Musique

Jazz in Marciac : Rencontre avec Pierrick Pedron

Jazz in Marciac : Rencontre avec Pierrick Pedron

09 août 2011 | PAR Neil Saidi

A l’occasion de son passage à Marciac avec le trompettiste Roy Hargrove,  le contrebassiste Riccardo Del Fra,  le batteur Billy Hart et les élèves de l’orchestre du CRR de Toulouse autour d’un hommage à Chet Baker, le saxophoniste Pierrick Pedron répond à nos questions.

TLC : Pourquoi le saxophone ?

Pierrick Pedron : Je suis issu d’une famille de musiciens de bal en Bretagne. Comme ma sœur faisait déjà de l’accordéon, ma mère m’a proposé de faire un autre instrument, et c’était le sax, j’avais 6-7 ans. Par la suite j’ai joué dans des bals, dans des petits groupes, je jouais aussi un peu de guitare, et un jour j’ai découvert le jazz, vers l’âge de 15 ans. Je me suis dit que c’était la musique que je voulais faire parce que je voyais cette musique comme un moyen de s’exprimer pleinement avec un instrument. Depuis ce temps là je suis toujours là, et je continue de souffler dans mon sax.

Votre prochain album a été financé par vos fans pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Je voulais sortir un peu du quartet ou du quintet et j’avais une idée précise de ce que je voulais faire, un truc un peu à la façon des groupes pop des années 70, pouvoir rester dans un studio longtemps et prendre le temps. Etant donné que c’est un projet assez produit, dans tous les sens du terme, avec beaucoup de monde, ça coûte beaucoup d’argent. Avec les difficultés que l’on connaît actuellement, les producteurs et les labels indépendants n’ont plus d’argent pour financer des disques, ou alors très peu. Du coup quelques personnes, des fans si je puis dire, m’ont proposé de me soutenir, et l’aventure a commencée comme ça. J’ai pu grâce à eux enregistrer ce disque, qui sort fin septembre.

Qu’est-ce que vous pensez du mouvement de révolte initié par Laurent Coq ?

Laurent c’est le pianiste de mon groupe donc c’est quelqu’un que je connais bien. Dans cette affaire, il y a du mauvais et du bon. Je pense que Laurent est quelqu’un de courageux qui a quelques idées en tête et qui a voulu faire en sorte de se faire entendre. C’est vrai qu’il y a certaines choses qui deviennent difficiles et il est vraiment nécessaire d’en parler, notamment la question du financement des disques qu’on vient d’évoquer. On a plus que jamais besoin d’argent, il y a de plus en plus d’artistes et c’est un vrai problème. Après, en ce qui concerne le point de départ de la polémique, à savoir la politique du Duc des Lombards, je ne partage pas vraiment l’opinion de Laurent. Pour moi le Duc des Lombards est un club qui donne l’opportunité de jouer, et c’est un des rares clubs parisiens à pouvoir déclarer ses musiciens tous les soirs. En dehors de ça, c’est bien qu’il se passe quelque chose, si ça peut faire avancer les choses et donner l’occasion aux jeunes musiciens de jouer, de trouver des endroits, alors je suis pour. Je ne sais pas trop où ça va aller mais si ma petite signature peut contribuer à faire avancer la situation, tant mieux.

 

Pour en savoir plus sur cette « révolution du Jazzmin » initiée par Laurent Coq >>> http://toutelaculture.com/2011/08/pour-des-etats-generaux-du-jazz-2/

« Aux Deux Amis », un comptoir où vous retrouverez bientôt les vôtres !
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Neil Saidi

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