Musique

Live Report : Alpha Blondy, Alborosie et Gentleman au Zenith

18 avril 2011 | PAR Jerome Gros

Jeudi 14 avril, le Zenith de Paris était plein à craquer pour assister à ce concert extraordinaire car réunissant trois noms incontournables du reggae (Gentleman, Alborosie et Alpha Blondy), presque un festival en une soirée.

 

L’ouverture des portes avait démarré dès 17h30, et si à 19h la salle n’était pas encore pleine, l’ambiance était déjà électrique. Le Soul Stereo Sound System était présent pour chauffer un public impatient. Mission réussie : le DJ a pris le public par les sentiments en jouant Bob Marley, notamment « Three Little Birds », dont le refrain fut chanté à l’unisson dans la salle.

A 19h30, le sound system quitte la scène après avoir lancé de la meilleure manière possible cette soirée. Vient alors un jeune artiste allemand, Jahcoustix. Il présente son nouvel album, Crossroads. L’artiste a vécu sa jeunesse en Afrique, au Kenya en particulier, où il a découvert le reggae. Simplement accompagné de sa guitare, il reste un quart d’heure sur scène. Si la première chanson fut très intéressante, il manquait quelque chose dans les deux suivantes.

Puis, Gentleman, qui s’est blessé au pied la semaine dernière mais qui finalement a pu continuer la tournée (heureusement pour les fans), a pris les choses en main. Sous les encouragements d’un Zenith à présent plein, il a entamé une session incroyable. Accompagné du groupe The Evolution, il a enflammé la salle. Dans la fosse, la température a immédiatement augmenté d’un cran. Gentleman a essayé de faire partager son dernier album, Diversity, tout en reprenant ses plus grands succès. Ainsi, si le titre « Lonely days », tiré du dernier album, a fait un carton, ses titres plus anciens ont fait l’unanimité. « Jah Ina Yuh Life » a enchanté la foule, la version solo de « Caan Hold Us Down » (originellement avec Barrington Levy et Daddy Rings) l’a émerveillée (les choristes reprenaient la partie de Barrington Levy), « Intoxication » l’a transcendée. Un seul regret peut-être : Gentleman n’est pas resté assez longtemps ! Le public aurait pu l’écouter des heures durant. Il quitte donc la scène aux alentours de 20h40.

Avant la venue d’Alborosie, l’interlude a réussi à maintenir la température. Le public s’est vu proposer des classiques comme « Babylon a Rise » de Jah Mason, ou encore les reprises de Million Stylez (« Police in Helicopter » et « Fade Away », originellement chantés par John Holt et Junior Byles respectivement).

Un peu après 21h, l’Italien arrive sur scène accompagné du Shengen Clan. Beaucoup étaient venus rien que pour lui, ils n’ont pas été déçus. Lors de la première demi-heure, il a complètement déchaîné la foule en reprenant ses plus gros tubes comme « Herbalist » ou « Rastafari Anthem ». Il a privilégié son premier album solo, Soul Pirate, plutôt que son second, Escape From Babylon. A la demi-heure, une de ses choristes a pris le micro et a pris le relais le temps d’une chanson. Sa voix féminine a parfaitement su s’intercaler entre deux sessions très lourdes du chanteur Italien. Celui-ci a repris les rênes juste après pour une seconde session de trente minutes, complètement folle. La foule en délire a accompagné avec plaisir des titres comme « Police » ou encore « Diversity ». Alborosie a alors terminé en beauté puisqu’il a d’abord chanté « Kington Town » (personne à ce moment précis ne s’est arrêté pour respirer et se reposer, même les plus paresseux se sont laissés entraîner par la fureur des autres), avant de terminer sur une teinte de ska. Le chanteur a parfaitement fait son métier, il repart sous les applaudissements effrénés du public.

Il faut attendre 22h30 avant que le Solar System n’entre sur scène. Alpha Blondy se fait attendre. Chose étonnante : si la salle reste tout de même bien remplie, beaucoup l’ont déjà quitté entre 22h et 23h. Un peu après la demie, le guitariste (qui a fait une performance extraordinaire ce soir-là) guide le groupe et Alpha Blondy, qui a fait son entrée sur scène, accompagné de deux gardes du corps (compte tenu des événements en Côte d’ivoire). Le chanteur, musulman, entame le psaume 23 (…« Quand je marche dans la vallée, dans l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi » …), avant son titre phare « Jerusalem », accompagné par la foule. A la fin de la chanson, Alpha Blondy remercie la France pour son intervention en Côte d’Ivoire, et espère que le pays retrouvera la paix rapidement. Plus tard, il appelle au dialogue entre Ivoiriens, qu’ils soient du Nord ou du Sud, qu’ils soient Dioula, Bété ou Baoulé (les trois ethnies du pays). Puis il chante « Course au Pouvoir », qui décrit cette triste réalité (« il y a du sang sur la route qui mène à la tour du pouvoir »). La chanson « Cocody Rock » est un succès immédiat. Mais c’est à la fin de sa session que le public est le plus emballé, lorsque le chanteur propose son célèbre titre « Brigadier Sabari ». Les musiciens étaient eux aussi excellents : les trois choristes ont fait de parfaits accords, le guitariste, comme déjà précisé, fut époustouflant ; la performance des cuivres (trombone, trompette, saxophone), et particulièrement du trompettiste qui a effectué un petit solo délirant (petite anecdote : il avait  placé un préservatif au bout de sa trompette et a continué jusqu’à ce que celui-ci éclate) était elle aussi incroyable. Alpha Blondy a donc assuré, et a même dépassé l’horaire, puisque le concert, qui devait finir vers 23h45, s’est prolongé d’une bonne demi-heure.

La soirée était donc parfaite, et c’est dans un Zenith plein qu’a eu lieu un des concerts les plus complets de l’année 2011. Garance Productions a offert une scène commune pour trois grands noms du reggae, de quoi ravir tout le monde, les amateurs et les curieux.

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Jerome Gros

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