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[Rencontre] Alexandre Tharaud :  « Quand un pianiste se met aux Variations Goldberg, c’est pour la vie »

[Rencontre] Alexandre Tharaud : « Quand un pianiste se met aux Variations Goldberg, c’est pour la vie »

08 octobre 2015 | PAR Yaël Hirsch

Le pianiste français Alexandre Tharaud revient à Bach avec un enregistrement chez Erato des fameuses Variations Goldberg. La sortie de l’album (en CD et en vinyle!)  le 9 cotobre 2015  nous a donné l’occasion de l’entendre parler de l’enregistrement de ce petit bijou en studio mais également du film réalisé par Stéphane Aubé qui accompagne le disque. Une rencontre passionnante où le niveau d’exigence était à son comble.

Lors de cette rencontre avec une presse aussi fan que pointue, le pianiste Alexandre Tharaud a commencé par évoquer les conditions de l’enregistrement. Après avoir passé 4 mois très concentrés en studio avec 3  complices, il peut dire que ce travail a fait l’objet d’une grande immersion.

S’attaquer aux Variations Goldberg, c’est réinterpréter une composition longue (« Ce n’est pas un morceau que l’on travaille au conservatoire, c’est trop long »), infiniment exigeante (« C’est beaucoup plus facile au clavecin qu’au piano ») et surtout redécouverte au 20e siècle via des versions mythiques au premier rang desquelles – après celles de la claveciniste Wanda Landoswka– celles de 1955 et 1981 par le pianiste Glenn Gould. De l’incontournable Gould, Tharaud dit : »C’es un ovni. Je suis fou de lui, c’est une des mes idoles, mais en même temps son style est très éloigné du style baroque et ses tempi sont bien à lui ».

Avec plus de 40 enregistrements à son actif, Alexander Tharaud note donc qu' »il plus facile d’enregistrer une sonate de Darius Milhaud que les Variations Goldberg » : »Bach est le compositeur qui supplante tous les autres et dans ses compositions les Variations Goldberg sont celle qui supplante toutes les autres ».

Pour préparer cet enregistrement, il dit avoir beaucoup écouté les clavecinistes, dont Pierre Hantai mais aussi d’autres pianiste dont la chinoise Zhu Xiao, qui est son plus beau souvenir d’écoute en concert des Variations Goldberg. En enregistrant, il a décidé sciemment de limiter les ornementations à 3 variations (sur 30 et deux arie).

Entouré des réalisateurs Stéphane Aubé et de Pierre-Martin Juban, Alexandra Tharaud a avoué ne pas beaucoup apprécier se voir à l’écran, l’image n’étant pas son domaine et fuir souvent les captations. En revanche, le travail que Stéphane Aubé a fait pour traduire à l’écran son travail sur les Variation Goldberg le séduit complètement. Notamment après 3 jours d’immersion en studio pour tourner le film et la certitude que le son serait celui de l’enregistrement audio.

Très pédagogique, le réalisateur a partagé avec l’audience ses réflexions passionnante sur ce que pouvait être « filmer la musique »: « Je tiens absolument à ce que chaque plan suive la musique »; partant de l’idée que ces Variations Goldberg avaient été écrites pour animer les insomnies d’un Prince, il explique avoir utilisé plusieurs techniques et joué sur la notion de boucle et le noir et blanc des touches du piano pour « faire rêver »: « J’avais envie qu’on soit dans l’abstrait, qu’on montre la musique plus que l’instrumentiste. Paris réussi avec le film qui sera diffusé par Arte le 8 novembre à 18h.

Et pour les fans du live, prenez d’ores et déjà vos places pour entendre Alexandre Tharaud interpréter ces fameuses Variations Goldberg le 23 novembre à la Philharmonie 1 de paris.

Alexandre Tharaud, Variations Goldberg de Bach + inclus dvd du film de Stéphane Aubé, Erato/ Warner, sortie le 9 octobre 2015, 16 euros.

 

visuel : couverture de l’album.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

2 réflexions au sujet de « [Rencontre] Alexandre Tharaud : « Quand un pianiste se met aux Variations Goldberg, c’est pour la vie » »

Commentaire(s)

  • Daniel Moutou

    Un article intéressant sur un enregistrement très attendu hélas gâché par de trop nombreuses coquilles.

    octobre 8, 2015 at 21 h 28 min
  • L idée de filmer la musique et son ´, ses interprètes est excellente , elle permet de vivre ou de revivre l instant , celui , qui , celui ou , instant unique ou les amateurs retrouvent l intensité de leur émotion , ou croient retrouver une intimité humaine , presque physique partagée , quand le lien , encore et pour longtemps toujours peut être inexpliqué …Releligiere , que l on retrouve dans la manignifique leçon de ténèbres , pour le Mercredi saint ..Mais Alfred Deller est bien courte ment filme . Montserrat Figueras , pas beaucoup plus ..Il y manque ….l audace , ou en son temps , les
    moyens , d avoir réaliser un vrai film . merci donc . Pour la musique dans nos vies , il faut oser . ! Dominique Caby

    octobre 14, 2015 at 16 h 37 min

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