Musique

Michel Legrand, le génial compositeur et pianiste, est mort

Michel Legrand, le génial compositeur et pianiste, est mort

26 janvier 2019 | PAR Alexis Duval

Auteur des plus grands succès de Jacques Demy et près de 150 bandes originales internationales, comme L’Affaire Thomas Crown ou Yentl, le pianiste et jazzman s’est éteint à l’âge de 86 ans.

“Chantons le jour / dansons la nuit / Chantons les beautés de la vie, Dansez la joie / Chantez la pluie ou le beau temps, Exaltez-nous / Inspirez-nous / Enchantez-nous, étonnez-nous.” Ces paroles,  qu’il a écrites pour les inénarrables Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy, pourraient avoir été un mantra pour le compositeur Michel Legrand, mort dans la nuit du 25 au 26 janvier.

Touche-à-tout de génie né en 1932 à Paris d’un père compositeur et d’une mère issue d’une famille de musiciens, Michel Legrand était placé sous une bonne étoile. Il s’est fait connaître en écrivant des arrangements au piano, pour Henri Salvador ou Zizi Jeanmaire… Avant que Maurice Chevalier ne l’engage comme directeur musical. Michel Legrand a contribué aux riches heures du jazz, notamment dans les années 1950 et 1960. « La Chanson de Maxence », « La Valse des Lilas », « Quand on s’aime » (en duo avec Nana Mouskouri) sont des standards repris maintes et maintes fois.

La rencontre avec le cinéaste Jacques Demy est déterminante l’un pour l’autre, de son premier long-métrage, Lola (1961), jusqu’à son dernier, Trois places pour le 26 (1988). Leur complicité était légendaire – à tel point que Michel Legrand était surnommé “la moitié de Demy”. Les Parapluies de Cherbourg, Les Demoiselles de Rochefort, Peau d’âne… Chacun des airs de ces films culte est le fruit d’une collaboration très étroite entre les deux. Chaque note, chaque mot a été pensé, écrit, et ajusté au fil des scènes. Ensemble, ils ont créé un style unique dont l’évidente beauté a marqué à jamais l’histoire du cinéma.

Cinq Grammy Awards et trois Oscars

Fort des succès critiques et publics avec Jacques Demy (Palme d’or pour Les Parapluies de Cherbourg, en 1964, nomination aux Oscars de la meilleure musique de film pour Les Demoiselles de Rochefort), Michel Legrand s’installe à Los Angeles. Où il se lie notamment d’amitié avec Quincy Jones ou Henry Mancini. Débute alors une carrière internationale. Elle lui vaudra 27 nominations aux Grammy Awards (il en remporte cinq) et trois Oscars. On doit au compositeur la bande originale irrésistible de L’Affaire Thomas Crown de Norman Jewison (1968). Mais aussi Un été 42 (1971) de Robert Mulligan, Jamais plus jamais (1983) d’Irvin Keshner, Yentl (1983) de et avec Barbra Streisand… La liste est longue de ses collaborations cinématographiques en la matière.

Il laisse derrière lui une œuvre-somme, polymorphe (il s’est essayé à de nombreux genres, dont l’opéra-bouffe) et ultrasensible. Parmi ceux qu’il a influencé, Damien Chazelle et le compositeur Justin Hurwitz – La La Land est un hommage assumé aux comédies musicales de Jacques Demy. Jusqu’au bout, il a composé sans relâche. Sa dernière bande originale, c’était en 2017, pour Les Gardiennes de Xavier Beauvois. Pour l’occasion, il s’est laissé à des variations de précédentes compositions, ce qui rend la musique si familière. La mort de Michel Legrand signe la disparition d’un grand parmi les grands.

Crédit photo : site officiel de Michel Legrand

 

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