Jazz

Almah d’Avishai Cohen, sur un air de Jazz baroque

Almah d’Avishai Cohen, sur un air de Jazz baroque

28 octobre 2013 | PAR Hassina Mechaï

C’est son douzième  album, et il s’appelle Almah. Almah comme « âme » en espagnol ou comme « jeune fille » en hébreu. Joli clin d’œil aux racines sépharades du Wonder boy de la scène jazz israélienne, Avishaï Cohen. Sur cet album il s’est entouré du pianiste Nitai Hershkovits qui l’accompagnait déjà sur l’album précédent Duende et du batteur Ofri Nehemya. Mais, et c’est là une nouveauté, il est également accompagné d’un quatuor à cordes et un hautbois. Une formation classique qui donne à cet album l’étrange sonorité d’un mariage entre le Jazz et la musique de chambre.

[rating=2.5]

Il en ressort des morceaux oscillant entre sonorités saccadées et envolées mélodiques. Cet album offre donc des morceaux où haut bois et contrebasse, cor anglais et batterie tentent le pari d’une musique autre. Les morceaux mêlent compositions originales, mélodies traditionnelles juives et arabes et relectures d’anciens titres.

La structure arrière est solidement classique et le jazz ressort en éclats ou points d’accroches. Jazz baroque est donc ce qui vient automatiquement à l’esprit pour qualifier Almah. Baroque dans le sens qu’il tente de concilier de façon harmonieuse et harmonique des genres musicaux contraires.

C’est là une fusion que Avishaï Cohen avait légèrement, timidement esquissée lors de certains morceaux précédents. Car le musicien de jazz dispose d’une solide formation classique et d’un goût affirmé pour la musique baroque. Bach et parfois dans un autre genre Rachmaninov pointaient parfois sous ses compositions. Quoi qu’il en soit cet album peut désarçonner par cette fusion affirmée, alors que lors des précédents albums, elle n’était qu’en latence.

Mais par cette affirmation nette, Avishaï Cohen peut surprendre et attirer un public nouveau. Mais il peut aussi évidemment irriter les tenants d’un jazz puriste. C’est là le danger et c’est là le pari.

Mais après tout peut -être est-il tout simplement en train de créer un genre nouveau. Almah pourrait faire figure alors de manifeste pour un nouveau genre, la volonté enfin assumée de sortir des chapelles parfois figées du jazz, dans l’idée même du jazz qui se définit justement comme sans définition…

Avishai Cohen, « Almah », sortie le 4 novembre . Label : Parlophone.  Avishai Cohen est actuellement en tournée en France et sera le 4 novembre sur la scène de l’Olympia.

 

visuel : couverture de l’album

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Hassina Mechaï

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