Pop / Rock

« Blue eyed hexe » des Pixies: mortel

« Blue eyed hexe » des Pixies: mortel

08 janvier 2014 | PAR Geoffrey Nabavian

A priori, la question que l’on se pose à la sortie d’un nouveau titre des Pixies, groupe de rock qui a enchanté la première moitié de la décennie 90, est : est-ce que ça vaut toujours le coup ? Une reformation, des tournées, quelques grandes salles, des caprices… L’écoute de « Blue Eyed Hexe », accompagnée de la vision de son clip, amène une réponse fracassante.

Trompe le mondeElle est là. Aucun doute possible. Cette force brute qui a fait de la formation rock emmenée par Black Francis le corpulent, un des groupes magiques des années 90. Point de tube vite fait et bas de gamme : les guitares raclent toujours bien profondément, et l’ami Francis continue à beugler pour notre bonheur. Surtout, on n’apprivoise pas facilement une chanson comme celle-ci. C’est qu’elles étaient sauvages, nos années 90. Combien de fois faut-il écouter Surfer Rosa, Doolittle, Bossanova ou Trompe le Monde –quels titres déjà !- pour les avoir parfaitement dans la tête et dans la peau ? Du rock de rebelle ? Du succès facile ? De la musique difficile, oui. Ici le son reste marqué par les « nineties », mais pas figé. On se dit que le groupe est en recherche, qu’il a encore de la réserve. N’a-t-il pas fait le pari de jouer Doolittle en intégralité sur la scène du Zénith de Paris en 2009 ? Concert pour connaisseurs, mes chers. Ce n’est pas tout de connaître « Where is my mind ? » Et puis, quel clip. Que de délicieux stroboscopes, que de visions morbides à la Salvador Dali –tiens, comme dans « Debaser », quelle cohérence !- que de forme, que de pêche ! Nos rockers ne sont pas fatigués, ils travaillent juste.

Alors oui pour le Théâtre Romain de Fourvière le 2 juillet prochain, en espérant que l’ambiance soit bien mystique, avec un peu de folie. Oui pour le Château de Beauregard à Hérouville Saint-Clair –ils ne s’embêtent pas, nos bonshommes ! Même si les filles se succèdent un peu à la basse –Kim Deal, l’éternelle ennemie, n’est plus là- même si des incidents de tournée sont peut-être à craindre, on dit oui, on a envie de crier « Vive le rock des années 90 ! » mais avant toute chose, on se calme et on retourne écouter les albums des Pixies. Pas pour se sentir rebelle ou révolté, mais pour les connaître et les apprécier vraiment.

Visuel: (c) pochette de Trompe le Monde

Vidéos: Debaser, des Pixies

Clip de Blue Eyed Hexe

Dècès de Marina Ginestà, icône de la guerre d’espagne
Les Incontournables UGC à 3euros ? C’est parti jusqu’au 14 janvier
Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *