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Mélodie Lauret : « J’ai des nouvelles choses à raconter et à vivre chaque jour » (Interview)

Mélodie Lauret : « J’ai des nouvelles choses à raconter et à vivre chaque jour » (Interview)

29 novembre 2019 | PAR Kevin Sonsa-Kini

Toute la culture vous propose de (re)découvrir Mélodie Lauret, nouveau talent de la scène musicale francophone. La jeune chanteuse de 20 ans sort ce vendredi son premier EP de 5 titres intitulé 23h28 dans lequel elle se livre comme jamais. Elle en parle dans cette interview. 

Propos recueillis par Kevin Sonsa-Kini

-Toute la culture : Quel effet ça vous fait un premier EP ? 

Mélodie Lauret : C’est beaucoup de joie et aussi beaucoup de peur parce qu’on ne sait pas forcément quelles seront les réactions des gens. Si ça va leur plaire ou leur parler. J’ai vraiment essayé d’être la plus sincère possible en délivrant mes émotions et mes histoires. 

-La préparation de cet EP a pris combien de temps ? 

Il y a des chansons que j’ai écris récemment et d’autres il y a beaucoup plus longtemps. Il y a un mélange de plein de choses que j’écris depuis très longtemps. Au début il y avait mes chansons piano/voix composées à la va-vite et ensuite je suis partie les travailler en studio en Belgique pour bosser sur les arrangements etc…Le projet m’a pris un an. 

-Sur les chansons Elles avaient 15 ans, Quand j’entends les gens, Tes cheveux, 23h28, on remarque que vous êtes à mi-chemin entre le chant et le slam…

En fait, ce n’est pas tant du slam pour moi. À la base, je viens du théâtre. J’ai commencé à être sur scène à 5 ans. Au départ,  j’ai voulu être comédienne. Moi, ce que je mets plus en avant sur mes chansons, ce sont les mots. Ce qui m’intéresse c’est vraiment l’interprétation. J’ai essayé de faire un mélange un peu homogène entre quelque chose de chanté et quelque chose de parlé. Sans forcément tomber dans le rap ou dans le slam. Je ne cherche pas à m’attacher à un style particulier. Je cherche à trouver la manière la plus sincère et naturelle de délivrer mes mots et mes émotions. 

-Les chansons 23h28 et Minuit quelque part sont placées sous le thème de la nuit. Qu’est-ce que ça incarne pour vous le côté nocturne ? 

Je trouve que c’est un moment très particulier la nuit. Je sais que j’ai beaucoup plus d’inspiration la nuit tout simplement parce que c’est le moment où j’écris beaucoup. Je trouve qu’il y a une espèce de solitude immense mais en même temps, il y a quelque chose de rassurant parce que la nuit, tout est plus calme. Ça laisse plus de place à la réflexion, à l’introspection. La nuit est un moment de solitude plus enrichissant et rempli de toutes les émotions qu’on a vécu la journée. J’adore la lumière de la nuit. Ça parait un peu paradoxal mais la nuit c’est un moment qui m’inspire car je vis beaucoup même quand je dors. 

-Quels sont les retours que vous avez reçus après la publication des clips de ces deux chansons ? 

J’ai reçu des retours assez positifs. C’est hyper gratifiant parce que ça donne vraiment envie de continuer. On a toujours peur de savoir si ça sonne vraiment chez les gens. J’ai eu des retours de gens que je ne connais pas du tout et aussi de gens que je connais.  

