Musique

Interview du pianiste jazz Omer Klein

Interview du pianiste jazz Omer Klein

10 août 2011 | PAR La Rédaction

A l’occasion de son passage à Paris avec son trio au Duc des Lombards, le 5 septembre prochain, pour jouer le répertoire de son dernier album « Rockets on the Balcony », Omer Klein a répondu à nos questions. Rencontre avec une étoile montante du jazz.

Klein et l’un des pianistes les plus remarquables de la nouvelle génération du jazz israélien. Avec d’autres pianistes tels que Shai Maestro ou Omri Mor, il réussit à créer un nouveau style pianistique de jazz. Ce style est fondé sur une connaissance profonde du jazz américain mais combine un son qui contient des éléments de musique folklorique israélienne, de pop israélienne moderne et de musique arabe et magrébine.

Né en 1982, Omer Klein a commencé à étudier le piano à l’âge de 7 ans : « J’ai passé toute mon enfance à Netanya, une ville sur la côte méditerranéenne, entre Tel-Aviv et Haïfa. J’imagine que certains lecteurs connaissent cette ville, étant donné que des touristes français se rendent souvent à Netanya. Je les ai rencontrés à plusieurs reprises dans mon enfance, notamment en été. En fait, j’ai été éduqué comme tout enfant de mon âge, jouant au football et au basketball, mais j’ai toujours eu un rapport fort avec la musique. J’ai commencé à apprendre le piano, ensuite j’ai étudié la guitare puis la guitare basse. Aujourd’hui, je me régale en jouant de la batterie. »

A l’âge de 16 ans, il débute ses études de jazz au lycée Thelma-Yelline, un lycée d’art prestigieux en Israël, situé à Givataïm, à coté de Tel-Aviv (d’où sort la majorité des grands talents israéliens tels Shai maestro, Gilad Exelman, Omer Avital, Roman Rabinovitch et bien d’autres…). « On peut dire que l’expérience que j’ai vécue à Thelma-Yelline a clos ma période provinciale et m’a donné l’occasion d’entamer mon époque « grande ville ». J’ai eu l’occasion de rencontrer beaucoup de jeunes musiciens et artistes. J’ai coopéré avec d’excellents musiciens et suis, petit à petit, devenu professionnel. J’avais seize ans lors de ma première vraie expérience professionnelle. »

Puis, en 2005, comme la vie de chaque jazzman l’exige : destination USA : « J’ai tout d’abord habité Boston et étudié au « New England Conservatory » avec des professeurs de renommée internationale tels Danilo Perez, (le vainqueur du Prix Grammy) et bien d’autres. Je suis ensuite allé à New York, le paradis du Jazz… C’est là que les choses ont vraiment commencé et où j’ai pu réaliser certains de mes rêves. J’ai publié mes trois premiers albums (depuis 2007 Klein a déjà sorti 4 albums: Duet en 2007, Introducing Omer Klein en 2008, un album solo intitulé Heart Beats en 2009, et Rockets on the Balcony en 2010, son premier album avec le label Tzadik de John Zorne. ndlr); j’ai donné de nombreux concerts à New York et à travers les USA, comme, par exemple, au Blue Note Jazz Club. J’ai aimé vivre aux Etats-Unis mais je ne me voyais pas m’y installer à vie. Le rythme intense de vie a représenté un réel défi pour moi. Toutefois, les moments que j’y ai passés furent très heureux. »

En 2009 Klein déménage en Allemagne :  » Je suis parti pour Düsseldorf. La raison était que ma femme, Alma Sadé – brillante soprano – a commencé à y chanter à l’Opéra. Depuis, j’ai beaucoup apprécié la richesse de la vie musicale en Europe où je me suis souvent produit et j’ai pu ainsi m’adresser à de nouveaux auditeurs ».

 

Êtes vous heureux de jouer à Paris en septembre prochain?
Je me réjouis de l’occasion qui m’est offerte de me produire à Paris, au Duc des Lombards et apprécie grandement la relation qu’entretient cette ville avec le jazz. J’adore la culture française… Flaubert, Camus, Debussy, Ravel et Poulenc sont, en quelque sorte, mes héros culturels.

Quelles sont vos influences musicales ? Pour ma part, j’y ai reconnu des éléments sépharades ?
« Depuis mon enfance, je n’ai cessé d’écouter différents styles de musique. Actuellement, j’irais plutôt vers le jazz classique, de Art Tatum à Duke Ellington, de Bud Powell et Thelonious Monk à Bill Evans, Sonny Clark, Mal Waldron, de Herbie Hancock et Chick Corea à Keith Jarrett etc. Pour répondre de manière plus générale, je dirais que je m’inspire de la musique classique, du jazz, du rock, de la musique folklorique de différents pays dans le monde. Il va sans dire que quelques unes de mes plus grandes inspirations ne proviennent pas de la musique elle-même. Et en ce qui concerne l’influence sépharade, mes grands-parents maternels sont des Juifs nord-africains, qui sont venus en Israël de Tunisie et de Libye. Je ne peux pas vous dire que c’était le style de musique que l’on écoutait à la maison, mais le peu de fois où je suis allé avec eux à la synagogue de la communauté libyenne à Netanya, j’ai entendu des mélodies qui m’ont retourné. Elles étaient très simples mais en même temps pleines de magie et assez mystérieuses. J’ai ressenti que cette musique m’appartenait, ou bien, que c’était moi qui lui appartenait. J’ai étudié quelques unes de ces mélodies et j’ai le sentiment qu’elles continuent à m’habiter jusqu’à aujourd’hui. »

Quels sont vos artistes favoris ?
« J’en reviens toujours à Bach en tant que pianiste, et aux Beatles en tant qu’auditeur. »

Vous considérez-vous comme un musicien israélien ?
« Bon, je suis un artiste et je suis israélien, donc j’imagine qu’on pourrait dire que je suis un artiste israélien, je n’y ai pas d’objection, mais pour moi la musique est toujours universelle et je n’essaye pas de la mettre dans des cases. J’aspire à ce que ma musique soit belle, intense, profonde et excitante. »

 

 

Doria Ben-Bassat

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