Classique

Jean-Philippe Audoli : « Les nuits de la Moutte se situent hors des sentiers rebattus »

Jean-Philippe Audoli : « Les nuits de la Moutte se situent hors des sentiers rebattus »

23 juillet 2019 | PAR La Rédaction

Du 3 au 14 août, les Nuits du Château de la Moutte envoûtent à nouveau la presqu’île de Saint-Tropez. Le directeur du Festival, le violoniste Jean-Philippe Audoli, nous parle du festival et de la programmation 2019.

Pouvez-vous expliquer ce choix de mêler le romantisme et la poésie ?
Le Château de la Moutte est un écrin poétique de 4 hectares, qui permet de moduler ses lieux de concerts. Cette année, les merveilleux artistes tels Véronique Gens, Edgar Moreau, Charles Berling ou Alexei Volodin, pourront apprécier l’acoustique remarquable de la cour du château. Quant au danseur de Flamenco, le phénoménal Eduardo Guerrero, c’est à l’orée de la palmeraie qu’il fera danser les âmes sévillanes. Le cadre est romantique, il offre une parenthèse historique naturelle à Saint-Tropez, un saut dans le XIX siècle pour tous les auditeurs.

Comment avez vous effectué votre sélection d’artistes ?
En choisissant des artistes dont les personnalités marquent leur époque. Je cherche également à faire se rencontrer la légèreté d’une soirée d’été avec des oeuvres et des interprètes profonds et qui véhiculent une authenticité le temps du concert. Tous les artistes aussi merveilleux soient-ils, n’ont pas nécessairement ces facultés. Cette année, l’orchestre des virtuoses de Moscou et l’ensemble Rhoda Scott Ladies All-Stars apporteront de la puissance et du « peps » à ces lieux somme toute intimes.

Quels seront les temps forts de ce festival ?
Que des temps forts voyons ! Je dirais tout de même que la venue de Rhoda Scott et Vladimir Spivakov sont à eux seuls des évènements majeurs, du fait de la durée hors norme de leurs carrières et de la portée mondiale de leur vision artistique.

Combien de festivaliers attendez vous cette année ?
Nous notons avec grand plaisir depuis plusieurs années une progression de la fréquentation. Nous devrions avoisiner les 4500 spectateurs présents pour ces sept soirées.

Par rapport aux autres festivals, de musique classique, comment vous positionnez vous ?
Hors des sentiers « rebattus ». Mon parcours de violoniste m’a amené par mes voyages à rencontrer tant de langages musicaux, tant d’artistes aux identités fortes, possédés par le besoin de se nourrir de courants extérieurs et de décloisonner leurs univers. Le festival idéal tel que je le conçois, s’appuie sur des principes simples et universels : apporter modestement quelques moments de beauté dans la vie de chacun, quel que soit le style ou l’origine de cette musique. L’étiquette qui voudrait ne défendre par principe qu’un secteur, comme la voix, le piano ou la musique baroque, me semble hors de notre monde d’aujourd’hui, où l’échange et le partage est nécessité.

En quoi consiste ce festival ? Depuis combien de temps existe-t-il ?
Ce festival est le prolongement naturel d’un lieu et d’une histoire. En 1875, Emile Ollivier alors Premier des Ministres de Napoléon III, se rend acquéreur du Château grâce à la dot de son épouse Blandine Liszt. Une dot constituée des revenus des concerts de son père Franz Liszt ! En 1975, Annette Troisier, petite-fille d’Émile Ollivier, lance les premières soirées de ce qui deviendra 25 ans plus tard, le festival des Nuits du Château de la Moutte. Des soirées musicales merveilleusement fragiles et au charme fou, le festival s’est structuré et développé pour atteindre désormais une belle notoriété. Grâce au concours de personnes remarquables, une équipe s’est enfin constituée. Et récemment, une Fondation a été créée apportant une dimension supplémentaire à notre aventure. L’objectif est précis : professionnaliser le festival et maintenir l’esprit et le charme unique de ce lieu.

Pour plus d’information sur les Nuits du Château de la Moutte, rendez-vous sur: https://lesnuitsduchateaudelamoutte.com/ 

visuel : (c) Jean-Baptiste Millot

Emma Lavigne, première femme à la direction du Palais de Tokyo
Par temps de canicule, Greta Thunberg met un coup de chaud aux députés de l’Assemblée Nationale
La Rédaction

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *