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L’ONPL ressuscite Gustav Mahler

L’ONPL ressuscite Gustav Mahler

26 février 2019 | PAR Sarah Reiffers

Pendant quatre représentations à Angers et à Nantes, l’Orchestre National des Pays de la Loire s’attaque à la symphonie n°2 de Mahler. Et se trouve flanqué, comme de coutume, d’invités prestigieux et talentueux.

Il aura fallu cinq étés au jeune Gustav Mahler pour écrire et achever sa deuxième symphonie, « Résurrection ». Après l’échec de sa première symphonie, ce nom sonne comme la promesse optimiste d’un génie qui refuse de s’avouer vaincu. Et pour cause : la deuxième symphonie fit un triomphe et devint non seulement une des partitions favorites des chefs d’orchestre du 20ème siècle, mais également la précurseure de nouvelles possibilités sonores pour les compositeurs.

L’ONPL, accompagné pour l’occasion du Chœur Philharmonique de Tokyo, de la mezzo-soprano Bernarda Fink et de la soprano Anna Schoeck, a rendu hommage à la partition dimanche dernier à Angers. L’Orchestre s’était déjà attaqué à la symphonie n°9 de Mahler plus tôt dans la saison.

Hybride et entêtée, « Résurrection » parle de mort mais reste une célébration. Les accents larmoyants du premier mouvement n’ont pas le temps de s’étendre qu’ils sont interrompus par des notes triomphantes voire épiques ; les deuxièmes et troisièmes mouvements quant à eux s’inspirent de danses populaires pastorales et d’un lied, aux sonorités tendres et joyeuses. Le premier mouvement, avec ses changements incessants, ses unions et désunions des différents corps d’instruments, ravit davantage le cœur que l’oreille. Ce sont les multiples facettes d’une vie humaine que Mahler a  intégré dans sa partition. Et au final, « Résurrection » prend un virage abrupte vers le religieux avec les quatrième et cinquième mouvements. La symphonie signe alors une symbiose sublime entre les solistes, les chœurs et l’orchestre, et s’achève en apothéose et frissons.

Dimanche soir, l’immense scène et les coulisses de l’Amphitéa d’Angers (l’ONPL poursuit ses vadrouilles en attendant la réouverture de sa salle attitrée),  ont accueilli l’imposant effectif qu’exige la partition de « Résurrection ». Sous la baguette de son chef Pascal Rophé, l’Orchestre a fait preuve de son talent et de sa maîtrise habituels – avec un peu plus de détachement que de coutume,  et quelques batailles à coups d’archets contre de malchanceuses mouches. A leurs côtés les solistes Bernarda Fink et Anna Schoeck, merveilleuses, ont livré des performances justes et poignantes.

« La résurrection ». Angers mardi 26 février à 20h30 ; Nantes les 27 et 28 février à 20h30. Pour plus d’informations, cliquez ici.

Visuel : ONPL

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