Musique

Live report: la nuit SFR Live Concerts au Grand Palais

09 octobre 2011 | PAR Emma Letellier

Dans la nuit de samedi à dimanche, 8 et 9 octobre, la nef du Grand Palais a accueilli la 3ème édition de la Nuit SFR Live Concerts. Environ huit mille personnes étaient attendues, pour vibrer avec le son d’un line up électro d’exception. Au programme: Nico Gomez – jeune talent SFR, Cascadeur, WhoMadeWho, Crystal Fighters, SBTRKT, Agoria, Cassius et  Modeselektor.

Les arcades monumentales du Grand Palais se sont démultipliées ce soir-là et la foule, grandissante à mesure que l’heure avançait, a pu se perdre dans le dédale des arches lumineuses orchestré par 1024 architecture. L’équipe de scénographes a inventé d’habiter l’immense nef du Grand Palais d’une ambiance de docks. Une trentaine de conteneurs gris assemblés organisait une formidable scène, une signalétique efficace ainsi que deux bars postés de part et d’autre où hot-dogs et bières étaient proposés à des prix très raisonnables. Des palettes de bois clair étaient disposées en estrades à étages de manière à ce que des groupes et des danses s’improvisent entre les comptoirs et la scène. Les divers escaliers de la salle ont rapidement été investis par des grappes de jeunes et la foule a pu très agréablement se répartir sans confusion sur l’immensité du lieu. Tantôt plongés dans un ballet de rayons verts ondoyants, tantôt pris sous le jeu des stroboscopes, les spectateurs ont pu apprécier une ambiance électrique permettant aux artistes d’envelopper leur son d’une atmosphère magnifiquement planante.

Toutefois, l’amplitude du lieu a brouillé l’acoustique et la précision des Crystal Fighters s’est rapidement perdue dans un brouillard dommageable. Seules les compositions exclusivement électro ont pu percer l’écho et faire véritablement vibrer les danseurs fous arrivés en deuxième partie de soirée. Si jusqu’à minuit et demi, la programmation proposait des lives où instruments et enregistrements étaient mêlés, à partir d’une heure les Dj set ont occupé la scène et rassemblé sous leurs ondes le gros des spectateurs. Venus au Grand Palais en after pour consommer en vibrations les effets de leurs diverses potions magiques, jeunes et moins jeunes ont déferlé à l’arrivée de SBTRKT, pour acclamer dans la foulée Agoria, Cassius et Modeselektor jusqu’à 6h00 le dimanche matin.

Si la majesté de la nef a donné tout son éclat à ce grand rendez-vous, la dimension éminemment commerciale de l’événement n’a pas trompé son monde. Divers écrans postés sous la nef proposaient de s’enregistrer insidieusement sur les listes SFR, sous prétexte de gagner mille et un cadeaux idiots. Tous seront, c’est certain, assaillis dès lundi de mails publicitaires à la noix. Spotify, qui vient de conclure un partenariat avec SFR pour rivaliser avec Orange et Deezer, était également présent, notamment dans le très agréable carré VIP installé dans le restaurant le Mini Palais. Douze caméras circulaient en permanence dans la salle afin d’offrir aux internautes une retransmission en direct et en 360° de la soirée. Sur le site, de très rares chateurs ont commenté.

SFR aura donc, dans sa grande magnanimité offert un concert présenté comme L’événement électro de l’année, mais il y avait dans cette démonstration d’envergure quelque chose d’absolument illusoire. A se demander, qui, parmi les invités, était venu pour la musique, tant les petits fours sont partis vite.

Au Musée Maillol, l’art de vivre pompéien défie le temps
Le Best of Lebey, un nouveau guide de poche indispensable pour les touristes comme pour les Parisiens
Emma Letellier

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *