Musique

Live Report : Thomas Fersen à l’Olympia

Live Report : Thomas Fersen à l’Olympia

08 mars 2012 | PAR Magali Chiappone-Lucchesi

Thomas Fersen a séduit l’Olympia en ce premier lundi de mars. Concert-giboulée de plaisir (pour les cinq sens), le chanteur surprend toujours avec son univers bien à lui, cas à part, on s’en réjouit, loin des chansons surfaites ou toutes faites d’une nouvelle chanson-française-à-textes, on se régale et on jubile, petit tour en chansons.

On n’oubliera sûrement pas de dire quelques mots sur la première partie nommée Nicolas Jules, un séduisant bonhomme aux allures de Gavroche élégant, sachant se jouer du public et jouer avec lui pour l’entraîner en quelques chansons dans un univers inimitable, avec une voix charmante et une valise de mots-poèmes forts sympathiques.

Noir. Caché sous un parapluie, le conteur-chanteur Thomas Fersen, chauve souris à ses heures perdues, vient nous raconter des histoires. On est tout ouïe. Et c’est parti. Sur scène, un long piano à queue à l’allure d’un corbillard – à musique ? -, une tête de cerf en fond de scène (pas une vraie, non, la figuration d’une tête de cerf façon fer forgé gris…), ses musiciens, guitariste, batteur, accordéoniste et violoniste l’entourent, tous les quatre, géniaux complices durant tout le concert, généreux et souriants.

Thomas Fersen, conteur-dandy, mêle les chansons de son dernier album, Je suis au Paradis, air de famille fantomatique où se mêlent vampire et sorcière de tous poils, et bien sûr, les fidèles pour ses fidèles, les Pégase, Diane de Poitiers, Croque, Monsieur… qui résonnent dans l’Olympia en écho bienveillant… On se délecte de sa prose érotico-poétique pincée d’humour noir : ça mélange éros et thanatos, ça croque la vie à pleines dents et le public se rassasie.

Thomas Fersen a la classe dans son costume noir et son spectacle est bien réglé (un peu trop parfois peut-être ?), ça fait partie du personnage qu’il s’est créé, il a la classe du lunatique, la nonchalance du loup-garou, il peuple notre imaginaire d’un bestiaire populaire et mythique et revisite les contes d’antan, illustration : « Au café, rêvait un lion /Devant sa consommation/Il voit venir une abeille/Vêtue d’un tailleur que raye/Le noir avec le soleil/Une petite merveille/Elle grésille, elle bourdonne/Avec l’accent de Narbonne/Et gentiment elle butine/Un diabolo grenadine » (extrait de l’album 4, chanson : « Les Malheurs du Lion »)

Qui ne rêve pas, dites-moi, qu’on lui conte des histoires à dormir debout avec une voix, une poésie et un humour pareils?

 

Crédit photo noir et blanc : Valérie Mathilde.

Pochette de l’album Je suis au Paradis signé Christophe Blain.

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Magali Chiappone-Lucchesi

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