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Interview à Rodolphe Menguy, jeune espoir du piano

Interview à Rodolphe Menguy, jeune espoir du piano

28 mai 2020 | PAR Victoria Okada

Né en 1997, Rodolphe Menguy est l’un des représentants des jeunes talents français du piano. Actuellement en dernière année au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, il y étudie dans la classe de Denis Pascal. Il a également obtenu un DEM (Diplôme d’Etude Musical) d’orchestration au CRR de Boulogne-Billancourt. Il a fait partie de la Promotion Vivaldi (2018-2019) au sein de l’Académie Philippe Jaroussky et des Révélations classiques de l’ADAMI 2018. Mais déjà en 2010, il a participé à la série de concerts télévisés sur France 3 à l’occasion du bicentenaire de la naissance de Chopin. Il a suivi et continue de suivre des master-class auprès de Hortense Cartier-Bresson, Michel Beroff, Bruno Rigutto… Nos lecteurs se souviennent probablement que ce dernier a cité son nom lors de notre entretien. Dans notre interview, il nous raconte son parcours, mais également comment il a vécu le confinement en tant que jeune musicien à l’aube d’une carrière.

Comment avez-vous commencé la musique et qu’est-ce qui vous a décidé à choisir ce métier?
J’ai commencé la musique quand j’étais tout petit, vers trois ou quatre ans, étant donné que mon père est professeur de piano. Ainsi, la musique était toujours présente à la maison, cela a été quelque chose de très naturel. Pour devenir musicien, il n’y a pas eu d’éléments déclencheurs, je ne me suis jamais posé la question ; J’ai toujours pensé ma vie autour du piano et de la musique. Cela a toujours été une évidence pour moi.

Quelles rencontres déterminantes citerez-vous dans votre vie musicale ?
La rencontre la plus déterminante pour l’instant c’est celle avec Denis Pascal, mon professeur de piano actuel au Conservatoire National Supérieur de Paris. Il m’a énormément apporté et continue de m’apporter beaucoup. J’ai une chance incroyable de l’avoir rencontré et de pouvoir travailler avec lui. Il me guide, il accompagne mon parcours.
J’ai une immense chance de pouvoir jouer en musique de chambre avec des musiciens extrêmement talentueux au gré de mes rencontres. Ainsi, je ne pense pas à une seule « rencontre déterminante », mais c’est un ensemble de rencontres qui constituent une émulation particulière. 

Rodolphe Menguy après son concert à la Folle Journée de Nantes © V.O.


En février dernier, vous avez participé pour la première fois à la folle journée de Nantes. Qu’est-ce que vous avez retenu de cette folie ?
Que c’est fou! (rire) c’est très impressionnant comme événement, d’autant que je ne suis jamais venu, même si j’ai déjà regardé des concerts à la télévision. Il y a tellement d’artistes incroyables et une densité de concerts originaux… J’ai envie de tout écouter ! Mais la journée a passé si vite que je n’ai pas pu en profiter autant que je voulais.

Depuis la mi-mars, tout est suspendu et le secteur cultuel est frappé de plein fouet. En tant que jeune musicien, comment vivez-vous cette situation sans précédent ?
Comme pour tout le monde, cela a été très soudain. Pendant le début du confinement je devais jongler entre le fait de continuer à travailler certains programmes et l’envie de nouveauté, ne sachant pas encore quels concerts ou concours seraient annulés. C’était une sensation étrange de devoir se projeter alors que tout était complètement incertain… Il a également fallu que j’apprenne à travailler de nouveau chez moi, en temps normal je passe la majeure partie de mon temps au Conservatoire. Depuis, le fait de lire de nouvelles musiques, me plonger dans un nouveau travail m’a fait beaucoup de bien ! J’étais aussi en contact avec mes professeurs à qui je continuais d’envoyer des vidéos. Cela ne remplace évidemment pas un vrai cours, mais garder cette continuité et leur présence était très important pour moi, d’autant plus que je suis en dernière année au Conservatoire. Le confinement a tout de même eu des notes positives pour moi, j’ai pu réapprendre à organiser mon temps, étrangement je me sens également plus serein. J’ai pu rattraper la montagne de films en retard que je devais voir, et même trouvé un nouvel appartement !

Avez-vous des projets à court terme ? Un disque par exemple ? 
Je n’ai pas encore de projet de disque. En fait, le CD, c’est une chose qui m’effraie un peu, le fait de graver quelque chose pour la première fois. Mais en même temps, je trouve cela bien excitant… 

Après le déconfinement total, que ferez-vous ?
Il me tarde de pouvoir faire à nouveau de la musique avec mes amis, sortir au cinéma, concert, théâtre, profiter de l’été en plein air, retrouver une certaine insouciance… J’aimerais rencontrer des musiciens que j’admire et jouer avec eux… En bref pouvoir retrouver une vie normale et faire de la musique !

Photo © Florent Drillon – Adami

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