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Le jazz suave d’Adrien Brandeis en direct du Duc des Lombards, un jeudi soir, à Paris

Le jazz suave d’Adrien Brandeis en direct du Duc des Lombards, un jeudi soir, à Paris

04 décembre 2020 | PAR Yaël Hirsch

Cette fin d’année 2020, depuis le cœur du deuxième confinement, le mythique Duc des Lombards accueille 15 concerts live qui mettent en avant les groupes qui ont sorti des disques remarquables en 2020. Ces concerts « Un soir au club » sont diffusés en direct sur TSF jazz en lieu et place du gala annuel You & The Night & The Music.

Ce jeudi 3 décembre, nous avons donc pu aller exercer notre métier de journaliste et entendre Meetings (Jazz Family/Socadisc), composé par le pianiste niçois Adrien Brandeis et qu’il interprète en quartet avec Damian Nueva (Contrebasse), Arnaud Dolmen (Batterie) et Inor Sotolongo (Percussions). Un voyage à la rencontre de nombreux influences dont Cuba.

Pour lire notre interview de Sébastien Vidal directeur des programmes de TSF Jazz et programmateur du Duc des Lombards où Adrien Brandeis et son quatuor ont déjà joué avec du public le 10 octobre, c’est ici.

On toque donc à la porte et entre dans la chaleureuse salle du Duc des Lombards. Nous sommes évidemment très peu nombreux, masqués et terriblement heureux d’entendre de la musique « live ». Sur la gauche TSF Jazz s’est installé pour commenter et diffuser en direct le concert. A 20h30 précise les quatre musiciens sont eux aussi galvanisés par ce geste simple : monter sur scène et jouer ensemble. Le set est très cadré et l’on suit avec grâce et facilité à travers les pistes de l’album, comme promis.

Entre chaque morceau, Adtien Brandeis donne le titre et explique ses influences. Evidemment il présente plusieurs fois ses camarades et leur connivence se ressent. Les explications sur le morceau inaugural, « Agonda » n’arrivent qu’après, et sur quelques mesures qui semblent commencer comme dans un piano-bar new-yorkais. Et puis, au fur et à mesure, c’est une explosion de couleurs, de douceur et d’harmonie qui nous mène en fait vers le village indien où le titre a été écrit. Cuba règne avec une joie de vivre communicative et des moments où l’on retient son souffle à entendre le duo Arnaud Dolmen/ Inor Sotolongo. « Cha cha Paris » nous fait voyager dans le temps, avec suavité sans qu’on n’oublie jamais l’influence des caraïbes. Avec un faux air de classique pour commencer, une piano majeur et volontiers plus expérimental, le joliment perché « Elixir » revisite des mélodies entêtantes et oscille entre l’enfance de « Jingle bells » et une romance sans paroles. Petit parenthèse magique où les cordes de Damian Nueva nous prennent à la gorge d’émotion. Et ensuite, le thermomètre grimpe pour trois plages tout à fait dansante : la syncope de « Not ready » fonctionne comme un oxymore et rend tout à fait prêt à faire la fête toute la nuit. Tandis que « Suave » nous emmène dans une salsa endiablée. Mais le titre qui nous ferait vraiment quitter nos tabourets pour lever les bras a été composé pendant le confinement et est un inédit qui apparaîtra probablement sur le troisième disque d’Adrien Brandeis: « Watchy Watchy ». Une soirée de musique live suivie par les auditeurs de TSF jazz et qui nous rappelle fort justement à quoi doit ressembler Paris, la nuit.

visuel : YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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