-Qu’avez-vous voulu raconter à travers la chanson Elles avaient 15 ans

J’ai voulu raconter une histoire vécue de la manière la plus détaillée possible pour que l’auditeur puisse vraiment entrer dans cette histoire. Je voulais raconter à quel point l’amour quand on a 15 ans peut être follement passionné et en même temps, particulièrement destructeur parce que notre cœur est innocent. J’ai fait un mélange entre le fait de vivre l’amour et l’envie de le vivre très fort. On a tendance à vivre les choses avec trop d’intensité parce qu’on ne les connait pas encore. Même si je n’ai que 20 ans, je pense qu’avec le temps, on peut vivre l’amour avec plus de sérénité parce que c’est un sentiment qu’on apprivoise même si ça reste quelque chose de très sauvage et très passionnel à mes yeux. J’ai voulu parler de l’amour un peu comme une bête sauvage qu’on peut difficilement apprivoiser à 15 ans. 

-Vous avez commencé le théâtre à 5 ans, vous avez suivi des ateliers jeunesse au Cours Florent à 12 ans, obtenu votre bac à 16 ans, écrit une pièce de théâtre à 17 ans et à 20 ans, vous sortez votre premier EP. Vous réalisez que vous avez déjà une carrière assez riche ? 

Je ne réalise pas forcément parce que c’est ma propre vie. Mais oui j’ai fait des choses. 

« Je voulais être sur scène à tout prix. C’est pour ça que j’ai commencé à faire de la musique  » (Mélodie Lauret)

-Comment expliquez-vous cette précocité et la maturité d’esprit que vous avez à seulement 20 ans ? 

Je ne sais pas. Disons que ça a toujours été comme ça. J’ai toujours eu soif de faire beaucoup de choses. Dès que j’ai commencé le théâtre je savais que je voulais en vivre et vivre de la scène. Je voulais être sur scène à tout prix. C’est pour ça que j’ai commencé à faire de la musique. Je n’ai même pas pensé qu’il y ait une maturité quelconque. C’était juste assez naturel de faire des choses. Je n’ai pas attendu qu’on me donne des opportunités parce que j’ai tellement envie et soif de faire des choses. Quand j’ai fondé ma pièce de théâtre, j’avais tellement envie de raconter des histoires par moi-même. Comme je suis quelqu’un d’hyper sensible, j’ai toujours eu besoin de parler de mes émotions parce qu’elles étaient trop fortes. J’ai eu besoin de trouver un maximum de support et le moyen de parler de ces émotions. 

-Cette sensibilité se sent dans vos chansons et la manière dont vous les interprétez…

C’est compliqué de ne pas faire ressentir cette sensibilité dans la mesure où très souvent lorsque j’écris une chanson, je vais chercher tous les mots possibles pour la capturer et pour la faire exister. 

-J’aimerais revenir sur votre passage au MaMA Festival le 18 octobre où vous aviez donné un concert, comment vous avez vécu cette venue à ce grand festival ? 

J’avais déjà fait des petits concerts de manière beaucoup moins formelle. Mais là le stress était bien plus supérieur. Et en même temps, toutes mes peurs se sont envolées au moment où j’ai commencé à être sur scène parce que j’étais prise par ce qui se passait à ce moment-là c’est-à-dire l’effervescence du public, les lumières, l’écoute des gens. C’était vraiment une expérience assez folle que j’ai vécu avec mon musicien Thomas. C’était la première fois que les gens entendaient mes chansons et mon univers. C’était assez flatteur de voir qu’au-delà d’entendre, ils écoutaient vraiment. C’était assez fou ! 

Vous allez finir l’année avec deux concerts les 18 et 19 décembre aux Déchargeurs à Paris. Que prévoyiez vous pour 2020 ? 

Je vais continuer à bosser sur d’autres chansons pour un futur album. Je vois aussi ce que j’ai envie de raconter. Je suis si jeune que j’ai l’impression que tout évolue chaque jour. Chaque jour, j’ai des nouvelles choses à raconter, des nouvelles choses à vivre. 

Mélodie Lauret, 23H28, sortie le 29 novembre (5 titres)=1.23H28, 2.Elles avaient 15 ans, 3.Minuit quelque part, 4.Quand j’entends les gens, 5.Tes cheveux

Visuels : ©Sony Music (Victoria Levisse) 

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Kevin Sonsa-Kini

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