Electro
Interview d’un DJ : Cabanne

Interview d’un DJ : Cabanne

25 novembre 2013 | PAR Bastien Stisi

En partenariat avec le Showcase, Toute La Culture interviewe tous les mois un DJ sur le point de se présenter sur les platines de l’immense club du pont Alexandre III. Focus cette semaine sur le parcours de Cabanne, fondateur du label Minibar et porteur d’une discographie faite de plus de soixante-dix vinyles…

Si tu devais rédiger ta propre notice Wikipédia, qu’est-ce que tu écrirais ?

Cabanne : Je pense que je paierais quelqu’un pour le faire ! Blague à part, c’est assez dur de se décrire soi-même, mais je crois que si je devais vraiment le faire, je mettrais en avant ma discographie (soixante-dix vinyles, entre releases, collaborations et morceaux directement signés par mon nom), avec un petit to be continued à la fin

Peux-tu nous parler du label Minibar, que tu as fondé ?

Cabanne : Après mon départ du label Telegraph (que j’avais fondé en 1999 avec les gens de Logistic Records), j’ai monté Minibar avec N’Eric en 2006 (ndlr : en train de jouer sur la scène du Showcase au moment où nous parlons) afin de trouver un support pour continuer la musique que je faisais sur Telegraph, et qui n’était alors pas tellement représentée en France.

Cette musique, justement, comment la qualifierais-tu ? Compliqué de faire le tri entre la minimale, la tech-house, le bruitisme…

Cabanne : J’avais trouvé un qualificatif marrant pour décrire notre son : « Stripped Down House Music for Gentlemen ». Un terme qui met en avant le côté « musique de bonne compagnie », et qui insiste sur le fait que ce n’est pas du son bête et méchant… Après, c’est vrai que c’est compliqué de donner un qualificatif définitif : chez Minibar, on est parfois proche d’une techno assez lente, d’une house débridée, d’une vraie minimale, et même de sons inspirés par ce que faisait Matthew Herbert et ses expériences minimales et bruitistes.

Peux-tu nous parler de la résidence que tu occupes à la Concrete, qui propose au public parisien la possibilité de clubber le dimanche en pleine journée ?

Cabanne : C’est l’un des endroits dans Paris dans lesquels il est le plus agréable de jouer, principalement parce qu’il n’y a pas de coupure entre le public et les artistes. Les gens sont autour de toi et au même niveau, il n’y a pas d’espace VIP derrière, c’est idéal ! Ça fait deux ans que la Concrete a vraiment reboosté la nuit parisienne, et que tout se passe bien mieux à Paris. Aujourd’hui, ce sont des journées de clubbing le dimanche, mais à partir de 2014, ils vont aussi commencer à faire les nuits.

À tes yeux, c’est plus compliqué de mixer la nuit ou le jour ?

Cabanne : Étant donné que je suis focalisé sur cinquante centimètres autour de moi et que je ne vois pas les gens qui m’entourent, c’est un peu pareil pour moi ! Je ressens leur énergie et la manière dont ils se sentent, mais vraiment, je ne vois rien, même si le comportement du public placé juste devant moi aura forcément une incidence…

Tu as donc plutôt tendance à adapter tes sets aux réactions du public ?

Cabanne : Tout est adapté, oui : je ne sais jamais quel disque je vais jouer après celui qui est sur la platine. Les mixes que je fais sont donc assez inconscients. Je peux me dire à la base : « dans trois disques je vais mixer celui-là », et finalement ne pas le mettre du tout dans la soirée.

Tu disais il y a un moment (sur Rue 89 Culture je crois) que Paris était en train de devenir le nouveau Berlin…

Cabanne : Oui, tout le monde est toujours un peu en train de comparer les deux et de dresser un parallèle entre deux villes qui ont leur caractère propre… Ceci dit, on a souvent reproché à Paris de ne pas donner la possibilité aux gens de faire la fête du lundi au jeudi, ce qui est désormais possible. À Paris, il y a toute une nouvelle génération qui s’est énormément identifiée à la musique électronique, et qui la suit beaucoup plus que les membres de notre génération à nous (ndlr : Cabane a 39 ans). La scène électro est actuellement bien plus ouverte : des gens viennent en club parfois uniquement pour l’ambiance du lieu, et pas forcément pour la line up qu’ils y trouveront. Pour nous, c’est d’autant plus intéressant de parler à un public qui ne nous connaît pas, et de ne pas rester à dialoguer avec des gens qui nous connaissent parfaitement.

À la base, c’est pour inviter les auditeurs à se percher et à se planquer dans ta musique que tu mixes sous le nom de Cabanne ?

Cabanne : En fait, c’est étonnant, mais c’est mon nom de famille ! Quand j’ai commencé à faire de la house en boîte, je me suis dit que je n’avais pas besoin de trouver un autre nom que le mien, et que j’aurais sans doute eu tort de ne pas l’utiliser !

Visuel : © affiche de la soirée ; Samantha Jones, soirée Minibar Night du 22 novembre 2013

L’agenda de la semaine du 25 novembre 2013
« La Reine des neiges » au Grand Rex
Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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