Pop / Rock

[Live report] Insomnium à la Laiterie

[Live report] Insomnium à la Laiterie

22 avril 2018 | PAR Simon Théodore

Après deux années de promotion de leur septième album Winter’s Gate, les Finlandais de Insomnium achevaient leur périple, le 15 avril, à la Laiterie de Strasbourg. Accompagnés des Suédois de Tribulation, cette soirée métal nordique fut des plus électriques.

Tribulation est chargé d’ouvrir les hostilités dans une salle encore un peu clairsemée. En guise de décor, le backdrop représentant un squelette de chauve-souris blanc sur fond noir instaure une ambiance sombre, où l’esthétique gothique règne. Des bâtons d’encens sont allumés de part et d’autre de la scène et l’odeur se diffusant dans la salle appuie l’ambiance mystique. Finalement, le show démarre avec « Lady Death », issu de dernier album Down Below. Évoluant au début de leur carrière dans un registre black/death, les Suédois produisent aujourd’hui un hard rock aux influences black metal prononcées dont certaines sonorités ne sont pas sans rappeler leurs compatriotes de Ghost. Le son est puissant et la qualité de la sonorisation permet d’apprécier le jeu des musiciens aux visages grimés. Tout de suite, l’impression que le groupe sait se mettre en scène gagne. Chaque musicien sait où et quand se positionner sur les planches. Totalement possédé, le guitariste Jonathan Hultén rend difficile le travail des photographes. Sans cesse en train de virevolter, ses déhanchements et déplacements fous renforcent la puissance scénique du quatuor, appuyée par une voix d’outre-tombe du bassiste chanteur Johannes Andersson. Les quelques soli enivrants démontrent la qualité artistique des musiciens. Au fil des huit titres composant la setlist, le public headbangue et profite de ce voyage durant les quelques passages instrumentaux. Finalement, après un ultime « Strange Gateways Beckon » et des derniers jets de fumée crachant du sol, Tribulation cède sa place devant une foule conquise.

Après ce bel échauffement, c’est au tour des Finlandais d’Insomnium d’apporter la fraîcheur nordique. Il est 20h30, le pit est à présent rempli. Pour cette tournée, le groupe a fait le pari risqué de défendre en intégralité son dernier album Winter’s Gate. Parti pris logique dans la mesure où ce disque réussi est une seule et unique chanson découpée en plusieurs pistes. Pendant près de quarante minutes le groupe a donc proposé une expérience aux portes de l’hiver. La puissance du disque est fidèlement retranscrite. Dès les premiers riffs typés death metal, les pogos agitent la fosse. Interprétant un métal aussi riche que raffiné, les parties en voix claires enrichissent la musique et apportent une dimension émotionnelle supplémentaire. Après une vingtaine de minute de prestation, la lourdeur des riffs s’abat sur la Laiterie et l’atmosphère « doomesque » plane sur une salle éclairée par des jeux de lumières bleutés. En fin de première partie de concert, l’option choisie par Insomnium dévoile néanmoins ses inconvénients. Une certaine linéarité s’est installée et le changement de rythme devient nécessaire… Heureusement, la seconde moitié de la prestation vient réveiller les esprits et apparaît comme un véritable best of. « The Primeval Dark », « Mortal Share » ou encore « Weather The Storm » apparaissent comme autant de titres permettant aux fans de se défouler, d’engager des circle pits ou de faire s’envoler quelques slameurs. Les lumières sont alors agressives, font fuir les épileptiques et apportent une nouvelle dynamique au spectacle. Finalement, les ultimes blasts de « Only One Who Waits » achèveront une belle prestation de près d’une heure et demie ! Choix osé, choix assumé, Insomnium aura donné l’impression d’avoir effectué deux concerts en une seule soirée !

Malgré seulement deux groupes programmés pour ce concert de métal nordique en Alsace, la soirée fut riche grâce à des formations de qualité. Tribulation fut la belle découverte et la prestation d’Insomnium, malgré quelques longueurs en milieu de set, aura permis de voyager à travers l’univers musical de cette formation finlandaise.

Visuels : Affiche du concert / (c) Simon Théodore

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