique et de littérature, cinéphile aussi, Géraldine Elbaz est curieuse, enthousiaste et parfois… critique.

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