Musique
Live report Days Off : Jacno Future, hommage sobre (30/06/2011)

Live report Days Off : Jacno Future, hommage sobre (30/06/2011)

01 juillet 2011 | PAR Yaël Hirsch

La vieille garde et la « nouvelle » chanson française s’étaient donné rendez-vous hier soir pour un concert unique en hommage Jacno. Sur la scène de la Cité de la musique, sous la houlette de Jean-Charles de Castelbajac ceux qui ont travaillé ou adulé cette grande figure du punk ont réinterprété ses titres-phares. Pour un résultat sobre et parfois même vraiment triste.

Figure punk, Jacno s’est imposé comme un dandy ultra-doué dans les années 1980, avec des titres comme « Le téléphone », « Je t’aime tant » ou encore « Amoureux solitaire ».  Il a également produit Lio, Etienne Daho et Jacques Higelin. En 2009, il a disparu à l’âge de 52 ans d’un cancer…

Portrait de Jacno wharholien au bras, c’est Castelbajac qui a ouvert le concert en hommage à son « frère choisi », par un petit texte sobre et senti. Toujours postés au fond, et très préparés à reprendre fidèlement les compositions de Jacno, les musiciens ont été absolument parfaits, tandis que  sur le devant de la scène de très grands noms de la scène française contemporaine se sont succédés pour interpréter les titres phares de Jacno. Entre chaque changement de devant de plateau, des remixs de ces mêmes chansons signés Chateau Marmont étaient offertes au public.

Alex Beaupain et Frédéric Lo nous ont immédiatement  replongés dans « Tes grands yeux bleus », avec que, sobre  costume de rigueur, Thomas Dutronc envoie avec peut-être un peu trop de gravité « Je ne suis pas toujours de mon avis ». recomposé pour l’occasion le collectif de Benjamin Biolay et son ex-femme, Chiara Mastroianni a semblé un peu perdu dans « D’une rive à l’autre ». Puis Higelin est entré en scène. Avec un texte poétique et allumé qu’il a écrit pour le collectif. Et l’énergie celui qui est trop triste pour tenir en place. Il a ensuite entonné « Mauvaise humeur » complétement à côté de ses notes. Miossec a ensuite fait une entrée en scène acclamée aux côtés de vieux compagnons de Jacno : les Valentin, pour le joli titre « J’ai triste ». La jolie Calypso Valois (qui avait déjà fait belle impression avec sa voix claire et tellement rétro aux côtés Alexandre Chatelard) a accompagné Etienne Daho pour une superbe reprise acoustique, avec quatuor à cordes du hit « Dis moi que tu m’aimes ». Marinière au corps, Yan Wagner a ensuite entonné de sa voix grave et parfaitement placée la chanson écrite par Jacno pour Rohmer ‘Les Nuits de la pleine lune ». Dominique A s’est attelé à revoir toujours très sobrement « Je t’aime tant » et Beaupain et Lo ont clôt cette juxtaposition d’hommages.

Malgré l’album « Jacno Future » et l’excellente performance des musiciens, tout n’était pas calé hier soir sur la scène de la cité de la musique. Certains « grands » paraissaient soit perdus de tristesse et d’émotion, soit très mal à l’aise dans le répertoire de Jacno qu’ils n’osaient pas  moduler d’un iota, quitte à chanter faux. Peut-être était-il encore un peu trop tôt, un an après la mort du facétieux dandy pour tirer ainsi la sonnette de l’alarme sur l’oubli qui guettait son œuvre. Reprendre tels quels ses titres n’est certainement pas la meilleure façon de le faire dialoguer avec les nouvelles générations. Et ce n’est pas un hasard si la plus belle performance hier soir était celle d’Etienne Daho : son originale reprise de « Dis-moi que tu m’aimes » sur quatuor à corde, ce qui pourrait sembler bien « classique » pour Jacno mais fonctionne parfaitement.

Et pour les amateurs de ce genre de concerts rares, le festival  days off continue jusqu’au 10 juillet.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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