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La ville des flux d’Olivier Mongin, L’envers et l’endroit de la mondialisation urbaine.

La ville des flux d’Olivier Mongin, L’envers et l’endroit de la mondialisation urbaine.

28 octobre 2013 | PAR Le Barbu

mongin-vignette-zÉditeur et essayiste, Olivier Mongin est directeur de publication de la revue Esprit et co-animateur de la revue Tous urbains. Il a enseigné à l’Ecole Nationale Supérieure du paysage de Versailles. Il a notamment publié La Condition urbaine et La ville à l’heure de la mondialisation.

La population urbaine est passée au cours du XX ème siècle de 220 millions à 2.8 milliards d’habitants. Désormais, plus de 50 % de la population du globe, c’est à dire au bas mots 3.5 milliards de personnes vivent en milieu urbain. En 2050, ce sera le cas de 70 %. Très concrètement : en une heure il y a 25 personnes de plus à Lagos, 50 à Delhi et 60 à Manille… Le continent africain, qui connaît un rythme annuel de croissance de la population de 3.5 %, s’urbanise plus vite que le reste du monde.

La mondialisation se déploie pour et par l’urbanisation. Elle est avant tout urbaine. Devenue un gigantesque accélérateur de trajectoires individuelles, soumises aux impératifs de la vitesse, la ville des flux perd progressivement son attache avec le territoire. Elle oscille ainsi entre friches urbaines des non-lieux que les flux contournent – les favelas de Rio ou Sao Paulo, les bidonvilles de Kinshasa et de Johannesburg – et le paroxysme de la communication des hyperlieux branchés sur les réseaux, où s’affichent les signes d’une modernité agressive et insolente. Y-a-t-il encore une place pour l’émergence de milieux qui cherchent à soumettre ces flux à l’exigence anthropologique de l’habiter, ainsi qu’à celle, politique, de l’agir ensemble – comme le symbolisent désormais la place Tahir du Caire ou la place Taksim d’Istanbul ?

Et c’est bien là le propos du livre, qui au-delà d’une étude précise et rigoureuse du milieu et du phénomène urbain, tente d’analyser la place de l’homme dans ce qui est devenu un concept, une abstraction de l’habitat, en totale rupture avec le vivre, voir le bien vivre.

Ce livre comporte trois parties pouvant être lues séparément. La première partie se focalise sur les ressorts majeurs de la mondialisation contemporaine, sur l’aspiration du local au global qui génère l’illusion d’un « pur virtuel » issu de la révolution technologique. La seconde partie tente d’examiner les différents scénarios de reconfigurations territoriales contemporaines visibles de l’hyperurbanisme moderne, ainsi que les moteurs d’une urbanisation à plusieurs vitesses qui fragmente et sépare. La troisième partie s’inquiète des milieux associant les différentes échelles et valorisant les différences de rythme entre le local et le global.

Ce livre, nourri de voyages, de rencontres et de lectures, est aussi issu de l’inquiétude de son auteur qui ne prétend pas nous proposer un ouvrage savant et académique, mais qui s’efforce avant tout de nous permettre de mieux voir et appréhender notre monde. Un monde dont la mondialisation urbaine est un révélateur impitoyable.

Tel est le paradoxe de la mondialisation : la globalisation qui concerne tout le Monde ne fait pas Monde commun.

« Il faut sortir de chez soi, éprouver le mouvement, emprunter un espace commun pour que le cycle des jours et des nuits se passe mieux. Rester enfermé chez soi empêche de dormir. Bien vivre dedans passe par le dehors. Comme s’il fallait tirer l’extérieur à l’intérieur, le commun dans le domaine privé »

La ville des flux d’Olivier Mongin, L’envers et l’endroit de la mondialisation urbaine, Editions Fayard, Parution: Septembre 2013, Prix: 26 euros

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Le Barbu
Le Barbu voit le jour à Avignon. Après une formation d'historien-épigraphiste il devient professeur d'histoire-géogaphie. Parallèlement il professionnalise sa passion pour la musique. Il est dj-producteur-organisateur et résident permanent du Batofar et de l'Alimentation Générale. Issu de la culture "Block Party Afro Américaine", Le Barbu, sous le pseudo de Mosca Verde, a retourné les dancefloors de nombreuses salles parisiennes, ainsi qu'en France et en Europe. Il est un des spécialistes français du Moombahton et de Globalbass. Actuellement il travaille sur un projet rock-folk avec sa compagne, et poursuit quelques travaux d'écriture. Il a rejoint la rédaction de TLC à l'automne 2012 en tant que chroniqueur musique-société-littérature.

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