Classique

Nathanaël Gouin à l’Abbaye de Silvacane au Festival de La Roque d’Anthéron

Nathanaël Gouin à l’Abbaye de Silvacane au Festival de La Roque d’Anthéron

01 août 2019 | PAR Victoria Okada

Le Festival international de piano La Roque d’Anthéron, c’est avant tout le concert de soir sur la scène en plein air entourée de coques acoustiques du Parc du Château de Florans. Mais d’autres concerts se déroulent également sur une quinzaine de lieux dans toute la région. Le cloître de l’Abbaye de Silvacane est l’un de ces lieux, probablement le plus prisé, pour sa proximité au Parc mais aussi pour son intimité propice au récital de piano et de clavecin. Nathanaël Gouin fait partie des pianistes Happy Few qui se sont produits sur cet endroit magique.

Nathanaël Gouin © Christophe GREMIOT

Le 26 juillet, Nathanaël Gouin, qui s’est fait connaître avec son programme Liszt (son premier enregistrement solo chez Mirare, entièrement dédié à Liszt, est unanimement salué aussi bien par le public que par les critiques), a donné un récital… Bizet ! Il fait d’emblée la démonstration de la virtuosité avec les Variations chromatiques. Une légère maladresse du début de récital ne l’empêche pas de s’engager à corps perdu dans cette œuvre de bravoure. La paraphrase sur la « Romance » de Nadir, tiré de l’opéra Pêcheur de perles, du pianiste lui-même, transporte l’auditoire dans une contrée lointaine. La pièce entière est bercée par des arpèges sur toutes les tessitures, évoquant des oscillations de vagues. Son talent listzien est pleinement servi dans cette transcription réussie où l’héritage du pianiste romantique hongrois est palpable. Ensuite, les Chants du Rhin, un recueil de six pièces de genre, qui décrivent musicalement une petite escapade sur le Rhin. Ici, Nathanaël Gouin se transforme en chanteur du clavier pour explorer différentes facettes des mélodies sans paroles sur la lignée de Mendelssohn. Excepté le quatrième morceau La Bohémienne au rythme assez enlevé, son interprétation est marquée par une atmosphère que l’on pourrait qualifier de douillette, peut-être pour insister la douceur des propos ?

En revanche, pour le Concerto pour piano n° 2 de Saint-Saëns — l’un des concertos les plus virtuoses jamais écrits —, la transcription de Bizet rend l’œuvre encore plus virtuose puisque la partie orchestrale est intégrée, nous dirons même incorporée, dans la partition pour piano seul. L’œuvre est éminemment lisztienne et encore une fois, notre jeune pianiste brille de tout éclat, même s’il montre de temps à autre quelques marges de progression pour atteindre la possession totale de ce monument, notamment dans le Presto final parfois hésitant. Il rejoue en bis l’air de Nadir plus rêveur, plus languissant et avec plus de lyrisme.

Le Festival International de piano La Roque d’Anthéron se poursuit jusqu’au 18 août.

Visuel © Christophe GREMIOT

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