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Variations classiques à Annecy : enchantement garanti !

Variations classiques à Annecy : enchantement garanti !

07 septembre 2019 | PAR Christophe Dard

Du 28 au 31 août 2019, pour sa troisième édition, le festival s’est installé dans trois sites de la Venise des Alpes pour proposer des récitals de toute beauté, des révélations et des surprises inattendues. La diversité des répertoires et la justesse des accords ont apporté de de la plénitude et de la pureté tel ce lac qui ondule aux genoux de la ville.

 

 

Un soleil radieux, des talents sur scène, des choix musicaux éclectiques et un brin d’audace… Comme la palette du peintre devant son chevalet, le public a bénéficié de toutes les couleurs d’un arc-en-ciel mélodieux durant les quatre jours de Variations Classiques. Le festival, devenu un rendez-vous incontournable, s’est déroulé dans trois lieux de la cité d’Annecy, Bonlieu scène nationale, le château et l’église Sainte-Bernadette.   

 

L’église Sainte-Bernadette dans laquelle s’est déroulé le 30 août le concert Une nuit d’été, avec Véronique Gens © Yannick Perrin

 

Comme en 2017 et en 2018, la manifestation a convié une personnalité pour la programmation. Après Catherine Frot et Gaspard Proust, Laurence Ferrari était l’invitée d’honneur cette année. Passionnée de musique classique, sa présence était d’autant plus évidente qu’elle est savoyarde et native d’Aix-les-Bains. Comme elle le fait tous les jours sur Radio Classique, dans l’émission Entrée des artistes (12h-14h du lundi au vendredi), la journaliste a choisi de nouveaux talents, dans le sillage de la mission fixée par le festival, celle d’accorder une large place aux interprètes de demain. Ainsi, le mythique concours Reine Elisabeth de Belgique, consacré au violon cette année, a permis à l’un des jeunes lauréats de se produire à Annecy.

 

Gautier Capuçon, Véronique Gens, musique de chambre, Pierre et le Loup version jazz…

Variations classiques s’est ouvert le 28 août avec Geneva Camerata, un ensemble orchestral suisse dont la déconcertante habilité à faire tomber les digues entre le classique et le jazz est la marque de fabrique, capable d’enchaîner Grieg, des improvisations jazzy et Schubert. Le lendemain, Gautier Capuçon, qui entre ses nombreux concerts est devenu en cette rentrée animateur sur Radio Classique (tous les week-ends de 10h à 11h), est venu accompagné de sa classe d’excellence de violoncelle parrainée par la Fondation Louis Vuitton. Le menu était des plus alléchants avec Bizet, Haydn, Tchaïkovski, Piazzolla, Paganini…
Le 30 août, dans l’église Sainte-Bernadette, dont l’excellente acoustique et le décor dépouillé sont parfaits pour un tête-à-tête intime entre le public et la musique, la soprano Véronique Gens nous a transporté dans la douceur d’une nuit étoilée, étourdie par les sublimes airs de Berlioz, Fauré et même Edith Piaf. En effet, ce soir-là, par ces mélodies merveilleuses, le miroir tendu aux spectateurs dessinait le reflet d’une vie en rose.

 

Véronique Gens © Yannick Perrin

 

Le 31 août, dans le cadre des midis du château, la violoniste Eva Zavaro, le violoncelliste Côme Giraudon (le neveu de Gautier Capuçon) et le pianiste Guillaume Bellom ont joué quelques merveilles de la musique de chambre, le trio pour piano et cordes n°3 de Brahms, le trio n°1 de Mendelssohn et une composition de Pascal Zavaro, le père d’Eva, Densha Otoko (que l’on peut traduire littéralement par « l’homme du train »). Cette pièce, mêlant en toute subtilité le baroque et la musique orientale, est une invitation au voyage dans les rues d’une contrée lointaine et mystérieuse.

 

Eva Zavaro, Guillaume Bellom et Côme Giraudon © Yannick Perrin

 

Entre l’énergie débordante exaltée par les trois musiciens et la puissance délicate du répertoire, les anecdotes ont permis d’apprendre beaucoup de choses. Ainsi, Robert Schumann, lorsqu’il a écouté le trio n°1 de Mendelssohn, a qualifié le compositeur de « Mozart du XIXème siècle, le plus rayonnant des musiciens ».

 

Côme Giraudon © Yannick Perrin

 

Le même jour, à l’heure du goûter, Laurence Ferrari s’est prêtée à un exercice inédit, lire Pierre et le Loup de Prokofiev, emmenée par David Enhco et un orchestre de jazz drôle et énergique, le Amazing Keystone Big Band. Les saxophones, trombones, trompettes, flûte et piano évoquent chacun un personnage du conte écrit et composé en 1936. Fanfare haute en couleurs, le big band et Laurence Ferrari ont fait le tour de la salle, au milieu du public, pour prolonger cette ambiance festive.

 

Laurence Ferrari et David Enhco et The Amazing Keystone Big Band © Yannick Perrin

 

Enfin, en apothéose de cette troisième édition, Variations classiques s’est achevé par un concert de l’Orchestre Français des Jeunes, sous la houlette de Fabien Gabel, directeur musical de l’Orchestre symphonique de Québec. En présence de la soliste Lise de la Salle au piano, Berlioz, Stravinsky et Schumann sont passés par le Bonlieu le temps de cette soirée. A l’issue de ce triomphe, et alors que chacun s’engouffrait dans la nuit pour rentrer chez soi ou boire un dernier verre, qui ne s’est pas posé cette question : où vont ces harmonies après avoir enchanté le public? Dans les rues d’Annecy, il se murmure que l’on entend leur écho jusque dans les Alpes.

Christophe Dard

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Christophe Dard
Diplômé d'un Master d'histoire contemporaine et d'une école de radio, Christophe est journaliste, passé notamment par Europe 1. Il travaille depuis 2013 pour Toute la Culture.Compte Instagram : https://www.instagram.com/christophe_dard/?hl=fr

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