Mode

Grigris et autres tribulations particulières, quand l’objet de mode se fait fétiche

Grigris et autres tribulations particulières, quand l’objet de mode se fait fétiche

11 avril 2013 | PAR Mariska Konkoly

Concept accessIl n’est pas rare de laisser traîner le long de ses poignets des êtres fétichisés, des abréviations de notre mémoire, des empreintes laissées. Au-delà du simple « friendship », il y a ces t-shirts adoucis par le temps, représentants d’un confort passé ou encore ses choses que ne l’on quitterait sous aucun prétexte en vue d’une représentation synonyme de notre perception du monde et notre personnalité. Pour tous ces grigris obsessionnels qui meublent notre conscience, la mode semble se faire actrice majeure et désordonnée de cette humane addiction. Retour sur l’objet image du temps et de soi.

Un concept parlant puisqu’il désigne ces affaires protégées souvent immortalisées sous forme d’accessoires qui parcourent alors un quotidien. Des marques rassurantes qui portent nos traces, odeurs et autres billets d’humeurs. Clignotant en bracelets souvenirs d’une adolescence profonde et perdue, cette inspiration « grigri-iesque » se fait l’atout depuis l’été dernier d’une inspiration profonde avec l’élan des « friendships », autrement dit bracelets brésiliens tissés à outrance en version baroque que l’on porte fièrement en fétiches tressés. Et ces chaînes, ces petites bagues devenues tendance de l’accumulation, dérobées de leur première fonction, loin des médailles et autres sceaux c’est le jeu de la brillance et du détail caché que l’on ne quitte plus et qui devient phare et éloquent.

Derrière la discrétion de ces objets de petites tailles, au caractère de collection enfantine, se cache une addiction secrète. Des talismans, protecteurs des âmes, qui rassurent la conscience avec esthétisme et préciosité. Ce foulard que l’on ne quitte, le « doudou » devenu adulte et son odeur porteuse d’un message délivré, comme garant de notre univers. La mode s’implique donc dans le choix de l’objet, il est choisi avec pertinence et réflexion pour devenir une appartenance à part entière. Ainsi détourné de sa multiplication, l’accessoire se fait unique, il se transforme et devient personnalité, celle de celui qui le porte.

Autour du message, il y a le souvenir, celui à l’expression de « valeur sentimentale » et peu importe sa taille, il garde le gage de la mémoire, l’idée d’empreinte même que l’on transporte avec soi. Au-delà, il y a la transmission, riche en héritage d’une histoire profonde devenue alors par la simple transposition d’un objet devenu iconique, une trace éternelle et transportée à travers le temps. Un retour en arrière possible à chaque instant grâce à cette transition vers le passé.

Alors, l’accessoire devient miroir et résonance d’un univers fait de vieilleries, de pierreries et de ces mystères qui dessinent l’apparat de l’être.

Visuel (c) : Dessin Mariska Konkoly

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Mariska Konkoly

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