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Le Nice Jazz Festival sold out pour Stefano Di Battista, Ayo et Asaf Avidan

Le Nice Jazz Festival sold out pour Stefano Di Battista, Ayo et Asaf Avidan

17 juillet 2021 | PAR Yaël Hirsch

Ce Vendredi 16 juillet, Toute La Culture était Place Massena pour assister à l’avant-dernier soir de l’édition 2021 du Nice Jazz Festival. Avec une affiche extraordinaire – Stefano Di Battista, Ayo et Asaf Avidan – et des concerts allant de 20H à 1H, la soirée a été un bain de fête, de félicité et d’émotions. 

Un Festival scénographié pour tous les niçois

Le Nice Jazz Festival est donc concentré cette année Place Massena, juste à côté des 7 bouddha-bonbons de Jaume Plensa. C’est un plateau généreux, où l’espace se distribue merveilleusement entre l’entrée, les foodtrucks qui vous y accueillent, les  gradins bleus et beiges où chacun a une place assise et le grand couloir de circulation à droite. Ce dispositif permet non seulement de respecter les mesures sanitaires, de ne jamais se sentir pressé ou oppressé par la foule, mais aussi aux spectateurs à mobilité réduite de rouler très librement  et de plain pied vers une place où entendre le concert. Par ailleurs la musique irrigue sur l’ensemble de la place et aux alentours, si bien que même sans tickets vous pouvez vous installer aux abords de la grande enceinte. Et bien sûr TSF Jazz consacre un épisode au festival chaque soir. 

Sold out, pour le plus grand plaisir des artistes et des niçois

Les niçois sont au rendez-vous, ce vendredi 16 juin, avec toutes les places vendues et un sentiment très calme et épanouissant de fête et de joie d’être rassemblés pour écouter de la musique. Pour la plupart des artistes – notamment Ayo, très reconnaissante, et Asaf Avidan qui ne quitte plus la scène, multipliant les variations de sa voix si singulière – c’est la première fois qu’ils jouent devant une vraie foule depuis des mois et des mois. Leur émotion est palpable et leur envie de se donner pleinement également. 

Stefano Di Battista fait son cinéma élégant Place Massena

Et il fait encore jour à 20h, quand le saxophoniste romain Stefano Di Battista rend hommage à Ennio Morricone avec rien de moins qu’André Ceccarrelli à la batterie, Fred Nardin au piano, et Daniele Sorrentino à la contrebasse. Présenté avec joie en franco-italien irrésistible par Di Battista, le quatuor entonne les airs célèbres du maître des musiques de film, comme « Peur sur la Ville », la rythmée « Femme du dimanche » ou  le mélancolique « Deborah’s », thème de Il était une fois l’Amérique, mais l’on découvre également des pépites comme « Cosa avete fatto a Solange ? ». C’est élégant, c’est doux comme une caresse et c’est une bien belle entrée en matière dans une soirée riche en styles et émotion.  

Solaire  et généreuse Ayo

Toute d’or vêtue Ayo entre en scène, entourée de ses musiciens, le pianiste Gaël Rakotondrabe, le guitariste Freddy Koella, le batteur Denis Benarrosh et le bassiste Laurent Vernerey. Nous avions eu la chance de l’entendre au cœur de l’hiver et du confinement en tout petit comité au Club du Duc des Lombards (lire notre article) et avions découvert à cette occasion son album Royal. Ici, elle commence aussi par le hit de l’album, le merveilleux « Rest Assured » mais on la voit éclore, pousser sa voix extraordinaire vers de plus en plus de flow et de profondeur au fur et à mesure que le concert avance dans la nuit. C’est une étoile qui s’épanouit et qui nous parle beaucoup : de son confinement heureux en Haïti, où elle a surfé et écrit l’autre tube de l’album « Ocean », de ses vœux et sa vision paisible et douce de la vie aussi… Plus le concert avance et plus elle nous fait danser, Soul puis carrément Hip Hop, elle propose après une reprise du « Redemption Song » de Bob Marley ses chansons incontournables : « Down on my knees » qui ce soir est plus joyeux et énergique que suppliant, et « Rebel ». En final, elle se fait rappeuse et DJ de soirée – avec toute la puissance de sa voix et de sa guitare – et nous fait chanter « That thing » de Lauryn Hill. « Une autre, une autre », le public désormais tout entier arrivé en aurait demandé plus. Mais le temps est compté et nous avons rendez-vous avec un autre fiancé…

Asaf Avidan, l’écorché vif en final

C’est au tour du chanteur israélien à la voix si joliment perchée de monter sur scène. Lui aussi est vêtu d’un costume couleur d’étoiles, comme s’ils s’étaient passé le mot avec Ayo. Accompagné par Shelly Levy aux claviers, Yoav Arbel aux percussions et Adam Scheflan à la basse – qui jouent aussi les choristes. Il commence par le tube de son album Anagnorisis sorti l’an dernier, le très beau et mélancolique (et pop sans MC Solaar qui fait un featuring sur l’album!) « Lost Horses ». Multipliant les instruments (percussions, guitare, clavier) autour de sa voix qui semble exprimer mille nuances et mille expressions tentaculaires, Asaf Avidan propose avec ses musiciens un son et des cassures de rythme (qui permettent notamment d’approcher la pureté du a capella à temps sans se priver de beat ailleurs) d’une précision tout à fait impressionnante. L’émotion est forte, avec une déclinaison mélancolique qui mène, après une petite session piano solo, à la reprise spectaculaire de « One day » et puis à un peu plus de rythme pour finir sur la mélancolie noire qui est la signature de cet écorché. Il s’en excuse mais n’en a pas besoin : nous sommes tous conquis et bouleversés. 

Le public quitte calmement le Nice Jazz Festival à 1h du matin avec une soirée de clôture magique en perspective : Kyle Eastwood, The Amazing Keystone Big Band et Woodkid en clôture à 23h15… 

Visuels : Y.H.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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