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[Live Report] Le Zenith salue le retour de Vampire Weekend à Paris

[Live Report] Le Zenith salue le retour de Vampire Weekend à Paris

22 novembre 2013 | PAR Celeste Bronzetti

Vampire-Weekend21.11.2013 Lors de leur dernière date à Paris, on vous l’avait promis : si Vampire Weekend repasse dans la capitale, on n’hésitera pas à le suivre. Et on y était. Après le concert au Casino de Paris en mai dernier, le jeune groupe newyorkais a débarqué hier soir au Zenith, au cœur du Parc de la Villette. La salle est plus grande mais peut-être moins intime que celle du Casino, l’ambiance aussi indé et le public aussi bobo-rive-gauche que la dernière fois. Tout va bien et on est prêt à profiter du show…

Après le groupe allemand Sizzar, une première partie post-punk ou électro ou peut-être tout simplement rock (mais ce rock alternatif très à la mode), n’ayant pas l’air de marquer profondément la sensibilité musicale du public, Vampire Weekend arrive sur scène.

Quatre chapiteaux suspendus sur le fond, un miroir au cadre doré au centre : l’atmosphère est à la fois lumineuse et vaguement mélancolique. D’ailleurs on pourrait décrire de la même façon le ton du dernier album, Modern Vampires of the city, un album un peu plus sombre et décadent que les deux premiers. Un album qui n’est pas sans évoquer les sonorités africaines et « musique du monde » auxquelles le groupe nous a habitués depuis 2006, mais qui nous plonge plus souvent dans une ambiance en noir et blanc, à l’image de la couverture de l’album sorti le 14 Mai dernier.
Les morceaux s’enchainent, « Step », « Finger Back », le public se réchauffe, mais on a quelque part la sensation que le spectacle fatigue à décoller. On s’attend à des transitions sans pause, entre un morceau et l’autre, comme on s’est habitué à l’écoute de l’album, qui est une seule et longue chanson sans interruption. Mais les passages sont beaucoup moins fluides en direct, ce qui fait le charme (ou pas) du live.

Mais voilà qu’une couche vivace et bien colorée se rajoute à la scène quand, à la fin du deuxième morceau, une couverture fleurée se glisse derrière les chapiteaux et le miroir. Le concert prend son envol : les rythmes plus pop-rock des Contra, s’alternent aux dernières résonances nostalgiques, et rappellent aux fans de la première heure les débuts d’un groupe qui, il y a presque dix ans, avait déjà l’air de pouvoir marquer la scène rock-indé avec un style très original.
A la performance artistique impeccable d’Ezra Koening, voix principale du groupe, s’associe l’énergie épatante de Rostam Batmanglij, qui ne cesse pas de se balader entre clavier, guitare et micro. Une vivacité souriante qui met la bonne humeur.

Du coté set-list, difficile de démarquer des titres, parce que la discographie de Vampire Weekend, on l’aime toute entière. A partir des notes, fraiches et joyeuses de leur premier album éponyme, aux mélodies plus contemplatives de leur dernier, en passant pas Contra, l’album peut-être le plus complet et accompli. On retrouve toujours la même énergie, vaguement négligée mais toujours prenante.

Si à la fin du concert une petite pointe de déception nous ennuie, c’est au niveau du spectacle qu’on doit chercher les causes: le groupe, le chanteur en particulier, n’a pas su profiter de l’enthousiasme du public. Au contraire, un fois revenu sur scène lors du rappel, Ezra Koening ne manque pas de censurer, en montrant du doigt la sortie, le brouhaha excessif (son avis ce n’est pas le nôtre) du public. Un coup bas dont on se serait bien volontiers passé. Dommage.
Même si le public reste en grande partie sourd au reproche à l’accent newyorkais, on n’aurait pas voulu que ça se termine comme ça.

Heureusement, en sortant du Zenith, on a l’impression d’entendre encore les notes toutes fraiches de « The kids don’t stand a chance » , écho du jeune groupe à l’époque de la fac. On sourit en pensant à l’inattendue version de « Song 2 » de Blur, dont on nous a fait cadeau au beau milieu du concert. On continue à chantonner :

« As a young girl,

Louis Vuitton,

With your mother

On a sandy lawn ».

Enfin, le côté chaleureux de la performance de Vampire Weekend l’a sans doute emporté !

Visuels: (C) Celeste Bronzetti

Jean Bellorini, directeur du TGP
[Save the Date] Le Salon de l’édition DVD indépendante les 7 et 8 décembre
Celeste Bronzetti

One thought on “[Live Report] Le Zenith salue le retour de Vampire Weekend à Paris”

Commentaire(s)

  • Paul

    « Au contraire, un fois revenu sur scène lors du rappel, Ezra Koening ne manque pas de censurer, en montrant du doigt la sortie, le brouhaha excessif (son avis ce n’est pas le nôtre) du public. Un coup bas dont on se serait bien volontiers passé. Dommage. »

    Pouvez-vous préciser vos propos? J’étais présent au concert et je viens de regarder de nouveau le concert sur liveweb.arte.tv, il ne me semble pas que Ezra fasse un quelconque reproche au public lors du rappel. Au contraire. Peut être faut-il retravailler votre anglais parce que vous avez probablement mal compris ce qu’il a dit. J’attends votre réponse.

    Cordialement,

    Paul.

    novembre 25, 2013 at 13 h 10 min

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