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L’Opéra Comique lauréat du Prix FEDORA

L’Opéra Comique lauréat du Prix FEDORA

19 avril 2016 | PAR Elodie Martinez

Comment ça, l’Opéra Comique est fermé? Vous croyez vraiment que ce menu détail suffit à le mettre en sommeil? Que nenni, c’est bien mal le connaître : les travaux à l’intérieur continuent de l’ouvrir sur l’extérieur…

Nous l’avions déjà souligné en début de saison : les portes closes de l’Opéra Comique sont loin d’être synonyme d’opéra fermé. Fidèle à ses promesses, la maison vit sur les réseaux sociaux, a bel et bien mis en place le web opéra prévu le 21 février dernier, Le Mystère de l’Ecureuil bleu, propose des rendez-vous afin de suivre l’évolution de ses projets, comme lorsqu’elle a convié le public à une première rencontre autour de « l’affaire Fantasio » le 3 décembre dernier, en compagnie de Marianne Crebassa et du metteur en scène Thomas Jolly. Ces rencontres se poursuivent d’ailleurs, la troisième se déroulant la 29 avril prochain en compagnie d’autres interprètes (voir sur le site). Vous l’aurez compris, l’Opéra Comique vit, et il vit si bien qu’il vient de remporter le prix FEDORA (doté de 150 000 €)  pour Kein Licht.

FEDORA est une association à but non lucratif créée en janvier 2014 au Palais Garnier sous la présidence de Jérôme-François Zieseniss. La mission de cette jeune association est de est de « soutenir le renouveau et la création dans le domaine de l’opéra et du ballet, en levant des fonds pour de nouvelles créations lyriques et chorégraphiques qui sont créées par des équipes artistiques émergents dans le cadre de coproductions entre maisons d’opéra, festivals et compagnies de danse ».

Lors de cette deuxième édition du concours (qui fut annoncée en mai 2015), FEDORA a reçu plus de 30 candidatures de toute l’Europe, représentant ainsi 160 maisons et festivals de pas moins de 40 pays. Après une première étude, deux listes réduites ont été créées afin d’être présentées à deux jurys (ballet et opéra) composés d’experts. Ces derniers ont à leur tour réfléchi sur les 11 projets de ballet et les 16 projets d’opéra alors encore en liste avant de sélectionner les deux lauréats : Le syndrom ian pour le ballet et Kein Licht de Philippe Manoury (compositeur) pour l’opéra, dont la compagnie principale est l’Opéra Comique.

Thinkspiel pour acteurs, chanteurs, musiciens et musique électronique en temps réel, d’après un texte de Elfriede Jelinek et sur une mise en scène de Nicolas Stemann, Kein Licht est co-produit par l’Opéra Comique, la Ruhrtriennale, les Théâtres de la Ville de Luxembourg, le Théâtre National Croate de Zagreb, le Festival Musica de Strasbourg et l’Opéra du Rhin, l’Ircam, l’Ensemble Lucilin, le Münchner Kammerspiele.

Selon le communiqué de presse, « cette récompense vient conforter l’ambition d’Olivier Mantei, nouveau directeur de l’Opéra Comique, de développer la création et les coproductions internationales dans les années à venir ». Pour un opéra fermé qui fêtait il n’y a pas si longtemps les 300 ans de son art, ce n’est décidément pas si mal! Face de si belles réussites lorsque les portes sont closes, nous avons hâtes de découvrir ce que nous réserve sa salle ouverte! En attendant de découvrir la programmation de sa prochaine saison, rendez-vous le 29 avril autour de Fantasio, ou encore le 7 mai pour les Portes Ouvertes aux Ateliers Berthier (voir ici), ou encore, bien sûr, le grand rendez-vous du 18 juin prochain : l’Opéraoké!

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Elodie Martinez
Après une Licence de Lettres Classiques et un Master en Lettres Modernes, Elodie découvre presque par hasard l'univers lyrique et a la chance d'intégrer en tant que figurante la production du Messie à l'Opéra de Lyon en décembre 2012. Elle débute également une thèse (qu'elle compte bien finir) sur Médée dans les arts en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, puis, en parallèle d'un stage dans l'édition à Paris, elle découvre l'univers de la rédaction web et intègre l'équipe de Toute la culture où elle participe principalement aux pages d'opéra, de musique classique et de théâtre. Elle a aussi chroniqué un petit nombre de livres et poursuit l'aventure une fois rentrée sur Lyon. Malheureusement, son parcours professionnel la force à se restreindre et à abandonner les pages de théâtre. Aujourd'hui, elle est chargée de projets junior pour un site concurrent axé sur l'opéra, mais elle reste attachée à Toute la culture et continue d'être en charge de l'agenda classique ainsi que de contribuer, à moindre échelle, à la rédaction des chroniques d'opéra.

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