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NoJazz au Sunset: Sans contest top of the beat !

NoJazz au Sunset: Sans contest top of the beat !

22 avril 2011 | PAR Pascal

A force de chercher les références qui ennuient celles et ceux qui n’ont pas encore accrochés à cette définition mouvante qu’est le jazz on en oublierait l’essentiel : le plaisir du partage. Pour eux, musiciens dans toute la culture du terme le plus world, nus et no limites, une méthode que nous nommerons un AGAPENING. Entre happening-performance et l’agapé-partage, soyez happés par leur beat indéfectible, entier, exigeant, les cuivres de terre, de vent et de feu qui vous mettent cette tiédeur au fond des reins, des rythmes de batterie mode Elvin Johns (John Coltrane) ou Stix Hooper (The Crusaders) qui vous autorisent à prendre la main de la petite fille de Catherine Deneuve et danser avec, le hip-hop caliente de la voix la plus Us de Londres. Philippe Sellam, Pascal Reva,   Philippe Balatier, HKB Finn et Sylvain Gontard l’ont compris et l’offrent avec une maestria et un cœur énormes. Oubliez les citations jazzistiques, de toute façon elles y sont toutes, l’important c‘est e que la musique exige et comme Mr Jourdain vous allez aimer et pratiquer sans vous en rendre compte le NoJazz par cette magie qu’ils ont inventée il y a dix ans l’Agapening. NoJazz vient de se faire décerner le Toutelaculture en or du beat le plus …Toutelaculture !

Si vous ne connaissiez pas encore Nojazz, leur titre « Boogaloo » est celui de l’émission de Thierry Ardisson sur Canal+ le samedi à une heure de grande écoute avec le mot « terriens » dedans. C’est certain, de Mars, ils viennent, et ils attaquent forts. Retour sur une soirée anniversaire qui durera jusqu’à … ce que « vie » s’en suive.

Show en trois sets aux alentours de 21 h 30 min dans la rue des Lombards, la rue du Jazz à Paris qui réunit les quatre boîtes les plus connues de ce milieu musical que l’on dit « fermé ». Arrivé 20 heures, les zoulous men doutent de tout dans la cave légèrement humide, car à n’en pas disconvenir, ce sont de vrais jazzmen, au-delà de leur formation, de leur participation à des groupes et des big band, à leur reconnaissance dans le monde de la musique. Ils doutent dans cette boucle au tempo plus compliqué que le 5/7 de « Take Five » de Dave Brubeck, du bon démarrage de la batterie sur la cymbale ride qui emmènera le thème à son paroxysme dans les « lâcher prise » de nos cuivres au grain de folie, des temps de purs rythmes pour placer le flow de leur invité et de Finn, qu’ils prennent toute leur valeur vocale, au-delà d’un simple système hip-hop bien huilé.

Ici, nous sommes dans la maitrise instrumentale d’un quartet qui improvise, crée des ruptures rythmiques, embrasse à pleine bouche le Brésil, ouvre des espaces sur un raga indien, envoie un groove de guitare « Chic freedom » au moment où Balatman, maître des machines avec sa houpette caractéristique lève le doigt (un peu à la Hancock dans les années Headhunters) pour trouver la bonne clé, la bonne facette, celle qui groovera le plus pour le plaisir du spectateur et de l’auditeur. Chose relativement rare dans ce monde. Qui dit « world beat », sensibilité, dit « voyager avec », danser ensemble, garder la magie, celle qui nous ferait penser que tout est naturel, même la culture musicale. Avec NoJazz, le « tout est possible » ne signifie surtout pas une désorganisation, vous l’aurez compris, mais bien au contraire une méthode et une connaissance de ses partenaires de l’ordre de la fraternité. La classe d’un vrai bon show est de cet ordre ; avoir le sentiment que tout est possible (comme en amitié), ne jamais oser demander, et qu’elle vous soit offerte comme une surprise.

Dix ans que ça dure, dix ans que ça évolue ave des invités prestigieux et des tournées mondiales. Hier soir, la présence du Hip Hopper Mangu et du flutiste ahurissant de virtuosité Maraca n’ont fait qu’ajouter à cette ambiance unique qui vous rappelle que vous avez un grain de folie dans l’âme aussi excitant que le grain de beauté sur la fesse de votre fiancée.

No jazz ? si, bien sûr. J’ai trouvé dans leur disque dur de musiciens :

– des chorus de saxophone Wayne Shorter teintés de Jan Garbarek jouant à qui « mieux mieux » avec Canonball Aderley devant un grand verre de Wilton Felder (des colos ethniques façon ECM, mais à faire fondre la glace suédoise)

– des chorus de trompette avec wah wah et écho sur un mood sensuel façon Tom Browne ou Randy Brecker (Brecker Brothers)

– des loops pulsants et provocateurs, au minimalisme piège, des séquences sexys, recherchées et envoûtantes pour l’auditeur, mais d’une complexité sans égale pour le batteur pertinent Pascal Riva.

– des parties de claviers dignes de Joe Zawinul et des accords gouleyants et bulbeux à la Richard Tee (Just the two of us)

– une présence géante de la voix qui, puissante, à le goût d’un flow original anglais avec une classe US.

NoJazz a mis le feu avec maestria et finesse, humour, savoir-faire et une présence proche du proche. Rajoutons à ce show de qualité l’efficacité de Stéphane le manager du Sunset et du Sunside, tombé dedans depuis qu’il est né qui  offre un accueil élégant, allant jusqu’à ne pas envoyer ses serveurs vous harceler entre les tables pendant le show. Ca c’est la classe aussi.

Playlist de la soirée : « Nojazz Song », « 8 et demi », « Booya », « Zooland », « Freedom », « Hou Man », « Urgence », « Boogaloo », « Candela », « Maestro », « Jungle Bell », « Hugher State » et « Jungle Out ». Trois sets variés dans lesquels l’ambiance ambient était au maximum avec une très belle prise de risqué dans la mesure où la plupart des titres étaient nouveaux et enregistrés “live” pour le prochain album.

NoJazz and guests  le grand magic AGAPENING jusqu’au Dimanche 24 avril.

Show au Sunset élu Toutelaculture en or du Jazz ! Beat beat .

 

Pascal Szulc

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