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Rachel Rose, de la Terre à la Lune

Rachel Rose, de la Terre à la Lune

14 mars 2020 | PAR Laetitia Larralde

Dans un contexte où la nature et la planète font sentir des signes criants de rupture, l’exposition de Rachel Rose est une belle remise en perspective du rapport de l’humain au monde.

L’espace d’exposition de Lafayette Anticipations est méconnaissable. Profitant de la modularité voulue par Rem Koolhaas, il est recomposé en labyrinthe aveugle. Alors que les expositions précédentes profitaient pleinement du grand puits de lumière, on navigue ici dans un espace obscur et enveloppant.

La scénographie est d’ailleurs partie prenante de l’exposition. Par un mouvement ascendant de l’ombre à la lumière, on vit en suivant les œuvres une expérience qui nous coupe de nos repères. Le début du parcours, plongé dans l’obscurité, est parsemé des sculptures de la série Borns. Ces formes ovoïdes minérales qui projettent des reflets inattendus évoquent des créatures belles et primitives, nées des entrailles de la Terre. Et au dernier niveau, c’est la tête dans les étoiles qu’on écoute l’astronaute David Wolf parler de son expérience dans l’espace et de la modification de ses sensations une fois de retour sur Terre.

Le rapport de l’humain à la Terre traverse les différentes installations, notamment par l’exploration des sensations qui nous lient à notre environnement. Les œufs en résine diffractent la lumière des vidéos et offrent une autre version de la projection tandis que la moquette épaisse au sol donne l’impression de flotter sur du coton. Il est également question du lien spirituel à la nature que l’on avait avant que la terre ne devienne un bien de consommation avec l’image de la sorcière-guérisseuse.

Si par certains côtés les œuvres de Rachel Rose inquiètent, tels que l’artificialité de la vie contrôlée par l’homme, la disparition de la nature originelle ou le thème récurrent de l’abandon de l’enfant dans les contes, l’impression générale reste malgré tout celle d’une élévation vers la beauté. Projetés vers les étoiles pour mieux se reconnecter à la Terre, on touche peut-être là une solution pour s’extraire des crises à répétition : prendre de la hauteur pour mieux redécouvrir ses racines, profondément ancrées dans la terre.

Venez profiter d’un espace suspendu de poésie dans la belle exposition de Rachel Rose, pour vous rappeler que le monde n’est pas uniquement composé de grèves et de virus, et qu’être humain signifie être en lien avec son ressenti physique et son environnement.

Rachel Rose
Du 13 mars au 10 mai 2020
Lafayette Anticipations – Paris

Visuels : 1-Everything and More, Rachel Rose, 2015, vidéo © Rachel Rose. Courtesy de l’artiste, Galerie Pilar Corrias Londres et entreprise Gavin Brown’s, New York / Rome / 2 –First Born, Rachel Rose, 2019, pierre et verre. Courtesy of Pilar Corrias Gallery, London. Photo: Andrea Rossetti / 3- Lake Valley, Rachel Rose, 2016, vidéo © Rachel Rose. Courtesy de l’artiste, Galerie Pilar Corrias Londres et entreprise Gavin Brown’s, New York / Rome / 4- Sitting Feeding Sleeping, Rachel Rose, 2013, vidéo © Rachel Rose. Courtesy de l’artiste, Galerie Pilar Corrias Londres et entreprise Gavin Brown’s, New York / Rome / 5- Wil-o-Wisp, Rachel Rose, 2018, vidéo © Rachel Rose. Courtesy de l’artiste, Pilar Corrias Gallery, Londres et Gavin Brown’s enterprise, New York / Rome

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Laetitia Larralde
Architecte d'intérieur de formation, auteure de bande dessinée (Tambour battant, le Cri du Magouillat...)et fan absolue du Japon. Certains disent qu'un jour, je resterai là-bas... J'écris sur la bande dessinée, les expositions, et tout ce qui a trait au Japon. www.instagram.com/laetitiaillustration/

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