Chanson
À la Philharmonie de Paris, Jane Birkin chante Gainsbourg et « Oh ! Pardon tu dormais ! »

À la Philharmonie de Paris, Jane Birkin chante Gainsbourg et « Oh ! Pardon tu dormais ! »

18 septembre 2022 | PAR Yohan Haddad

Deux ans après la sortie de « Oh ! Pardon tu dormais », Jane Birkin foulait la scène de la Philharmonie de Paris en ce dimanche frileux pour y chanter grands classiques et titres de ce dernier opus.

Sur la scène de la salle Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris, une installation plutôt simpliste se laisse entrevoir avant le concert : un simple tabouret est installé sur la scène. Pourtant, Jane Birkin ne s’y assoit pas, bien au contraire. Elle préfère y disperser les paroles de ces 50 dernières années, celles qui ont parcouru sa vie depuis ses 18 ans.

Durant près de 1h30, l’artiste britannique a convié les spectateurs à un grand voyage dans le temps, alternant entre chansons d’une époque révolue, mais intemporelle, et derniers titres figurant sur son album « Oh ! Pardon tu dormais », album concept entièrement écrit par elle-même et composé par Étienne Daho et Jean-Louis Piérot. Dans ce dernier opus, sorti courant 2020, elle y reprend les thèmes figurant dans sa pièce de théâtre éponyme, montée à la fin du siècle dernier, évoquant les hauts et les bas d’un couple. Pour chanter la chanson titre de l’album, qui porte son titre, Jane Birkin invite Étienne Daho, qui reste en fond de scène afin de laisser la figure sacrée Jane B. s’imposer sur le devant. L’un des moments les plus forts de la soirée est également son interprétation de la chanson Cigarettes, hommage à sa fille Kate Barry, qu’elle interprète aussi bien avec émotion qu’ironie, débutant le morceau par cette phrase ravageuse « Ma fille s’est foutue en l’air ».

Il est également difficile d’évoquer Birkin sans évoquer Gainsbourg, qui lui composa une grande majorité de son catalogue. Jane n’oublie pas Serge et lui rend un hommage appuyé durant cette heure et demie. Elle interprète certains des plus grands tubes qu’il lui a écrits, tels que Di Doo Dah, Les Dessous Chics, Quoi, Ex-Fan des Sixties, où encore le sublime Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve, probablement l’un des plus beaux textes de Gainsbourg. Jane Birkin interprète également une grande partie du chef d’œuvre Histoire de Melody Nelson, allant jusqu’à y reprendre les mots précis figurant dans les premiers et derniers morceaux de l’album. Durant ce moment de grâce, elle est accompagnée par une troupe de musiciens exceptionnelle composée de Jean-Louis Piérot au piano, François Poggio à la guitare, Marcello Giuliani à la basse et Colin Russeil à la batterie.

Le concert s’est conclu de manière plus sérieuse avec un discours de Jane Birkin sur la guerre en Ukraine, y rappelant les atrocités et appelant son public à participer aux dons. Elle y ajoutera une salve de chansons relativement récentes pour ce qui s’apparente à un « encore », accompagnée par un public qui n’a pas hésité à venir au plus de près de l’icône pour la saluer et lui rendre hommage. Car quoi qu’on en pense, qu’on l’admire ou qu’on la déteste, Jane Birkin a montré l’étendue de son talent en ce dimanche 18 septembre 2022, et à rappeler son importance aux yeux de la culture pop française, anglaise et internationale.

Visuel couverture : © Nathaniel Goldberg – Affiche du concert

 

 

 

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Yohan Haddad

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