Musique

Interview en direct du Caprices festival : Caravan Palace

14 avril 2012 | PAR Yaël Hirsch

Les jeunes as de l’électro-swing connaissent un succès formidable avec leur nouvel album « Panic ». Après 3 jours à guichets fermés au Trianon de Paris (voir notre live-report),  ils sont au début d’une grande tournée à travers les festivals d’été. En backstage du chapiteau, rencontre avec Hugues (alias Hugo) et Charles, ravis d’être en Suisse ils sont toujours très bien accueillis.

Quelle différence y’ a-t-il pour vous entre un festival populaire et festif comme le Caprices et des évènements électro plus pointus?

Hugo : Cela me fait tout particulièrement plaisir d’être à Crans-Montana, sur scène pour la première fois. Je suis venu skier ici pendant dix ans e j’adore les pistes. J’aurais adoré voir l’espace Modernity là-haut, malheureusement nous devons repartir vite après le concert.

Charles : En règle générale, nous adorons la Suisse, sommes ravis d’être à Crans et attendons avec impatience le Paléo où nous nous sommes éclatés l’an dernier. Qu’il s’agisse d’un festival pop ou jazz, dans un festival, on joue toujours de la même manière pour rendre heureux les gens qui ont le désir de s’amuser et savent laisser les petits soucis du travail de côté. En club, le public sort généralement directement du travail et les concerts sont très différents.

Une de vos principales inspirations est donc le swing des années 1940. Est-ce simplement le son de ce passé qui vous intéresse ou est-ce que restituer le son de ce passé représente quelque-chose de particulier à vous yeux?

Hugo : C’est vraiment le swing, le son de ces années-là qui nous touche. Il n’y a pas de nostalgie dans notre musique. Nous sommes bien dans notre époque.

En dehors du personnage incarné par votre chanteuse, Colotis Zoé, vous sentez-vous proche de l’univers du burlesque. Est-ce que la liberté et le rétro du mouvement vous inspirent quand vous composez ?

Hugo : Sur scène, c’est important que Zoe s’invente un personnage. Elle vient de l’univers du cabaret, elle aime les costumes, jouer avec le public; sortir de scène, revenir complétement transformée…. Nous on reste les mêmes du début à la fin, on est juste un peu plus mouillés. Quand on compose, ce sont vraiment les sons, le swing qui nous intéressent, pas vraiment l’univers visuel ou vestimentaire qui va avec.

Charles : Pour nos clips, le rétro c’est important, mais on est bien plus Cab Calloway (voir la vidéo ci-dessous) que le film « Tournée » d’Amalric.

Quelles sont les grandes figures du swing qui vous ont marquées et pour nos lecteurs qui connaîtraient mal cet univers musical, quelle porte d’entrée conseilleriez-vous?

Hugo : Duke Ellignton:

Charles : Ah bon, Duke Ellington, pas Django Reinhardt?

Hugo : (A Charles) : Bien sur Django, mais pour moi, c’est venu après.  (A TLC) : Ta question est bonne, mais on a tellement écouté cette musique qu’on pourrait t’en citer des dizaines et des dizaines, certains qui n’ont fait que deux ou trois disques, parfois complétement géniaux et oubliés.

Et si vous pouviez travailler avec LE  musicien ou LA musicienne contemporaine de votre choix, même le ou la plus inaccessible, qui choisiriez-vous ?

Charles et Hugo d’une seule voix (et le numéro n’a pas été répété) : On ne serait pas contre le fait que Daft punk nous propose quelque chose!

Vous entamez une très longue tournée. Comment vous préparez-vous physiquement à un tel effort et y’a-t-il des dates que vous attendez avec vraiment beaucoup d’impatience ?

Charles : En dehors du Paléo, on a évidemment hâte d’aller aux Franco, super festival avec un public fou ! Fin août, il y aura aussi Rock en Seine.

Hugo : Et pour la partie physique, ce n’est évidemment pas facile tous les soirs. Si vous veniez certains soirs de fin de tournée en backstage avant un concert, certains soirs, vous risqueriez de nous trouver un peu fatigués. Mais là on sort d’un an et demie de pause et on est très en forme…

Charles : Et puis tout dépend de la réaction du public. On a la chance de ne jamais faire de mauvais concerts, mais pour ceux à qui ça arrive sans l’adrénaline des applaudissements, cela doit être quasiment impossible de tenir une tournée.

Hugo : Oui, c’est fatigant mais c’est fantastique et on le fait à chaque fois avec plaisir et surtout sans rien prendre, ce serait dangereux et sur le long cours complétement contre-productif.

En sortant de cette jolie interview, nous avons croisé un autre membre du groupe, Antoine. Le jeune-homme jouait avec une superbe voiture… téléguidée montant jusqu’à 0 km/h. A priori pour faire baisser la tension les musiciens font des batailles avec leurs deux bolides. Un autre signe de l’inventivité et de l’éternelle jeunesse du groupe electro-swing.

(Propos recueillis avec la complicité et la mémoire d’Olivia Leboyer).

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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