Classique
Concert des Révélations des Victoires de la musique classique 2020 aux Invalides

Concert des Révélations des Victoires de la musique classique 2020 aux Invalides

05 décembre 2020 | PAR Victoria Okada

Dans la cathédrale Saint-Louis des Invalides vide, les cinq lauréats des révélations des Victoires de la musique 2020 se sont succédés, le jeudi 3 décembre, pour un concert qui devait être un gala festive sous le thème d’amour. La COVID a empêché le public d’être présent, mais quelques rares invités prennent place, presque face à face avec les artistes.

Le hautboïste Gabriel Pidoux et le violoniste Théotime Langlois de Swarte entrent en premier sur scène pour interpréter des airs de la Flûte enchantée de Mozart arrangés par le compositeur lui-même. Distingué et très apprécié dans la musique baroque, le violoniste joue ce soir sur un instrument moderne. Le duo est gracieux ; la mélodie fluide à l’hautbois se complète par un contrechant discret mais naturellement harmonieux du violon. Gabriel Pidoux est dans son élément lorsqu’il joue plus tard le 2e mouvement de la Sonate pour hautbois de Saint-Saëns. Tout au long du mouvement, il fait chanter son instrument dans un timbre chaleureux, et sa sonorité change selon les moments, montrant qu’il possède une belle palette sonore. Théotime Langlois de Swarte revient plus tard avec Raphaëlle Moreau pour deux extraits de Pièces pour deux violons de Chostakovitch en compagnie de la pianiste Claire Désert, la marraine du concert. La violoniste reste assez prudente. elle fera connaître certainement son sens d’aventure en jouant des œuvres plus conséquentes ; En effet, deux morceaux (n° 1 et 4) joués ce soir sont trop courts pour mesurer sa véritable capacité.
Marie Perbost met en avant sa voix de soprano veloutée et sensuelle dans La dernière valse de Hahn et L’âme évaporée de Debussy, le répertoire qu’elle affectionne particulièrement. Elle sait doser la part de légèreté dans ces mélodies suaves en incarnant le sentiment exprimé dans le texte ; l’élancée dans les aigus est fascinante et parfaitement adaptée à la ligne mélodique. Dans Mozart (« Ach ich fulh’s, » de La Flûte enchantée) elle a encore une grande marge dans l’exploration du caractère introspectif ; son évolution est à suivre attentivement dans ce domaine. Le ténor Kevin Amiel est essentiellement un chanteur d’opéra, d’après ce qu’il a montré ce soir. Un timbre solaire et ouvert (qui rappelle parfois celui de Pavarotti) marque un contraste avec celui, sombre, des graves. Dans l’Elégie de Massenet, la belle projection opératique fait perdre quelque peu le caractère intime de la mélodie française. Dans celle-ci ainsi que dans « Una Furtiva lagrima » (L’Elixir d’amour) de Donizetti, il fait tenir vers la fin une longue note avec un crescendo et un decrescendo très marqué, créant un bel effet.
Le concert se termine avec un arrangement de l’air « Amour qui meurt, amour qui passe » (Ciboulette de Hahn) interprété par tous les musiciens.

– Le concert sera diffusé le 12 décembre à 21h sur Radio Classique.
– Prochain concert à la Cathédrale Saint-Louis des Invalides : jeudi 17 décembre à 18h30
Gala Puccini avec Marie-Laure Garnier (soprano), Axelle Fanyo (soprano), C. Yu Shao (ténor), Secession Orchestra, Clément Mao-Takacs (direction)

Photo © V. O. 

Le Mucem remporte le premier Prix Art Explora
Bruce Springsteen « Letter To You » : l’album le plus personnel de sa discographie.
Victoria Okada

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture