Chansons

Avant la Cigale : Showcase privé de BABX pour Toute La Culture en son studio

Avant la Cigale : Showcase privé de BABX pour Toute La Culture en son studio

21 novembre 2017 | PAR Yaël Hirsch

 

Alors qu’il sera sur la scène de la Cigale pour un avant-goût unique le 27 novembre autour de son nouvel album Ascensions, lundi 20 novembre 2017, le rédacteur en chef de notre dossier de novembre BABX( lire son magnifique édito) invitait Toute La Culture en concert privé dans son studio, dans le même immeuble que le mythique Studio Pigalle. Retour sur un moment d’exception.

Entouré de ses musiciens, Sebastien Gastin (contrebasse), David Neerman  (vibraphone), Frederic Jean (batterie) et Marielle Châtain   (saxophone), David Babin, alias BABX a reçu une vingtaine de journalistes de Toute La Culture pour tester auprès d’eux les titres du spectacle du 27 novembre à la Cigale. Grand sourire, pull et boucles brunes, il nous accueille comme des amis dans ce studio-aquarium très cosy aux tissus anciens et au milieu duquel trône un piano. Après un verre de vin et des salutations l’on passe vite aux choses sérieuses, assis sur des canapés avec pour nous seuls quatre musiciens d’exception au sommet de leur concentration.

Le timbre chaleureux de BABX nous plonge immédiatement dans une ambiance profonde, rêveuse et mélancolique avec un poème de Aimé Césaire, « Cristal Automatique ». La voix de Marielle Châtain, légère comme un chatoiement fait écho à l’aura du piano. On entre ensuite dans la force vitale de Omaya Al Jbara cette figure d’Irakienne libre, assassinée par Daesh en 2014 qui ici se bat avec l’amour « sous les mandariniers ». BABX raconte son histoire avant que d’un seul souffle tous les musiciens n’entonnent ce « tube » d’Ascensions qui retentit comme un hymne. On change de pays et de sujet : nostalgique,un autre titre phare de ascensions décrit « L’homme de Tripoli », tout petit, beaucoup « moins glorieux » et prêt à toutes les compromissions. Les arrangements jazzy sont absolument hypnotiques et le public ondule au rythme de la musique jusqu’au coup de grâce du xylophone. Le personnage suivant est aussi un homme, un « Déserteur » des temps modernes qui n’a plus rien à voir avec le jeune homme émouvant de la chanson de Boris Vian. Il s’agit d’un martyr que sa mère ou sa sœur éplorée enterre, aux antipodes amers et moroses des honneurs faits aux héros. Enfin, retour au rythme à la liberté et à la célébration de la femme qui sait ce qu’il veut avec l’extraordinaire « Tchador Woman » « elles fonçaient sur la route comme dans un film de Tarantino » du disque Drônes Personnels, que les musiciens transforment en tube à danser pour fêter ces femmes qui ont manifester pour rouler et vivre à cent à l’heure en Arabie Saoudite. Enfin, c’est seul au piano et avec un texte aussi rétro que gourmand sur l’amour et la vie que BABX clôture ce concert qui nous a habités et libérés.

A la sortie de scène l’émotion du public était forte et les musiciens se sont encore resserrés autour du piano de BABX pour répondre à quelques questions de Toutelaculture. Interrogé sur les lignes et l’espace, le chanteur a confirmé que dans Ascensions haut et bas se mélangent dans une interrogation verticale. A propos son très impertinent « Psaume » et de la foi, il a expliqué combien il restait loin des religions mais combien la foi en l’amour pouvait être puissant, un peu à l’image du geste d’Omaya. Enfin, parlant des collaborations, BABX qui a présenté plusieurs fois les musiciens de ce showcase a expliqué combien il était naturel que ce soient eux qui le suivent à la cigale, même si certaines n’avaient pas participé à l’album. Les invités d’Ascensions comme Dorothée Munyaneza, (qu’on connaît comme danseuse mais dont la voix est époustouflante « Attendez qu’elle sorte un album! ») seront probablement présents à la Cigale. Et le chanteur a mis en avant David Neerman comme œnologue et garde fou: C’est lui qui a convaincu BABX de revenir au premier jet de l’album Ascensions et son inspiration fulgurante pour l’enregistrement.

Quelques questions encore et c’est le moment où les musiciens pourront se retrouver pour débriefer ce premier contact avec le public autour de chansons performatives et puissantes. Nous nous éclipsons doucement, pleins de gratitudes et avec une folle envie d’être déjà lundi 27 novembre, à la Cigale afin de les  retrouver et de vivre le concert en entier.

Visuel :©Babx

Robert Plant « Carry Fire »
« Salvator Mundi », le tableau de Leonard de Vinci vendu aux enchères.
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *