Politique culturelle
« Paris portes ouvertes » ou le projet culturel ambitieux de Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate à la mairie de Paris

« Paris portes ouvertes » ou le projet culturel ambitieux de Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate à la mairie de Paris

28 octobre 2013 | PAR Hugo Saadi

« La capitale fascine moins, attire moins, n’étonne plus; beaucoup de créateurs partent à Londres ou Berlin et la nuit parisienne a perdu de son lustre et de sa superbe ». Tel est le constat de Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate UMP à la mairie de Paris. Le 24 octobre dernier, la candidate a présenté les principales mesures de son projet culturel pour Paris et notamment « Paris portes ouvertes » qui se résume à l’aménagement de six « portes » parisiennes.

C’est dans un bar à quelques pas de la porte de Saint-Ouen que Nathalie Kosciusko-Moriset a révélé sa politique culturelle pour la ville de Paris. La candidate souhaite effacer la barrière du périphérique qui limite Paris car selon elle, les portes de la capitale vont devenir « les lieux, les places, les nouveaux centres du Grand Paris [le projet urbain visant à transformer l’agglomération parisienne en une grande métropole mondiale et européenne, NDLR] ». Elle en a profité pour tacler le maire actuel, Bertrand Delanoë, qui serait responsable de la baisse d’attractivité de la capitale du fait de sa politique « désincarnée, hors sol, très institutionnelle, « entre-soi » et trop orientée sur l’événementiel ».

Le projet « Paris portes ouvertes » propose l’aménagement de six portes. Au niveau de la porte de Clignancourt, une restructuration de celle-ci sera effectuée afin d’accueillir un grand centre de l’artisanat d’art. De la porte de Vanves à la porte d’Orléans, un espace d’exposition destiné aux artistes en résidence (sélectionnés à l’issue d’un concours international) et à ceux du quartier sera construit pour les accueillir. En ce qui concerne la porte Maillot, le centre de congrès ainsi que la salle de spectacle seront revisités et modulés pour accueillir le RER E dès 2020. La porte de Bagnolet quant à elle doit véritablement être restructurée afin de pouvoir créer un parc urbain destiné à recevoir 3 mois par an, la Foire du Trône, pour en faire un haut lieu des arts forains. Enfin, de la porte de la Chapelle aux gares du Nord et de l’Est, une cité universitaire sera mise en place pour propulser un nouveau cœur étudiant à Paris. Elle pourra accueillir à terme 6 000 étudiants et enseignants, chercheurs, entrepreneurs qui souhaiteront créer leur entreprise. Les stations de métro « fantômes » constituent l’autre espace à investir selon elle. Fermées au public pour des raisons historiques ou commerciales, NKM souhaiterait en reconvertir six d’entre elles en lieu d’exposition, d’équipements sportifs ou de fête nocturne. Enfin, elle souhaite aussi mettre en place une carte de « privilèges pour tous » afin de casser le sentiment d’exclusion, élargir les horaires des bibliothèques et appliquer la gratuité à tous les musées au moins un jour par semaine.

Avec de tels projets, se pose naturellement la question du financement. La candidate évoque alors une possible sollicitation du secteur privé via une fondation culturelle avec un principe simple : un euro versé par le privé = un euro versé par la ville. Évidemment, Nathalie Kosciusko-Moriset est consciente que cela ne pourra se faire en un an, ni même en une mandature…

visuels © image à la une : Reuters Charles Platiau

© site officiel nkmparis.fr

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Hugo Saadi

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