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[Live report] Avishaï Cohen à l’Olympia « con Almah »

[Live report] Avishaï Cohen à l’Olympia « con Almah »

06 novembre 2013 | PAR Hassina Mechaï

Ce soir-là sur le boulevard des Capucines, la foule se pressait devant l’Olympia. Passionnés pointus, puristes pointilleux et amateurs légers de jazz, tous venaient voir sur scène Avishaï Cohen. Le jazzman israélien achevait ainsi une tournée internationale à Paris et présentait son nouvel album Almah, tout juste sorti ce jour-là.hass 079

Almah semble marquer un tournant dans la carrière d’Avishaï Cohen. L’artiste a muri dans l’ombre tutélaire de Chick Corea et de son Jazz fusion, puis s’est émancipé pour mieux mêler dans un syncrétisme musical, Jazz Bebop, latin jazz, mâtiné de classiques sépharades, arabes ou yiddish. Avec Almah une autre étape est franchie car il s’agit rien de moins que de tenter la fusion entre jazz et musique classique.

Ambitieux projet sur le volatile papier musique. Ambitieux projet inscrit dans les sillons du nouvel album. Ambitieux projet à faire vivre sur scène aussi. Autant le dire, l’écoute de l’album Almah, à froid, avait laissé cette vague impression de fusion inaboutie, seulement esquissée, entre le jazz et la musique classique, comme un mille feuilles où les strates musicales se seraient succédées sans parvenir toujours à se mélanger. Seuls 2 morceaux sur l’album se détachaient nettement, « Song for my brother » et « Arab medley » en réussissant le pari de ce mariage de déraison classico-jazz.

Mais ce soir-là, sur cette scène chargée d’ondes de l’Olympia, Almah, qui semblait comme en ébauche inachevée sur le CD, prenait ampleur et vie.  Le dispositif scénique des concerts d’Avishaï Cohen, au cours des dernières années, s’était simplifié pour aboutir au minimalisme heureux d’une contrebasse, d’un piano et d’une batterie. Mais lors de ce concert, se sont ajoutés violons, hautbois et violoncelle. Et tandis que le piano et la batterie dialoguaient avec le quintette d’instrumentistes, au centre la contrebasse ou la voix d’Avishaï Cohen faisait le lien. Et là les morceaux entiers de l’album se sont succédés avec bonheur autour de ce nouveau groupe Avishaï Cohen and Strings. Le public a accueilli cet album, pourtant totalement inconnu pour la plupart d’entre eux avec enthousiasme et chaleur. Applaudissements nourris, bravos fusant lors de solo piano ou contrebasse, Avishaï Cohen avait visiblement réussi son pari.

4 rappels, 4 standing ovations, ponctuées de reprises d’anciens hit du jazzman ou de solo contrebasse, notamment un volontairement hilarant mix entre la cucaracha et l’été indien de Joe Dassin. Ce musicien ose décidément des choses improbables, qu’il continue donc, si le résultat, s’affinant, donne d’aussi jolies choses.

 visuel (c) Hassina Mechaï

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Hassina Mechaï

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