Classique
Le choeur de Radio France émouvant et vaillant dans un concert tchèque

Le choeur de Radio France émouvant et vaillant dans un concert tchèque

14 mars 2020 | PAR Lise Lefebvre

L’ensemble a fait entendre la beauté et la diversité d’œuvres vocales presque toujours a capella, de Dvorák à Szymanowski.

Devant les rangs clairsemés de l’auditorium de la maison de la radio, l’une des choristes s’est avancée le micro à la main ; elle a rappelé l’existence du mouvement de grève, initié dans la maison il y a deux mois, en protestation contre les coupes budgétaires annoncées par la direction. Le concert de ce soir est maintenu, précise-t-elle, par respect pour les spectateurs. Elle est chaleureusement applaudie. Après quoi, sous la conduite précise de la directrice musicale Martina Batic, Le chœur amorce le voyage vers  l’ex-Tchécoslovaquie et d’autres temps de crise.

De Dvorák à Janacek, et jusqu’à Szymanowski, l’inspiration évoque nettement la liturgie orthodoxe, avec des élans mystiques, mais aussi des décharges de souffrances – essentiellement chez Janacek, avec ce surprenant « Notre Père », accompagné à l’orgue et à la harpe, qui se clôt sur un « Amen » sombre, coléreux. Autre influence, les mélodies populaires, dont certaines de ces œuvres se réclament. Une moisson, une fête de mariage, une prière… La musique s’empare de ces histoires toutes simples et les raconte de façon prenante.

L’équilibre des différents pupitres est merveilleux, y compris dans les pièces de Bohuslav Martinu qui laissent la part belle aux voix de femmes. Toutes les tessitures se fondent les unes dans les autres, sans que chacune cesse de se faire entendre. Martina Batic, à la tête de l’ensemble, impose une lecture nette et sobre, sans effets superflus. Dans leurs solos, le ténor Johnny Esteban et la soprano Manna Ito ont donné une qualité orientale à leur chant avec, chez elle, des graves impressionnants d’intensité.

Une sonate pour harpe aux accents d’étude et une pièce pour orgue évocatrice d’angoisse, du compositeur Petr Eben qui a survécu au camp de Buchenwald, ont complété une soirée qui s’annonçait incertaine, étant donné les circonstances actuelles, mais que les musiciens ont transcendée par leur vaillance.

Visuel : Martina Batic © Christophe Abramowitz

Révisez vos leçons d’histoire de France avec le panache de Maxime d’Aboville !
Rachel Rose, de la Terre à la Lune
Lise Lefebvre

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *