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La voix bouleversante d’Ayo un soir au Club, au Duc des Lombards

La voix bouleversante d’Ayo un soir au Club, au Duc des Lombards

16 décembre 2020 | PAR Yaël Hirsch

Nous vous en parlions il y a dix jours, la série de concerts enregistrés en direct du Duc des Lombards pour TSF Jazz « Un soir au Club » se poursuit jusqu’à la fin de cette semaine. Toute La Culture y était et c’était exactement comme le titre du nouvel album de Ayo : Royal!

Privée de grande soirée annuelle, la chaîne de radio incontournable propose 15 concerts en direct de la part des artistes qui ont marqué 2020. Et ce mardi 15 décembre, jour du couvre-feu et de non reprise des activités culturelles, même en journée, c’était la chanteuse Ayo qui était sur scène « comme dans son salon », avec Gaël Rakotondrabé au piano et Samy Thiébault au saxophone.

Sourire immense, gilet de cuir folk et simplicité folle, Ayo (« joie » en Yoruba) a évidemment bien choisi son nom de scène et illuminé immédiatement cette première soirée de couvre-feu et de culture confinée. De mère Sinté d’Allemagne, et de père nigérian, la chanteuse s’exprime aussi bien en anglais qu’en français ce soir au club. Elle commence immédiatement par le début de son album de 2020, Royal (Wagram) avec lequel elle devait faire 4 dates en deux jours au Trianon début novembre. Dès les premières notes de « Rest assured », accompagné avec douceur par Gaël Rakotondrabé au piano et Samy Thiébault au saxophone, la magie opère et l’on se laisse totalement ravir par la voix de la chanteuse.

Dans son seul intermède parlé, Ayo présente en Français les deux autres musiciens et explique pour les auditeurs de TSF jazz la sensation de jouer dans un club presque vide. « Nous sommes tous réunis dans l’esprit », dit-elle. Avant de décréter qu’elle ne parlera plus et d’entonner le sublime « Beautiful ». A partir du lancinant et tragique « Throw it away », encore approfondi par un solo de saxo intemporel, la voix s’est totalement chauffée et il semble que plus rien : ne le temps, ni la fatigue ne pourra l’arrêter.

Ayo et Gaël Rakotondrabé passent en duo pour trois titres sombres et beaux : « Just like I can’t » et « Ocean ». Le jazz se mâtine doucement d’une couleur blues et même folk quand Ayo prend sa guitare. Avec chaleur et un charisme solaire, elle rappelle sur scène Samy Thiébault pour un morceau qui se voulait ultime, le titre éponyme et final de l’album « Royal ».

Nous avons la chair de poule et l’on nous annonce qu’il nous reste 15 minutes de concert et d’antenne : Qu’à cela ne tienne, Ayo ne peut pas se produire sur scène sans qu’on lui demande de jouer le tube qui a nous a tous bouleversés : « Down on my knees ». Avec ses deux complices, ils en offrent au public de TSF Jazz une version étendue et inédite qui se termine par des variations autour de « Ne me quitte pas » de Jacques Brel. Et, puis, juste à temps et comme un deuxième bis pour le public, on entend un titre ancien qui retentit comme un hymne en temps de confinement « Life is real ».

L’indépendance et la combattivité viennent ajouter à l’émotion et à la chaleur et l’on ressort de cette session live l’âme remplie d’énergie et de gratitude.

visuel : YH

L’agenda cinéma de la semaine du 16 décembre 2020
Le best of cinéma de 2020
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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