Musique

[Interview] : Groundation

28 mars 2012 | PAR Jerome Gros

Le dernier album de Groundation, Building an Ark, est sorti le 20 mars dernier. Pour l’occasion, Harrison Stafford, le chanteur, et Marcus Urani, le claviériste, étaient à Paris. Toutelaculture a eu la chance de les rencontrer dans les locaux de Mondomix- Paris Mix. Interview.

Comment s’est formé le groupe ?

Marcus Urani : On étudiait tous le Jazz à l’université de Sonoma. Le bassiste et moi jouions déjà avant avec différents groupes (du jazz, du hip-hop…). Puis j’ai rencontré Harrison. On a tout de suite su qu’il se passait quelque chose, on a commencé très vite.

Vous avez étudié le Jazz. Pourquoi avoir choisi la musique reggae ?

Marcus Urani : On connaissait tous le jazz. On avait besoin de chercher quelque chose qu’on ne connaissait pas vraiment. Harrison s’était déjà rapproché de cette culture grâce à ses voyages. Le reggae est une musique extraordinaire qui véhicule un réel message.

Vous avez rencontré les “elders” Jamaicans (les chanteurs de reggae
roots des années 60-70). Qu’avez-vous ressenti ?

Harrison Stafford : Chacun d’entre eux est différent. Nous avons rencontré Ras Michael par l’intermédiaire de son frère,  Allen « Rocky » Bailey. Il nous a beaucoup appris, c’est une des figures incontournables du reggae. On a aussi travaillé avec Don Carlos, Apple Gabriel, Cédric Myton. Pour nous, qui avons 35 ans de moins qu’eux, c’était impressionnant. Les voir si forts,
démontrer autant d’énergie. C’était incroyable. La musique est un combat plus long qu’une vie. Elle peut changer les gens et le monde. Nous avons énormément appris de ces elders, ils ont un autre regard sur la société. On aurait aimé pouvoir rencontrer Joseph Hill (décédé en 2006, ndlr).

Pourquoi avoir appelé cet album “Building an ark” ? Quel est le message que vous voulez faire passer ?

Harrison Stafford : Nous construisons une arche pour préserver et protéger les gens, les réunir autour de la musique. Une arche pour conserver les énergies positives. On avait tout d’abord ce petit morceau de chanson, « I’m building an ark tonight ». On a tout de suite su que ce serait le titre de l’album. La chanson est venue naturellement.

Le premier clip est sorti le 13 mars.  Pouvez-vous m’en dire plus ?

Harrison Stafford : Le message de « Humility », c’est que la beauté de la vie vient de nous tous, on ne doit pas être égoïste. Soutenir ses frères et ses sœurs, c’est comme se soutenir soi-même. Il faut que chacun vive humblement, c’est ainsi que l’on construira une société pacifique.

Marcus Urani : Roger Landon Hall, un ami de Harrison, est venu nous voir avec un story board. Nous avons tout de suite apprécié, ça représentait bien la chanson. (Le clip, en fin d’article, ndlr).

Comme dans chaque album, il y a beaucoup d’influences. Mais là, elles sont plus marquées. On sent la différence. L’introduction est très spéciale (La voix de Harrison Stafford, sa guitare et le piano de Marcus Urani, ndlr). Pourquoi avoir décidé de marquer un tournant maintenant ?

Harrison Stafford : Tout arrive au bon moment.Quand on regarde la construction de l’album, l’intro et l’outro sont spéciales. C’est Marcus et moi, exprimant différentes idées. On improvise, on cherche.

Parlons de cet outro, “Sunlight Reflections”. En moins d’une minute vous avez réussi à construire une chanson très forte, et pourtant très simple.

Marcus Urani : Harrison et moi aimons beaucoup jouer en acoustique. On est plus libres de s’exprimer et d’explorer. On a beaucoup voyagé, on doit faire partager ce qu’on a appris. Notre perception de la vie a changé. Nous l’exprimons à travers la musique.

