Musique

[Interview] : Tarrus Riley

17 avril 2012 | PAR Jerome Gros

Le 13 avril 2012, toutelaculture était en compagnie de Tarrus Riley dans les locaux de Mondomix, Parix-mix, pour une interview sur son dernier album, Mecoustic.

Tu as commencé dans les années 90. Ton premier album est sorti en 2004, et tu es aujourd’hui considéré comme l’une des plus belles voix du reggae contemporain. Ça a été dur de réussir ?

J’ai commencé en 96-97. J’ai d’abord enregistré avec mon père [Jimmy Riley, ndlr], grâce à son label « Loval Promotion ». Ensuite, je me suis tourné vers des styles plus durs, comme le Dancehall, j’ai chanté dans les soundsystems. C’est avec le premier album que s’est opérée la transition et que je me suis tourné vers un style plus chanté. Mais bien sûr, ça a été dur, rien ne se gagne facilement. J’ai beaucoup pratiqué. Après, ça dépend de ce qu’on appelle « réussir ». En tout cas, tous les jours j’essaie de donner le meilleur de Tarrus Riley. Il y a eu des mésaventures, mais pour moi le plus important c’est de regarder où je vais.

… et de faire passer un message…

Oui. Beaucoup de gens sont stressés, nerveux. J’essaie de les calmer avec ma musique. Ma mère est infirmière, mon père est chanteur. C’est pourquoi je considère ma musique comme une « musique guérissante ». Elle réconforte ceux qui sont de mauvaise humeur, et même si elle n’y parvient pas, alors elle les fait réfléchir.

Quelles sont tes influences ?

Je m’influence de tout. Tout m’influence. Les gens, l’Histoire, la nature. Tous les styles musicaux. La Bible. Chaque jour je suis influencé par plein de choses. Je suis tout le temps influencé, mais pas facilement influençable… (rires).

Ton dernier album sort le 17 avril prochain. Il est très different de ce que tu as fait jusqu’ici [des chansons sur riddims puissants, ndlr]. Pourquoi avoir changé ta manière de faire ?

Je n’ai pas changé, mais c’est un autre style que je propose. On peut m’entendre faire différentes choses, partir dans différentes directions. Chaque jour où je ne surprends pas en tant qu’artiste est un mauvais jour. Cet album est plus personnel, plus intime, plus doux. Je propose des morceaux que les gens n’avaient pas forcément l’habitude d’entendre.

Combien de temps a-t-il fallu pour créer cet album ?

Il a fallu environ 6 mois, mais c’est de ma faute. On aurait pu finir bien plus tôt mais j’ai été vraiment occupé. On a tout enregistré ensemble, avec les musiciens.

Avec qui as-tu travaillé pour Mecoustic ?

J’ai travaillé avec mon père, bien sûr. Et avec Dean Fraser, c’est notre projet commun. J’ai également travaillé avec Cherry Natural et Soulbeats, en France, pour la distribution.

Tu as repris “Black Mother Pray”, un titre de ton père, qui chante aussi sur la reprise. Pourquoi ?

C’est l’une de mes chansons préférées. J’ai grandi en écoutant ce morceau. La génération de mon père a eu le chance d’écouter ce morceau, je voulais que ma génération et les plus jeunes aient aussi cette chance.

Quelle est la place de ton père dans ta musique ?

C’est mon père ! Il m’encourage, il m’aide. Mais on est plus comme des amis que père et fils. il est le premier à m’avoir emmené dans un studio. Quand j’étais petit, je voulais être comme lui (tout jeune veut être comme son père), avant de me dire que je voulais tracer ma propre route. C’est pourquoi je me suis mis au Dancehall. Finalement, je me suis mis à chanter, comme mon père.

Quel est le message de cet album ?

Chaque morceau transmet un message différent. « Paradise » prouve mon amour envers la Jamaïque, le plus bel endroit du monde. « Eyesight » explique que Rastafari guide mes pas. “Whispers” est un cri d’alerte, “Pick up the Pieces” est une chanson d’amour… Mais toutes les chansons, comme toute ma musique, portent un message commun : tu dois t’aimer toi-même (ton pays, ta culture, …).

Quelle est la place des croyances rastafariennes dans ta musique ?

Chaque être humain a besoin d’être guidé, d’avoir des fondations sur lesquelles s’appuyer. Rastafari est l’huile de mon moteur.

Avec qui aimerais-tu travailler ?

Je suis prêt à bosser avec n’importe qui, du moment qu’on fait de la bonne musique. Je suis ouvert.

Quels sont tes projets pour le futur ?

La tournée commence la semaine prochaine. 25 dates en 28 jours, donc on s’y prépare. On travaille aussi avec Dean sur un album style Lover’s Rock, mais je ne peux pas en dire plus…

Le label : www.soulbeats.fr

La promo : www.accent-presse.com

Les Dates européennes de la tournée :

17 avril : La Rochelle, La Sirene, France

18 avril : Paris, Cabaret Sauvage, France

19 avril : Rouen, le 106, France

20 avril : Munster, Germany

21 avril : Anvers, Petrol, Belgium

22 avril : Strasbourg, Zénith, festival Les Artefacts, France

23 avril : Berlin, Festsaal Kreuzberg, Germany

24 avril : Malmo. KB. Sweden

25 avril : Rotterdam, Off Corso, Netherlands

26 avril : Amsterdam, Melkweg, Netherlands

27 avril : Bourges, Printemps de Bourges, France

28 avril : Toulon, Omega Live, France

29 avril : Marseille, Espace Julien, France

30 avril : Cergy, l’observatoire, France

2 mai : Lyon, Rail Theatre, France

3 mai : Lausanne, D club, Switzerland

4 mai : Lyss, Kufa, Switzerland

5 mai : Zurich, Rote Fabrik, Switzerland

9 mai : Freiburg, Germany

10 mai : Roma, Branca Leone, Italy

11 mai : Milano, Live Club, Italy

12 mai : Besançon, La Rodia, France

13 mai : Lille, Aeronef, France

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Jerome Gros

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