Musique

LA SÉLECTION POP-ROCK-INDÉ-ELECTRO-RAP DE MARS 2019

LA SÉLECTION POP-ROCK-INDÉ-ELECTRO-RAP DE MARS 2019

26 mars 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Chaque mois, la rédaction musique de Toute La Culture.com fait le tri parmi ses coups de cœur « pop ». Place à la musique du peuple ici, où les guitares croisent autant les pads que les violons. Enjoy!

Keren Ann Bleue (Polydor, sortie le 15/03/2019)

La chanteuse magnétique revient au français pour un disque planant où on la retrouve au sommet de la mélancolique aquatique. Sorti le 15 mars, Bleue, est bien sur blues, mais moins rythmé que le précédent opus You’re gonna get love (2016, lire notre interview).

La répétition obsessionnelle et quasi mystique de « Il me tue cet amour » sur quelques notes de piano dans le premier single « Sous l’eau » donne la note de fond de ce 8e album, où, tout au fond de la piscine, la contemplation se fait beauté.

Concerts les 25 et 28 & 29.05 au Théâtre National de Bretagne – Concert avec l’Orchestre Symphonique de Bretagne et le 24.10 : à L’Olympia. Yaël

Clarika – A la lisière (sortie le 08/03/2019)

Album après album, on adore regarder dans les « vestiaires des garçons » avec Clarika. Et quand elle leur parle, aux garçons, c’est explosif : le duo avec Pierre Lapointe sur « Venise » où les amoureux n’iront plus visiter la lagune, ça marche presque trop bien! 

Avec des textes toujours aussi délicatement  écrits, où le français résonne comme aux meilleures heures de réalisme, onomatopées comprises, des mélodies variées ( rétro sympa pour « La dentellière », les violons ironiques pour « Venise », la batterie dark pour « Ton homme »), des arrangements efficaces (une petite boucle délicieusement eighties pour « Même pas peur »), l’album est un concentré pétillant de sons et de mots qui nous ravissent :  « On n’ira jamais à Venise / Venise, c’est que pour les pigeons / Ceux qu’on plume pour quelques devises/ Ceux qui ripolinent vos petons ».  Yaël

Ninho – Destin (Rec 118, sortie le 22/03/2019)

On n’arrête plus Ninho. Il tient son rythme d’un projet par an et revient avec l’album Destin. Il y ressasse notamment son changement de statut (« Je suis plus nouveau, je suis là pour des années ») mais assure rester le même : « 500 000 albums plus tard, ma tête a pas gonflé ». Ninho raconte son quotidien dans l’excellent morceau La vie qu’on mène, entre la cité et la vie d’artiste.

Destin se veut plus posé que le précédent, on y trouve moins de bangers, car le rappeur du 91 élargit sa palette. L’étonnant A Kinshasa le montre dans un genre sur lequel on ne l’attendait pas forcément. Dans ce morceau d’afropop, il apparaît au côté de l’icône de la chanson congolaise, Fally Ipupa. Egalement, la douceur Money, avec Faouzia, contraste avec son style habituel : « Je croyais qu’il était déchiré, mon cœur est recousu. Mes blessures apaisées par l’euro » Attention, le rappeur prouve qu’il sait toujours rapper avec des titres comme NI. Dans chacun des 7 featurings de l’album, Ninho exploite au mieux l’univers de ses invités, pour livrer un album assez varié. L’excellente connexion avec JuL, Jusqu’à minuit, demeure probablement la plus réussie. Mathieu

Roman KouderYouth-MCA Records 

Un EP. Nous les vieux on disait un maxi. Mais lui il est jeune. Moins de trente ans. Et il faut vraiment être vieux pour trouver que trente ans c’est jeune. Ce qui est sûr c’est que l’âge interroge Roman Kouder qui signe son 5 titres (oui on peut aussi dire comme ça ) YOUTH. Il a peur aussi de rester seul, alors il invite du monde à poser sa ou ses voix sur ses nappes de DJ et producteurs. 5 titres et 2 tubes décelés. « Shame », déjà repéré grâce au clip réalisé par Regards Coupables, qui sera le son de votre roof top de l’été  et « Sad smiley », un slow qui tue version à danser en fin de soirée . Sur cet EP, il n’est question que de quête amoureuse, à égalité des chances et de genres. L’amour se chante mais n’a pas l’air de se faire « dark ». La sortie de L’Ep est l’occasion d’offir un clip à Made Up, realisé par Ojoz.  Amélie

 

 

Jean Emmanuel Deluxe&Friends – Rouen dreams (A marty of pop-lion production)

En voilà un drôle d’objet. Opéra pop ou disque pour enfant, une ballade hystéro-régressive jusqu’à Hollywood chanté décalé par un JED accompagné par April March en backing vocal. Fond de french pop recouvert d’accords scintillants à la Beach boys sur lesquels Jean-Emmanuel donne à peu près tout ce qu’il a en stock, son érudition amusée, son goût du dessin et de l’utopie américaine. Il impose peu à peu un style, second degré du théâtre contemporain ou vraie fausse musique de cabaret difficile de trancher sinon en suivant cette rêverie musicale façon Ed Wood qui rebondit entre mélancolie et  joie enfantine. Inclassable et joliment produit, au-delà de tout critère ordinaire de jugement. Antoine  

 

Anne Paceo – Bright Shadows – Laborie Jazz

Excellence musicale au rendez-vous sur les pistes de ce sixième album dirigé par la talentueuse batteuse Anne Paceo. Désormais très remarquée à chacune de ses sorties, celle qui est l’artiste associée du Festival Jazz Sous Les Pommiers publie avec Bright Shadows un album innovant. Nous sommes ici à la croisée des grammaires du Jazz, de la Soul et de l’électro-pop. Mais surtout. L’oreille est emmenée par le bout du lobe sur des chemins surprenants d’émotion, de la superbe sobriété de Contemplation à l’immense perfectionnement de Bright Shadows. Cet album contient un engagement très particulier de chacun des artistes. Tout comme Anne Paceo attaque les rythmes avec témérité, Ann Shirley relève sans trembler une partition vocale pensée avec exigence. Ce disque est un morceau de bravoure arraché à la barbe de la musique qui se rabâche : il tranche par sa douceur. Beaucoup de talent donc, auquel s’ajoutent évidemment celui de Florent Mateo, le clavier de Tony Paelman, les guitares de Pierre Perchaud et le souffle cuivré de Christophe Panzani. Tendez l’oreille, Anne Paceo est un peu partout ces temps-ci, et c’est tant mieux ! Emmanuel

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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