Harrison Stafford : On essaie de surprendre les gens. La première phrase, « What if this great light that shines down upon me is but the sunlight reflections on the moon » est universelle. Tout le monde a cherché un jour cette énergie, cet esprit. On nous a dit que cette chanson était pessimiste. Elle ne l’est pas, elle est simplement réaliste. Si notre histoire n’était construite qu’autour de la lutte entre les plus faibles et les plus forts, nous devrions tous nous inquiéter. Comme le dit l’introduction de l’album, nous devrions faire ce qui nous semble juste. La guerre n’a jamais apporté de bonnes choses. Chacun doit mener un combat individuel contre sa propre vanité.

Comment avez-vous construit cet album ?

Marcus Urani : On a tout enregistré en analogique. C’est plus dur, plus cher, mais beaucoup plus
authentique. On a travaillé avec Jim Fox, un ingénieur du son très talentueux. Chaque chanson a été construite différemment. Elles viennent d’elles-mêmes. Les musiciens s’expriment beaucoup plus sur cet album. Tous les membres du groupe ont quelque chose à dire, et ils ont le talent pour.

Pourquoi avoir représenté une conque sur la couverture de l’album ?

Harrison Stafford : Dans les sociétés insulaires, on utilisait la conque pour appeler le peuple à
se réunir. Ça me fait penser aux trompettes de Jéricho. Ce coquillage représente aussi le temps. Parce qu’il faut plus d’une vie pour qu’un coquillage se forme. Enfin, il est aussi pour moi le premier, le plus vieux refuge des êtres vivants.

Harrison, quelle est la place de la foi dans votre musique ?

Harrison Stafford : Pour moi, il est important d’avoir la foi. Peu importe la religion. Il faut avoir la foi en soi et en les autres. Sans elle on ne peut avancer. Mais la musique est définitivement le plus important. Elle soigne les blessures et libère l’âme. Elle rassemble les peuples.

Avez-vous des projets pour le futur ?

Marcus Urani : On a beaucoup de projets, mais on ne peut pas en parler. Cet album était génial, on ne veut pas trop se projeter. On n’a pas fait assez de communication sur le dernier album, on se rattrape avec celui-ci. Pas pour l’argent, mais parce qu’on croie en ce qu’on fait, ce qu’on dit. On veut que les gens écoutent cet album. On a une tournée qui nous attend. (Les dates en fin d’article, ndlr).

Aimeriez-vous travailler avec des artistes précis ?

Marcus Urani : On ne peut pas vous dire… ce serait révéler des choses…

Harrison Stafford : On peut toujours rêver. Travailler avec Stevie Wonder, ce serait génial.

Harrison & Marcus : Don Carlos est quelqu’un d’exceptionnel, on retravaillera certainement avec lui, on y pense depuis des années. C’est difficile de trouver le temps. Si seulement on avait une année entière à consacrer à la création…

Le label : www.soulbeats.fr
La tournée : www.musicaction.fr

La promo :
www.parismix.fr
www.mondomix.com
www.accent-presse.com

Tournée 2012, les dates européennes :

19 avril : Istres, l’Usine

20 avril : Gap, le Quattro

21 avril : Limoges, John Lennon.

22 avril : Strasbourg, le Zénith. (festival des Artefacts)

24 avril : Anvers, De Roma (Belgique)

25 avril : Bruxelles, Ancienne Belgique (Belgique)

26 avril : Rouen, Zénith

27 avril : Bourges, le Phoenix

28 avril : Lorient, festival Yakayalé

30 avril : Ultrecht, Tivoly (Pays-Bas)

2 mai : Stuttgart, Universum (Allemagne)

3 mai : Hambourg, Fabrik (Allemagne)

4 mai : Berlin, C-club (Allemagne)

5 mai : Luxembourg, Rockhall (Luxembourg)

7 mai : Montelimar, festival Zigoto Prod

8 mai : Paris, le Trianon

9 mai : Cergy Pontoise, l’Observatoire

11 mai : Caen, le Cargo

12 mai : Niort, Parc Expo
13 mai : La Rochelle, La Sirène

La Sainte Anne se refait une beauté au Louvre
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Jerome Gros

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