Musique
Le Solidays, côté militant

Le Solidays, côté militant

10 juillet 2015 | PAR Elie Petit

On était cette année encore à Solidays, côté musique évidemment mais aussi côté militant. On est parti à la rencontre de tous ceux qui participent à la réussite du festival: la direction, les bénévoles, les partenaires, les parrains. Et les festivaliers bien sûr. Déambulation dans cet événement exemplaire dans le paysage associatif français et mondial.

Une vraie expérience citoyenne

Dès notre arrivée, on est vite impressionné par l‘omniprésence des messages de prévention sur les écrans, avant les concerts, des activités proposés aux festivaliers. Au rang de celles-ci, la formidable exposition Sex In The City, ludique et très bien construite, entre décors d’intérieurs, chiffres mystères et objets à découvrir. La file d’attente pour y accéder ne tarit jamais. On a aussi aimé les interventions au Forum, ouvert cette année encore par Bill Gates, suivi par Christiane Taubira, Arash Derambarsh, Reza

Un des cœurs battants de l’expérience citoyenne et engagée de Solidays est le village Solidarité. Réunissant près de 100 associations triées sur le volet, il est un véritable lieu d’échanges et de découverte, une expérience citoyenne. Des associations de prévention santé, de lutte contre le racisme, de solidarité internationale y tiennent des stands d’information et proposent des activités aux festivaliers. Pour Clio Léonard, déléguée nationale de l’association Le refuge, qui propose des lieux d’hébergement pour les jeunes homosexuels rejetés par leur famille, il étaient évident de revenir pour une 4eme année. « C’est important pour nous d’être ici, cela nous donne une visibilité auprès des 18-25 ans, dont certains peuvent être en difficulté. On peut alors les rencontrer à nouveau après le festival et tenter de donner des réponses à leurs questions. » Même constat pour Catarina de l’association Rom Civic – Les Enfants du Canal : « Solidays nous permet de nous présenter, faire connaître notre projet. C’est très positif et on sent que les festivaliers ont une véritable soif de connaissance ». Blaise Cueco, Président Paris pour SOS Racisme dont le stand fait le plein constate le succès de cette édition 2015, d’un « festival militant qui met au cœur la question de l’égalité ».

Pour les bénévoles, un engagement souvent renouvelé auprès de Solidarité Sida

Les bénévoles sont partout. Ils s’affairent à toutes sortes de tâches, toujours avec la même bonne humeur, contagieuse. Ils sont 2 000 en tout. Au QG des bénévoles, ils prennent un repos mérité avant de reprendre leur poste, à l’accueil, l’information, le ramassage des détritus…

Cette année, Swan, qui est bénévole depuis 2012 s’occupe de l’accueil des artistes. « J’ai changé d’équipe tous les ans,  de la promotion d’un concert en particulier à la vente de T-Shirt. Au départ, en 2011, je cherchais un engagement associatif, plutôt autour de la prévention SIDA et en venant pour un seul concert à Solidays, j’ai adoré. Le travail que mène et la place que propose Solidarité Sida aux bénévoles, c’est ce qui me parle le plus. » Elle reviendra l’an prochain, comme chaque année.

Une édition 2015 très réussie

On retrouve Luc Barruet, initiateur de Solidays et Directeur-Fondateur de Solidarité Sida  et les parrains (Maitena Birbaben, Claudia Tagbo, Antoine de Causnes, Reza, Sébastien Folin…) à la conférence de presse de bilan. Passé le préambule sur les attentats meurtriers qui ont touché la France et la Tunisie, le renforcement des mesures de sécurité, il se déclare satisfait de cette édition qui touche à sa fin.

Comme il tient à le rappeler régulièrement, Solidays n’est pas qu’un festival musical. C’est aussi et avant tout trois jours engagés, militants. Destiné à récolter des fonds pour les programmes d’aide aux victimes du Sida et de prévention en France et dans le monde, tout au long de l’année, Solidays cru 2015 a été une grande réussite, une édition record avec plus de 180 000 festivaliers, notamment grâce à l’expérimentation de la mise en vente de billet nuit et des bénéfices au-dessus des 2,4 millions d’euros de l’an dernier.

Le festival qu’il a créé il y a 17 ans pour « œuvrer contre le SIDA et promouvoir la solidarité » est un outil efficace. La réussite financière va donner la possibilité de financement de programme d’aide aux malades et de prévention. Solidays est une véritable caisse de résonance pour cette cause. Au delà des frontières française grâce désormais au Fonds Afrique présidé par Sébastien Folin. Des partenaires du Congo et du Cameroun sont présents et prennent la parole pour rappeler l’importance du travail mené en coopération.

Maitena Biraben nous confiera avoir été touchée par la présence de L’orchestre National de Barbès dont elle a acheté le CD il y a quasiment 20 ans. « Les voir ici, faire danser des jeunes qui n’étaient pas nés à leurs débuts, c’est incroyable. Solidays est un festival où on ne peut que se sentir bien ». Un constat partagé par Antoine de Causnes qui se félicite de l’esprit du festival, cette année encore. Claudia Tagbo qui ne manque jamais une occasion de rendre hommage aux bénévoles, a suivi de près le concert d’IAM et la très émouvante cérémonie du patchwork des noms, en hommage aux victimes du Sida.

Vers Solidays 2016

Fakear envoie ses derniers beats et The Parov Stelar Band, ses derniers pas d’électro swing. Mattéo, dont c’est le premier Solidays, partage : « De mon côté, cela s’est super bien déroulé. On ressent que c’est un festival différent des autres. Même si on vient surtout à la base pour la musique. » . Félix qui est là pour la deuxième fois est là pour l’ambiance et dit être passé au travers du côté prévention. « Je suis déjà très sensibilisé toute l’année ». Enfin, Myrianne, responsable du stand de prévention pour la contraception, qui revient pour la 12ème année, dit, très enthousiaste : « C’est le meilleur public, là pour se rassembler autour d’une cause. ».

Pour 2016, Luc Barruet renouvelle et ajoute à l’ambition du festival : rester à Longchamp malgré les travaux, agrandir le site pour proposer de nouveaux espaces de sensibilisation. Enrichir « l’expérience campeur » avec des bons plans à Paris sur une durée plus longue que le festival. Dimanche, peu avant minuit, c’est émerveillés et tristes d’achever cette expérience unique que les milliers de festivaliers quittent les lieux, en pensant déjà à l’an prochain.

Visuel : © DR

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Elie Petit
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