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75e Festival de Cannes : deux jurys présidés par des actrices, et deux films ajoutés

75e Festival de Cannes : deux jurys présidés par des actrices, et deux films ajoutés

30 avril 2022 | PAR Geoffrey Nabavian

Pour décerner, comme chaque année, le Prix Un certain regard et la Caméra d’or, Prix du premier film, au terme du Festival de Cannes, deux jurys vont s’activer. Deux actrices les présideront, en 2022. Des nouveautés sont également à signaler du côté des sections parallèles Cannes Première et Hors Compétition.

Il n’y a pas qu’au sein de la course à la Palme d’or que les belles rencontres avec des films se font, pendant la durée du Festival de Cannes : à ce titre, d’autres récompenses sont remises chaque année au terme de la quinzaine, et distinguent des talents à suivre davantage.

Pour remettre le Prix de la section Un certain regard 2022, Valeria Golino et un jury éclectique

La section Un certain regard promet toujours, sélection après sélection, des confrontations avec des points de vue de cinéaste singuliers. On se souvient qu’en 2018, c’est Border qui fut le lauréat de son Prix, au final : en 2022, son réalisateur Ali Abbasi est en Compétition pour la Palme d’or. Cette année, quinze films ont tout d’abord été annoncés pour composer la sélection de cette section, complétée ensuite par cinq autres titres dont Tirailleurs avec Omar Sy.

C’est l’actrice italienne Valeria Golino qui occupe le poste de Présidente du jury chargé, en 2022, de décerner le Prix Un certain regard. On peut se souvenir d’elle autant pour sa très belle scène de danse avec Dustin Hoffman dans Rain Man que pour sa prestation en mère évanescente sur Lampedusa dans Respiro. En 2018, elle présentait aussi, dans le cadre d’Un certain regard, Euforia, film remarqué qu’elle avait réalisé.

Pour l’occasion, elle sera entourée de la réalisatrice américaine Debra Granik, qui, dans son film Winter’s Bone, récompensé à Sundance et à Deauville, révéla une certaine Jennifer Lawrence, de l’acteur vénézuélien Edgar Ramirez, magnifique entre autres dans le Carlos d’Olivier Assayas, rôle qui le révéla internationalement, de l’actrice polonaise Joanna Kulig, saluée pour ses interprétations dans Elles puis dans Cold War, et du chanteur français Benjamin Biolay, signataire de la bande originale, notamment, du film Et j’aime à la fureur, et remarquable en tant qu’acteur dans Fleur de tonnerre ou Chambre 212. « Être là pour aider, peut-être, des cinéastes à surgir » : tel est l’aperçu de la mission de ces jurés donné par Valeria Golino dans le communiqué officiel du Festival.

Pour remettre la Caméra d’or, Prix du premier film, Rossy de Palma Présidente

En 2017, c’était Léonor Serraille qui quittait le Festival avec sous son bras la Caméra d’or, récompensant sa première œuvre, Jeune femme. L’an suivant, Lukas Dhont avait cet honneur, avec son film Girl. En 2022, ces deux filmeuse et filmeur sont en Compétition pour la Palme d’or.

C’est l’actrice espagnole Rossy de Palma qui a l’honneur, cette année, d’être Présidente du jury chargé de décerner ce prix à une première réalisation. Compagnonne de route de très longue date de Pedro Almodovar – de La Loi du désir à Madres paralelas, en passant par Julieta où elle fut sublime – elle a su également s’illustrer chez Ramon Salazar (20 centimètres) ou Mehdi Charef (Graziella), et imposer à chaque fois sa personnalité frappante. On peut même célébrer, en 2022, les vingt ans d’un blockbuster français où elle fut ébouriffante face à José Garcia et Benoît Poelvoorde, Le Boulet.

Autour d’elle figureront l’acteur et réalisateur Lucien Jean-Baptiste, lauréat de beaux succès publics avec ses films La Première Etoile et Il a déjà tes yeux, l’acteur Samuel Le Bihan, véritablement révélé en 2001 avec Le Pacte des loups, ou Eléonore Weber, la réalisatrice d’Il n’y aura plus de nuit, qui représentera ici la Société des Réalisateurs de Films. Avec également le directeur de la photographie Jean-Claude Larrieu, aussi actif chez Philippe Le Guay que chez Isabel Coixet et représentant ici de l’Association Française des Directeurs de la Photographie Cinématographique, le journaliste Olivier Pélisson, qui représentera le Syndicat Français de la Critique de Cinéma, et enfin Natasza Chroscicki, directrice générale ARRI France et présente pour représenter la Fédération des Industries du Cinéma, de l’Audiovisuel et du Multimédia. Autant de représentant de divers aspects du secteur cinématographique chargés de jauger des œuvres mues pour beaucoup par « une nécessité vitale d’exprimer une vision« , selon le mot de Rossy de Palma la Présidente, s’exprimant dans le communiqué officiel du Festival. On espère grandement être confronté, via les premiers films sélectionnés cette année, à beaucoup de nécessités vitales.

Du côté de Cannes Première, et Hors Compétition : un virtuose espagnol, et Diam’s

Deux films aux allures l’un comme l’autre d’événements viennent aussi au final rejoindre la sélection de Cannes 2022. Dans le cadre de Cannes Première – section parallèle où peuvent s’illustrer des formes de cinéma nouvelles autant que des artistes désirant montrer leur nouveau travail sans être dans la Compétition pour la Palme d’or, comme pour faire le point – sera présent l’espagnol Rodrigo Sorogoyen : il a su éblouir les cinéphiles via ses polars splendides, qu’il s’agisse du sombre Que dios nos perdone ou de l’électrique et viscéral El reino, deux œuvres servies par des interprétations hallucinantes d’Antonio de la Torre, sur des registres très différents. Il donne à découvrir cette fois As bestas, dans lequel Marina Foïs et Denis Ménochet, installés en Galice, pratiquent l’agriculture responsable à tout prix, restaurent des maisons et s’opposent à un projet d’éolienne, jusqu’au sang.

Hors Compétition sera projeté, enfin, un documentaire ayant pour titre Salam. Montré dans le cadre d’une séance spéciale, il est consacré à Diam’s, ancienne rappeuse à succès, qui racontera face à la caméra son parcours contrasté, entre destin d’artiste, chute dans des problèmes de santé mentale, conversion à l’islam… Un film co-réalisé par elle, Houda Benyamina et Anne Cissé, et produit par Black Dynamite et Brut.

Le Festival de Cannes 2022 se déroulera entre le 17 et le 28 mai.

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Visuel : Rossy de Palma dans Toc Toc © Warner Bros Pictures España

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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