Cinema
Le best of cinéma de 2020

Le best of cinéma de 2020

16 décembre 2020 | PAR La Rédaction

Malgré le caractère haché, les sorties erratiques et repoussées, nous avons vu des bijoux au cinéma ou chez nous en cette année 2020 très perturbée. Nous espérons que vous pourrez en voir certains sur grand écran dès que les salles pourront rouvrir leurs portes.

Yaël Hirsch : Toujours difficile de choisir les films qui m’ont le plus marquée tout au long d’une année. Cette année peut-être plus que jamais ou pas mal de cinéma est passé par le petit écran et où j’ai plutôt envie de vous parler de ce que j’ai vu en salles. Le plus inattendu a été le biopic de Marie Curie par Marjane Satrapi, Radioactive, qui m’a laissée très émue et même en larmes. Une leçon de féminisme qui ne se voulait pas telle et qui m’a profondément touchée en une année où les rebondissements de l’Affaire Polanski et de #metoo ont remis bien des choses en cause. Du côté du documentaire, la forme exigeante et le sujet difficile de La Cravate m’a transportée. Enfin, alors qu’il me semble que j’ai volé une séance de ce film dans la salle du Majestic Passy vide à 11 heures du matin, Josep d’Aurel m’a emmenée dans une page douloureuse d’Histoire avec génie : un hommage au dessin et une leçon d’Histoire qui ne fait jamais cours ou morale en plein procès Charlie et entre deux confinements, c’est d’une puissance folle. Allez-y quand les salles rouvrent. 

Mahaut : Pour ma part, les films qui m’ont le plus marquée cette année ont été des films très différents les uns des autres et tous vus en salles lorsque je l’ai pu. D’abord, je dois le reconnaître, le dernier Pixar, En avant, sur la quête de deux frères pour retrouver leur père, que je dois avouer avoir vu deux fois au cinéma, m’a laissée, les deux fois, en larmes pendant tout le générique. J’ai aussi beaucoup apprécié le film de Taika Waititi, Jojo Rabbit, un film cette fois à exploser de rire, sur le sujet délicat des camps des jeunesses hitlériennes. Plus tard dans l’année, j’ai eu la chance de voir Invisible Man au cinéma, un film d’horreur sur un pervers narcissique. L’actrice Elisabeth Moss, connue pour son rôle dans la série La servante écarlate, y est éblouissante et effrayante de justesse. Enfin, je dirais que c’est le film Dark Waters, de Todd Haynes qui m’a le plus marquée ; un drame historique et écologique sur le procès fait à l’entreprise chimique DuPont, qui empoissonnait à petits feux tout l’État environnant. J’espère que 2021 sera à la hauteur de tous ces chef-d’œuvres !

Geoffrey : L’an 2020, ou une année remplie d’inattendu, avec des résultats pas terribles notamment. Je rends ici grâce à deux films, qui comptaient parmi mes quatre grandes attentes de l’année à venir à la fin 2019, d’avoir su m’éblouir comme je l’espérais : Jumbo, de la réalisatrice belge Zoé Wittock, subtile balade dans l’univers d’une jeune femme rêveuse qui se trouve sexuellement attirée par une attraction de fête foraine, et long-métrage tout en maîtrise discrète et en humanité cadrée avec justesse dans sa bizarrerie. Avec quatre interprètes magnifiques : Noémie Merlant, Emmanuelle Bercot, Bastien Bouillon, Sam Louwyck.  Et Malmkrog, du réalisateur roumain Cristi Puiu, majestueuse promenade dans une fin de siècle où des âmes devisent de philosophie et s’activent dans une grande demeure entourée de neige, au fil de trois heures vingt où tous les talents à l’œuvre sur le film s’unissent pour rendre la parole terrassante. Avec des interprètes magnifiques : Diana Sakalauskaité, Frédéric Schulz-Richard, Ugo Broussot, Agathe Bosch, Marina Palii, auxquels on ajoutera Istvan Téglas. Pour finir, une certaine éponge, très célèbre, a déçu mes attentes, elle. Mais elle, elle aura la possibilité de faire mieux la prochaine fois.

Quentin : Cela a été presque difficile pour moi de me remémorer les films qui ont pu me marquer lors de cette année si hachée. Je me rappelle être sorti en début d’année d’une salle de cinéma terriblement apaisé par Un Divan à Tunis de Manele Labidi. Une comédie où Golshifteh Farahani ouvre un cabinet psychiatrique chez elle dans la capitale tunisienne. Manele Labidi aborde les petits tracas et les névroses du pays avec fraîcheur et humour pour un film diablement agréable. Il était impossible pour moi de manquer The King of staten island, le teen-movie de Judd Apatow. Pete Davidson (SNL) et Bill Burr (humoriste de stand-up) livrent de superbes performances à l’américaine entre comédie et drame, tout en justesse. Judd Apatow sait réellement comment mettre en lumière l’éventail de talents de ses comédiens. En résulte un film feel-good remarquablement maîtrisé, une perle injustement sous-estimée. 2020 c’est aussi le retour de Guy Ritchie dans le registre où il est le meilleur. The Gentlemen ne révolutionne sans doute pas le genre, mais il faut reconnaître que le film est terriblement efficace. Matthew McConaughey, Charlie Hunnam, Hugh Grant, ou encore Colin Farrell pour ne citer qu’eux, composent superbement des rôles barrés comme seul Guy Ritchie sait en écrire. Le réalisateur s’amuse encore du spectateur avec des rebondissements et des trames narratives dans tous les sens. Le seul fil rouge du récit, la coolitude. Enfin comme lot de consolation avant la seconde fermeture des salles, j’ai eu la chance de prendre la claque d’Albert Dupontel. Adieu les cons prouve encore le génie du cinéaste français dans son registre burlesque et fantastique. Ce road movie aussi absurde que dramatique, brille sous tous ses aspects. L’écriture, la mise en scène, les prestations des comédiens, tout est simplement parfait. Adieu les cons devance de plusieurs longueurs le cinéma français.

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La Rédaction

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