Classique
Journée du 20 août aux Rencontres musicales de Vézelay

Journée du 20 août aux Rencontres musicales de Vézelay

22 août 2021 | PAR Orane Auriau

Organisée par la Cité de la voix (Centre national d’art vocal), le festival a retrouvé ses habitués. Dans le splendide village de Vézelay, en Bourgogne, niché en haut d’une colline, on y célèbre du 19 au 22 août l’art lyrique à travers les âges, même de styles variés. Et en ce jour de Festival nous avons entendu l’ensemble Clément Janequin et les Métaboles dans des répertoires nous faisant voyager de la Renaissance au XXème siècle. 

Pour lire notre interview du directeur artistique des Rencontres, François Delagoutte, c’est ici.

Un bel après-midi

Une trentaine de bénévoles participent au festival. L’ambiance est conviviale, accessible même pour ceux qui ne seraient pas de grands connaisseurs de cette branche de la musique, qui souvent fait exemption des instrument. Il n’y a pas que de la musique classique par ailleurs puisqu’à 18h, sur la terrasse de la basilique du village, ombrée par les tilleuls, c’était un groupe aux sonorités funks et joyeuses qui prenait place (Celestial Q-Tips). 

Le coeur du programme demeure néanmoins classique puisqu’à 16h, l’ensemble Clément Janequin, dirigé par Dominique Visse, s’est produit avec beauté dans l’église Saint-Germain de Vault-de-,Lugny, un village voisin, interprétant les oeuvres de la Renaissance de Josquin Desprez. Portés a cappella, les morceaux sont tour à tour mélancoliques, puis à notre surprise, joyeux, voire humoristiques. Avec ce charme de l’ancien français qui était heureusement toutefois traduit dans les programmes…

 

En soirée : Singing Ravel par les Métaboles

C’était à la basilique de Vézelay qu’avait lieu le concert fortement attendu en soirée, à 21h. Les Métaboles, placés sous la direction de Léon Warynski nous proposaient un programme original avec « Singing Ravel ». L’entrée en scène était à la fois grandiose et tout en douceur avec la célèbre Pavane pour une infanterie défunte, morceau au caractère lent et nostalgique originairement destiné à la princesse Polignac. L’essentiel des chants étaient des retranscriptions adaptées de l’oeuvre de Ravel, notamment faites par des compositeurs tels que Gottwald, Pesson pour Ronsard à son âme, ou encore Thibault Perrine pour la fameuse pavane, morceau qui a ouvert en beauté ce concert dans la basilique bourguignonne. Ces retranscriptions rendent par la voix la finesse des compositions de Ravel. 

 

Un art de la retranscription 

Ce programme s’est voulu être un hommage à l’oeuvre chorale de ce compositeur du tournant du XXe siècle, dont l’écriture a cappella est assez rare mais quand même mais existante – celle-ci s’en tient strictement aux Trois Chansons, sa seule oeuvre du genre. Mais le compositeur semblait vouloir rendre ses oeuvres malléables, puisqu’il a déjà composé des morceaux pour orchestre avant d’être adaptées par lui-même au piano, et vice-versa. Ronsard à son âme condense parfaitement ces deux formes, la version chantée étant même plus douce qu’au piano.

Une chanteuse – Amandine Trenc- a malheureusement fait un malaise au milieu du concert et a dû s’absenter un temps. Mais déterminé à continuer le concert, le choeur s’est remis au travail d’aplomb. La chanteuse en question est revenue sur scène, cette fois-ci assise sur une chaise mais déterminée à chanter.   

 

L’harmonie des voix et des instruments

Tout était par ailleurs parfait avec l’acoustique de la basilique, équilibré et émouvant. Les voix des solistes qui se relayaient étaient puissantes, chacune d’entres elles portant très bien la structure musicale du choeur. Ravel est parfait pour une église, rappelons-nous que celui-ci avait déjà travaillé avec des voix, choeurs ou solistes dans cet esprit – on peut penser au Requiem n°48 qui se compose d’un soliste et qu’il a adapté avec un orgue- il avait composé le morceau dans une église. Tantôt le choeur s’est assemblé de manière fluide, tantôt les solistes ont dominé.  L’agilité dans les retranscriptions, qui imitent avec perfection les effets que produisent les instruments d’orchestre.. 

 

Le boléro

Le clou du spectacle était Le Boléro, oeuvre la plus glorieuse et spectaculaire du compositeur. Et le choeur ne l’a pas ratée. En commençant en mezzo piano, avec une très grande douceur. On entendait presque les instruments à vents, les violons, et surtout la puissance des cuivres, à mesure que le crescendo se fait très progressivement. L’un d’entre eux imitait même les cymbales. Le morceau en ressortant était grandiose, l’ensemble du choeur trépignait et tapait du pied : les chanteurs achevaient le concert puissants, leurs corps se mouvant en musique avec une parfaite synchronie. 

Avec un art consommé de la retranscriptions (dont certaines datent de notre millénaire) Les Métaboles ont interprété un Ravel résolument moderne, qui lui-même appréciait les retranscriptions. Et avec des interprétations aux accents quasiment cinématographiques et aux  envolées vocales entrainantes, nous nous sommes sentis voyager. Il y a aussi eu des attentes, du suspens. Singing Ravel a donc été un concert ensorcelant et poétique, à l’image de L’Enfant et les sortilèges.

 

Visuels (c) François Zuidberg – Ensemble Clément Janequin à l’église Saint-Germain de Vault-de-Lugny / Léo Warynski dirigeant les Métaboles / La soprano Amandine Trenc

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Orane Auriau

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