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1500 tableaux confisqués par les nazis retrouvés à Munich

1500 tableaux confisqués par les nazis retrouvés à Munich

06 novembre 2013 | PAR La Rédaction


 

Un grand secret dévoilé après plus de 50 ans de silence: la découverte de 1500 œuvres confisquées pendant le IIIème Reich a été rendue publique le 4 novembre dernier. Paradoxalement il s’agit d’un trésor gardé par un homme d’origine juive,Cornelius Gurlitt, dont l’histoire est bien plus qu’originale.

Ce dimanche 3 novembre, la presse dévoilait un secret transmis de père en fils. Il s’agit de la découverte en 2011 de 1500 tableaux disparus dans les années 1930. La nouvelle a été rendue publique afin de faciliter l’identification des œuvres ainsi que leurs véritables héritiers.

Les soldats de Hitler, suivant ses ordres, avaient effectué pendant la dictature nazie un « nettoyage » des œuvres considérées par le régime comme de « l’art dégénéré ». Le dadaïsme, le surréalisme, le cubisme, l’art abstrait et toute forme d’art moderne étaient censurés et confisqués.Les pièces uniques étaient retirées du marché et des musées allemands par les nazis qui avaient la conviction que cette forme d’expression artistique corrompait la pureté de l’âme allemande.

Ceci n’est, néanmoins, que la pointe de l’iceberg. Celui qui avait pour ordre de recueillir ces œuvres « dégénérées », recruté par les nazis, était un homme d’origine juive : Hildebrand Gurlitt. Cette identité lui a d’ailleurs permis d’échapper aux représailles de l’après-guerre. Grand amateur d’art, il a défendu des avant-gardes pendant les années 1930, risquant ainsi la répression nazie. Néanmoins, dès 1933, il est devenu l’un des plus grands acheteurs du Führermuseum de Hitler, obtenant ainsi la confiance du régime. En plus de la mission de « nettoyage » qu’il accomplissait pour le III Reich, il s’est servi de ses compétences en matière d’art pour tirer profit de la terreur des juifs et est arrivé à obtenir des œuvres d’une valeur inestimable, grâce à des chantages: il garantissait une protection aux propriétaires des œuvres en les leur confisquant.

Une fois le régime tombé, Gurlitt a continué les affaires et réussi à garder les tableaux qu’il aurait dû revendre à l’étranger, après la confiscation, par ordre du Führer.
Après son décès, sa précieuse collection a été récupérée par son fils, Cornelius Gurlitt, qui l’a conservée jusqu’en 2011 aux côtés d’objets divers, dans son appartement de Munich
C’est, donc, en 2011 que les autorités allemandes ont commencé à se poser des questions sur le vieil homme sans document fiscal. L’explication: la vente occasionnelle des tableaux issus de la collection lui permettait de subvenir aisément à ses besoins. L’histoire finit avec un mandat de perquisition qui a permis aux autorités d’entrer dans l’appartement de l’héritier de Hildebrand Gurlitt et ainsi découvrir, cachés et mal conservés, 1500 tableaux dont un Picasso, un Matisse et un Chagall. Et les secrets de Cornelius Gurlitt ne sont pas tous dévoilés… Héritier d’une maison en Autriche, il pourrait éventuellement y cacher d’autres objets issus des pillages du régime d’Hitler.

Kim Baci.

photo : vue de Munich, image libre de droits

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