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[Chronique] « Head in the Dirt », nouvel album d’Hanni El Khatib

[Chronique] « Head in the Dirt », nouvel album d’Hanni El Khatib

30 avril 2013 | PAR JD

 

imageA mi-chemin entre le son garage des Sonics, du Jack White version White Stripes ou encore des Black Keys en plus sale, Hanni el Khatib avait livré en 2011 un premier album explosif ‘Will the Guns Come Out’. Il revient avec un second opus enregistré à Nashville (et produit par le Black Keys Dan Auerbach) ‘Head in the Dirt’, sorti lundi 29 avril, toujours aussi efficace quoiqu’un chouilla plus propret. 

Hanni El Khatib, d’origine palestinienne a grandi à San Fransisco où le bonhomme s’est très vite épris de skate et fut designer dans le milieu. Avec lui, les riffs sont incisifs et le son gras des grattes inspiré de la grande époque du rock « ampli à lampe » des 60’s. Son premier album avait laissé entrevoir le potentiel du garçon avec notamment les reprises d’Elvis Presley ‘Heartbreak Hotel’ et de Louis Armstrong ‘You rascal you’ de très haute facture. Et il avait  pris toute la dimension du rock garage avec le titre ‘Roach Cock’, paru un an plus tard en face B de l’EP du tube ‘Human Fly’ (reprise réussie des Cramps). Nerveux et sexy à souhait, ‘Roach Cock’ est un morceau comme l’histoire du rock sait en retenir de temps à autre, un ‘Jack the Ripper en un peu moins crados et plus contemporain.

C’est tout naturellement que nous attendions avec intérêt la nouvelle livraison du rockeur Californien qui s’avère être dans la lignée du précédent album. Le premier titre de l’opus ‘Head in the Dirt’ est une jolie envolée rock qui mixe différentes sonorités, des guitares saturées aux couinements toujours aussi efficaces du clavier Hammond qui anoblit l’ensemble. Des titres comme ‘Family’ ou ‘Sinking in the Sand’ sortent l’artillerie lourde et feront à coup sûr taper des pieds sur un parquet.

Ne se contentant pas de titres rock en mode bazooka, le bonhomme livre également quelques morceaux plus pop et posés tels que l’agréable ‘Skinny little girl’ ou encore ‘Penny’ qui, n’en doutons pas, trouvera son public. Hanni El Khatib s’engouffre même dans une voie à risque, celle d’un mélange de reggae et de garage avec ‘Nobody Move’ dont il ne s’extirpe finalement pas si mal. Un titre comme ‘Save’ s’installe quand à lui dans la tradition du rock Us des 60’s, on imagine assez bien ce titre sur la Bo d’un film de Tarantino. L’Amérique sexy des grands espaces, quoi.

Le garçon révèle à n’en pas douter un talent brut, surfant entre les styles tout en gardant comme fil conducteur un son sorti tout droit des saturations crades d’un groupe comme The Sonics. De même, il est impossible de ne pas penser à celui des Black Keys en écoutant les morceaux de Hanni el Khatib. Pas étonnant quand on sait que Dan Auerbach a produit l’album – enregistré en 11 jours dans un studio de Nashville – et qu’il joue sur tous les morceaux.

Dommage toutefois qu’Hanni El Khatib n’aille pas un peu plus loin. La production du récent album parait en effet un peu plus propre que pour le précédent. Dommage également que certains titres de l’album semblent avoir été calibrés pour les radios FM ou les différentes campagnes de pub de telle ou telle marque de bagnole. On aurait aimé que le lascar ose aller plus loin, fasse moins lisse et plus crade, un peu dans l’esprit de ‘Roach cock’, revenons y à nouveau, la fameuse face B de la reprise des Cramps… Vous suivez ?

Bref, s’il est vrai qu’Hanni El Khatib  semble avoir fait un poil plus propre avec Head in the dirt, ce dernier n’en demeure pas moins un très bon album à riffs accrocheurs qui ravira les amateurs de grands espaces américains et de rock à sueur. Déjà pas si mal.

Visuel : (c) pochette de Head in the Dirt de Hanni El Khatib

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JD

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