Musique
Punk comme We Hate You Please Die

Punk comme We Hate You Please Die

04 décembre 2021 | PAR Pierre Pouj

Les rouennai.ses de We Hate You Please Die (WHYPD) ont débarqué au Petit Bain hier soir, avec pour seul but de retourner la péniche avec leur deuxième album de grande classe.

En lançant l’album et sa première chanson, l’on pourrait croire les rouennais.es devenu.es sages. Que nenni, une petite minute d’intro douce, puis sont lancées les guitares. Et dès le premier track, ça envoie. Ainsi, tout au long de leur deuxième opus, le quatuor déroule ce qu’il fait de mieux. Du punk, du punk, et du punk. Parfois même ces guitares s’entremêlent à des influences plus hard rock. Dans ce joyeux foutoir sentant bon l’énergie et la mélancolie, on remarque un truc. Par rapport à Kids are Lo-fi, leur première sortie, Can’t Wait To Be Fine est un opus bien plus travaillé, pensé. L’on reconnait la différence de textures, de goûts, de types de chants (oui, notre chanteur du soir en possède une assez grande palette), même de chanteur.euse (on entend un peu plus les voix féminines, ce qui mérité d’être souligné). Cet album est le fruit d’une progression impressionnante et réussie.

« C’est un concert safe ce soir, c’est un concert de MSS FRNCE (prononcez Miss France) ». C’est sur ces mots que débute une soirée punk mémorable. Une fois énoncé, le batteur écarte son micro, imprime le tempo de ses baguettes, la guitare part pour deux mesures d’intro et là… une tatane. Quand on voit arriver ces quatre hommes au look plutôt classique, limite sur la pointe des pieds de peur de déranger, on est bien loin d’imaginer ce qu’il va suivre. Sur une base de rarement plus de trois accords, tempo ultra rapide, des sons ne dépassant parfois même pas les trente secondes, cris et paroles françaises des plus atypiques, nous voilà devant du punk qui éclate. Le quatuor MSS FRNCE n’est pas là pour faire beau. Ça accroche, ça arrache, ça éclate, et ça joue très bien. Le groupe amène une énergie folle, ne laissant que quelques rares moments de répit pour que tout le monde puisse reprendre son souffle, des deux côtés de la scène. Une énergie folle, du vrai punk, d’extrême gauche, et du fun pour tous.tes, une sacrée histoire, une première partie réussie avec brio.

On enchaîne rapidement avec le groupe du soir. Le quatuor mixte rouennais est sur scène, et dès le début, on est prévenu. Entamant avec Exhausted+Adhd, l’ouverture de leur deuxième opus, l’ambiance se fait planante, presque intime. Bon, une fois l’intro finie, la guitare s’habille de distorsions, la batterie s’intensifie, la basse rentre dans la danse et ça y est, la machine est lancée. Le chanteur, d’une présence scénique remarquable, se jette par terre, s’emploie à crier à plein poumon, et la fosse s’enflamme. On en n’est qu’à la première chanson, mais on sent un venir un set mémorable. Et c’est le cas. Notre chanteur, encore lui, vit les paroles qu’il crie, chante, parle, chuchote parfois, et s’efface discrètement quand vient le tour de la bassiste, chanteuse sur certains morceaux. Sans rappel, pas besoin, en finissant en apothéose par leur chanson phare, We Hate You Please Die (oui, comme le nom du groupe), le quatuor fait preuve d’une maîtrise implacable. Quand on a la chance d’assister à une soirée comme celle-ci on repart heureux.se, le punk français se porte très bien.

Crédit Photo : Cover de We Hate You Please Die – Can’t Wait to Be Fine

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